Marcel BUREL

1981 (n°01)



07/1983 (n°27)



Travelling n°03



Travelling n°14



05/1987 (n°47)



02/1992 (n°37)



07/1993 (n°84)



02/1997 (n°7)



11/1998 (n°116)



 (n°3)



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Quelles études avez-vous suivies ? Pendant votre scolarité avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

Après le bac j'ai fait un I.U.T. de documentation à Tours.
Mon stage de fin d'études s'est passé en 1974 pendant 2 mois à la Cinémathèque Française ou j'assistais vaguement Mary Meerson qui s'occupait de la programmation ; j'y ai croisé à deux ou trois reprises Henri Langlois qui semblait voyager beaucoup, il y avait également Marie Epstein la sour de Jean Epstein. A l'époque, la Cinémathèque était en « hibernation », la bibliothèque était dans des cartons et il n'était pas question d'y toucher. Mon stage a donc été très frustrant et j'ai proposé de faire un mémoire sur « les fanzines » plutôt qu'un rapport de stage classique. Par la suite, j'ai postulé pour travailler aux Archives du film à Bois d'Arcy qui m'avaient laissé quelques espoirs pendant une année avant de me donner une réponse négative, apparemment pour des problèmes de subventions. Par la suite ma carrière professionnelle s'est orientée vers la comptabilité mais le cinéma est resté une passion et un hobby.

Comment êtes-vous entré, en 1978, dans l'équipe de Mad Movies (n°10) ?

Pour préparer mon mémoire sur les fanzines, j'ai rencontré quelques fanéditeurs dont Jean-Pierre Putters ; j'avais déjà des numéros de MAD MOVIES dont VAMPIRELLA, paraissant en kiosque, avait parlé en bien. Et par la suite, on est resté en contact par courrier et lors de rencontres dans des festivals et ça a évolué en une profonde amitié qui dure toujours. Lorsque j'ai eu envie d'écrire, j'ai proposé un sujet à Jean Pierre qui était ouvert aux collaborations et ça s'est fait tout simplement. Au départ, MAD MOVIES paraissait très irrégulièrement et dépendait beaucoup moins de l'actualité. C'est à partir du n° 20 qu'il a commencé à se structurer. Par la suite j'ai continué à collaborer régulièrement en "électron libre", ainsi qu'à Impact : notamment la rubrique Vidéo, plus quelques articles de fond, des interviews, des visites de tournages, les célèbres « Notules lunaires » où toute la rédaction pouvait participer, J.P. Putters jouant le rôle de « Monsieur Plus » pour l'humour. D'ailleurs pour répondre à ce que Norbert Moutier vous a déclaré, je dois préciser que longtemps Jean Pierre a été d'une énorme timidité qui a pu passer pour de la froideur auprès de certains mais en ce qui concerne son humour, je confirme que nos retrouvailles régulières (autour d'un verre) sont particulièrement joviales. Mais comme disait Desproges : « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ».

En 1981 paraît le n° 1 du fanzine The Bat. Pourquoi cette expérience n'a duré qu'un numéro ?

Un an avant j'avais quitté Paris ou je travaillais depuis 18 mois pour retourner en Bretagne où une opportunité professionnelle se présentait. Du fait, je me suis retrouvé un peu isolé, c'était une façon de « donner des nouvelles » et de toute façon ça me démangeait depuis un moment. Cette période a été très prolifique pour les fanzines, mais beaucoup n'ont guère dépassé le premier numéro car même si les tirages étaient modestes, il fallait les vendre et beaucoup de fanéditeurs (dont moi) ont été confrontés à des problèmes de distribution. Peu de librairies acceptaient les dépots et c'était souvent un chemin de croix pour se faire payer ou récupérer les invendus. Mais optimiste, j'avais déjà tiré les couvertures des n° 2 et 3. le second était prêt aux ¾ mais j 'ai eu un blocage au niveau de l'écriture de l'article principal sur « Les agressions animales » ; je n'étais pas satisfait de ce que j'avais commencé à écrire. Entre temps pour me changer les idées j'ai édité un petit truc en photocopie et ronéo qui s'intitulait FANTAZINE consacré à l'acteur Henry Daniell. Et je n'ai pas pu m'y remettre.

Parlez-nous de votre collaboration avec Eric SUMMER pour Travelling.

J'ai rencontré Eric SUMMER au moment de la parution de THE BAT. Il faisait une très bonne émission de cinéma quotidienne sur une « radio libre » à Brest. Je lui ai expédié mon zine et il en a parlé longuement et gentillement. On s'est rencontré peu de temps après et on a sympathisé. Il était très actif au niveau culturel brestois, il organisait des avant-premières, souvent avec des invités prestigieux, il tournait des films en Super 8, a fait partie d'un groupe de rock, il s'est occupé de défilés de mode. et il a eu envie de lancer d'abord un fanzine TRAVELLING qui a connu deux numéros puis le magazine entre 1983 et 1986. J'y ai beaucoup collaboré car comme on se voyait souvent, j'étais au courant de l'évolution du sommaire et j'arrivais à caser mes articles plus rétros au milieu de l'actualité traitée par ceux qui vivaient à Paris. Ca a été une chouette période, on fréquentait les festivals (Cannes, Avoriaz, Grand Rex, Angoulème.), on voyait beaucoup de films et surtout on se marrait bien. Ca a d'ailleurs toujours été ma motivation principale !

Vous avez écrit pour d'autres revues ou fanzines ?

Oui pas mal de petites choses. J'ai frappé un texte à la machine dans le cadre du boulot pour le n° 1 de CINE ZINE ZONE qui affichait d'ailleurs plutôt le titre PEPLUM. A l'époque Pierre Charles écrivait ses textes à la main ! Comme plus tard il allait jusqu'à noircir les pavés de presse pour une reproduction meilleure, il a toujours été maniaque pour la qualité de ses numéros. J'ai ponctuellement écrit pour lui, prèté des photos (notamment pour le n° sur Donald PLEASENCE). Pendant ma période « parisienne », on se voyait souvent notamment tous les samedis soirs dans un restaurant chinois proche du Grand Rex . Puis on a passé des heures au téléphone ; son décès brutal à été un choc. Mais il avait accompli son « grand ouvre » et son Zine reste un fabuleux exemple de sérieux et d'érudition. J'ai fait quelques critiques pour Monster Bis et comme je collectionne les photos, j'ai fourni à Norbert Moutier des documents, notamment pour LES DENTS DU VAMPIRE. J'ai tenu une petite rubrique cinéma dans le zine de SF littéraire A LA POURSUITE DES SFFANS, j'étais correspondant français du fanzine allemand VAMPIR, on doit retrouver mon nom dans quelques Ciné Choc, un article sur le cinéma de Hong Kong dans un VIDEOTHEQUE. J'ai participé au numéro de CinémAction « Cinéma Fantastique » coordonné par Jean Pierre Piton en rédigeant deux articles : « les films à sketches » et « Ciné fantastique et Rock 'n Roll ».
Après une dizaine d'années « sabbatiques », j'ai recommencé à écrire pour Métaluna mais j'en ai un peu perdu l'habitude et j'ai du mal à m'y remettre régulièrement. Mais l'envie est toujours là.

Quels sont les actions, fonctions ou articles dont vous êtes le plus fier ?

J'avais débuté dans TRAVELLING une série d'articles sur les adaptations de bandes dessinées au cinéma (j'avais déjà écrit sur BATMAN, SUPERMAN, TARZAN, ASTERIX, BARBARELLA, SHEENA, PRINCE VAILLANT, GREEN HORNET, FLASH GORDON.) et il est dommage que le magazine se soit arrêté car j'envisageais de réunir le tout en un bouquin un jour. Lorsque je n'ai plus eu la pression des délais de parution, j'ai arrêté d'écrire sur le sujet mais pas de m'y intéresser. Je continue encore à réunir des documents et à découvrir des nouvelles adaptations. Il y aurait matière à un pavé énorme (qui dépasserait mes capacités d'écriture), surtout que le sujet a connu un développement fabuleux ces dernières années. Ces temps-ci je m'intéresse beaucoup au « CHIEN DES BASKERVILLE » sous toutes les formes (films, B.D., parodies.) ; j'aimerais bien un jour en faire quelque chose de concret. Mais là aussi, je commence à être submergé par les documents. probablement une résurgence de ma vocation initiale de documentaliste !

Propos recueillis par JLuc G, en septembre 2010
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