Laurent AKNIN

Les Classiques du cinéma bis




Cinéma bis,50 ans de cinema de quartier




JRR Tolkien




Analyse de l'image,Cinema et litterature




 Louis de Funes




Peplum, l'antiquité au cinéma




Les Classiques du cinéma bis




Cinéma bis,50 ans de cinema de quartier




JRR Tolkien

Quelles études avez-vous suivies? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma?

J’ai suivi des études littéraires au lycée Condorcet de Paris (français – philo – latin –grec).
L’année de ma terminale, avec un petit groupe, j’ai aussi fondé le ciné-club du lycée tout en préparant le bac… Ensuite j’ai tenté des études de droit, mais j’ai abandonné au bout d’un an et demi (il faut dire que je passais beaucoup de temps à la cinémathèque), et finalement j’ai atterri au Département Cinéma de Censier (Paris 3, Sorbonne Nouvelle)… où je suis resté jusqu’à ma thèse de doctorat en cinéma.
Evidemment, je n’avais que des activités dans le cinéma, ou presque, durant ces études.
le mieux, parmi mes jobs d’étudiant, a été d’être vacataire à la Cinémathèque Universitaire. C’est également quand j’étais étudiant que j’ai écrit mes premiers papiers ; je crois que mes premiers essais dans un obscur fanzine (non consacré au cinéma) datent de 1979 ou 1980.

Quels souvenirs gardez-vous de votre expérience dans NOSTALGIA de Lucas BALBO?

Ma participation s’est limitée à deux "hors séries" consacrés à Klaus Kinski et à Jack Palance, ainsi qu’à un dossier sur Gordon Mitchell. C’était vraiment un projet de passionnés. Ce que voulait Lucas Balbo, c’était de produire une publication qui, au niveau de la qualité, dépasserait le niveau général des "fanzines" de l’époque : de l’offset et non pas de la photocopie, de la rigueur dans la recherche filmographique… Pour moi, ça a été, autant qu’à la fac – et même plus, l’occasion d’apprendre sur le tas la méthodologie de la recherche en histoire du cinéma. A l’époque, faire une filmographie de Klaus Kinski, par exemple, n’avait rien d’évident – surtout que l’on ne disposait pas alors des outils de recherche actuels.

Vous êtes actuellement « Maître de conférences associé » à l'université Paris III, et passionné de la mythologie cinématographique ? (NDLR :info prise du site Evene.fr) C’est quoi la mythologie cinématographique?

En fait je ne suis plus à Paris III, mon poste a été supprimé, c’est une histoire assez pénible. Mais effectivement j’ai été chargé de cours puis maître de conférence associé durant plusieurs années dans ma fac d’origine, au Département de Médiation Culturelle (et non en Cinéma, curieusement). Mon secteur de recherche et d’enseignement était alors l’Histoire des Mythes en lien avec le cinéma.
Pour faire simple, il s’agissait de repérer les mythes ou les mythèmes, comme on dit, dans les films populaires (Matrix par exemple, ou le Seigneur des Anneaux) et de développer les grandes figures mythiques ou archétypales. Je me base beaucoup sur les travaux de Durand, Jung etc… dans cette optique. Ca a l’air sérieux, et ça l’est, mais en même temps c’est très amusant. Par exemple, vous allez voir un film d’épouvante (Les Autres) et vous vous retrouvez avec une variante de Médée. Vous prenez le thème de l’Epée dans le Seigneur des Anneaux, et vous développez sur Excalibur et le cycle du Graal, Les Nibelungen (donc Fritz Lang), la figure du Tarot etc…

C’est pourquoi vous avez êtes sollicité pour participer au livre de la collection «CinémAction» (le n° 89 -1988) : Le péplum L'antiquité au cinéma.

C’était un peu avant ces cours, mais ça a un lien direct car ce livre était dirigé par Claude Aziza, qui a été à la fois mon prof et un peu mon "père spirituel" - et le directeur du département de la fac.
Il se trouve que l’on partage un goût commun et passionné pour le péplum (on a organisé durant des années des Nuits du Péplum, sous le parrainage de Paris III). J’y ai mis un petit dictionnaire du péplum et deux articles, et j’ai entièrement illustré le livre à partir de ma propre collection. C’est un bouquin assez réussi, même s’il prend un point de vue sur le genre qui n’est pas le mien : il traite des périodes historiques vues par le cinéma (Egypte, Grèce, Rome etc…) alors que de mon côté je suis historien du cinéma, donc je travaille plus spécifiquement sur les périodes du cinéma (le muet, le cinéma bis, etc..).

Vous collaborez à l’AVANT-SCENE CINEMA? Ca se passe comment?

Avec des hauts et des bas et en ce moment, ces plutôt la période basse…
Je collabore à cette revue depuis sept ans. J’aime beaucoup l’Avant-Scène, car c’est une revue qui donne la place pour écrire, et surtout, sur un plan personnel, qui me permet de concilier mes deux domaines d’écriture sur le cinéma, à savoir l’actualité, la critique, d’une part, et de l’autre l’histoire du cinéma. Mais c’est une revue qui connaît de nombreuses difficultés dues à une gestion problématique depuis des années, et cela fait plusieurs mois que la parution est suspendue… et je n’ai aucune idée de la suite des événements, même si je fais officiellement partie du comité de rédaction.

Avez-vous collaboré à d’autres revues ou fanzines consacrés au Cinéma?

Oui bien sûr… Il y a eu des revues assez pointues, comme Vertigo; d’autres assez éphémères comme un truc qui s’appelait Adrénaline, dirigée par un aberrant… Ca c’est terminé pour moi quand un jour les flics ont débarqué dans les locaux et ont embarqué tout le monde, moi compris, pour des histoires de malversations! Il y a eu aussi des revues "locales", comme Contreplongée, qui était je crois de Strasbourg. Cinema, aussi, la revue qui changeait de nom à chaque année en prenant le numéro de l’année en cours. Du côté des purs fanzines, je crois que j’ai fait un truc ou deux pour Monster Bis, et aussi pour Horror Pictures de GG Noél. Je dois en oublier, car je suis assez négligent pour ce genre de compilation. Mais en fait je n’ai pas énormément écrit pour des revues de cinéma. Il y a plusieurs raisons : durant pas mal d’années, je faisais de la critique et de la chronique d’actualité non pas sur papier, mais sur des radios FM, et j’écrivais surtout pour des bouquins d’histoire du cinéma. J’ai collaboré à pas mal de dictionnaires, de guides, pour Larousse, Bordas, Omnibus, etc.. Et puis le problème, c’est que de nombreuses revues, et certaines parmi les plus prestigieuses… ne rémunèrent pas les auteurs des articles! Et moi je ne suis pas d’accord de travailler pour rien, c’est quand même le comble de l’exploitation. Je parle des revues "professionnelles". Pour les fanzines, les sites web bénévoles, bref, tout ce qui relève de "l’amateurisme" dans son sens le plus noble, c’est à dire ce qui est fait, littéralement, pour l’amour de la chose, ça peut se discuter. Mais sinon c’est inadmissible… et c’est pourtant bien souvent le cas.

Il y a quelques mois, vous avez sorti en librairie «Les classiques du cinéma bis» (aux éditions Nouveau Monde) avec Lucas Balbo. Un pavé de plus de 500 pages… ça se gère comment?

C’est un très gros travail qui remonte en fait à plusieurs années.
Le coup de chance a été ma rencontre avec les éditions Nouveau Monde, dirigées par Yannick Dehée avec une équipe assez extraordinaire. J’avais collaboré chez eux à un ouvrage collectif, le «Dictionnaire du cinéma populaire français», sur lequel m’avait 'branché' un ancien de Vertigo. De cette expérience est né ce projet sur le Cinéma Bis. Nouveau Monde a été le premier éditeur à accepter de se lancer dans un projet éditorial sur ce thème. Il y a deux ans j’ai donc publié chez eux Cinéma Bis, 50 ans de cinéma de quartier, un premier ouvrage qui recense 250 personnalités du cinéma bis international. Au départ, je ne voulais travailler que sur le péplum, ou sur le cinéma italien, mais c’est Dehée qui a eu l’idée d’élargir à tout le bis – ce qui est effectivement bien plus pertinent. Comme ce premier livre a plutôt bien marché, j’ai pu élaborer cette 'suite' qui est en fait plus importante que le premier volume, sous la forme d’un guide de 500 films bis exemplaires. Dans les deux cas on a soigné les références, les index etc… Pour ce second volume, Lucas Balbo, qui avait supervisé déjà toute l’iconographie du premier, a été, fort justement, officiellement crédité comme collaborateur. Chaque volume représente un an de travail. Les « Classiques » semblent bien marcher, au vu des premières statistiques de vente, des retours de presse : radio, tv, internet, Paris Match, Siné Hebdo… Ce qui est amusant c’est que cela fait plus de 20 ans (depuis mes recherches de Doctorat) que je travaille sur le thème du Cinéma Bis, et que cela semble maintenant devenir à la mode, en tout cas digne d’inérêt.
Mieux vaut tard que jamais, dans un sens !

Vous avez d’autres projets cinématographiques après les vacances?

Chez Nouveau Monde, il y aura la réédition du Dictionnaire du cinéma populaire français, revu, corrigé et augmenté de pas mal d’articles (je suis en train de relire les épreuves), et une version 'luxe' des deux volumes sur le cinéma bis.
Je viens aussi de terminer un petit ouvrage pour une nouvelle collection chez Amand Colin (je ne peux pas trop en parler pour l’instant), à paraître à l’automne.
Et je suis en train de 'maquetter' deux projets, toujours autour du cinéma bis, assez ambitieux qui demanderont pas mal de temps et de boulot…

Propos recueillis par JLuc G, en juillet 2009
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