Yann CALVET
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 (HS n°01)

Nous avons profité de la sortie du n°45, Hayao Miyazaki, l'enfance de l'art (chez Eclipses) pour nous entretenir avec Yann Calvet.

Quelles études avez-vous suivies pour devenir ‘Docteur’ en Etudes cinématographiques? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

J’ai suivi des études universitaires classiques à l’Université de Caen : un DEUG de Lettres Modernes, une licence et une maîtrise d’Etudes cinématographiques, un DEA (à la Sorbonne) et une Thèse à Caen avec René Prédal.
Pendant cette période universitaire, j’ai été président d’une association partenaire culturelle d’un lycée pour les formations en cinéma. La revue Eclipses a été créée lorsque nous étions en Licence à l’Université de Caen et dès la sortie du premier numéro nous avons organisé des soirées débats dans les cinéma d’Arts et d’Essai de Caen (Le Café des images et le Lux). J’ai aussi participé, en tant qu’acteur, à la réalisation de plusieurs courts-métrages.

Vous avez fondé ECLIPSES avec Youri Deschamps. Avec quel objectif ?

Au départ, la création de la revue vient d’un regroupement de cinéphiles. Nous nous retrouvions souvent avec les mêmes étudiants dans les salles de cinéma et en cours à discuter et à débattre des films. L’idée a germé de créer une revue d’autant que nous ne nous retrouvions pas vraiment dans le discours critique des autres revues.

En quoi consiste votre rôle ? Comment s’organise le travail au sein de la rédaction ?

Nous sommes une petite équipe au comité de rédaction. Mon rôle consiste essentiellement à coordonner les numéros de la revue en alternance avec Youri Deschamps ou en collaboration : préparation des appels à contribution, sélection des propositions, correction des textes, recherche iconographique… Je m’occupe aussi des stocks.

Vous collaborez aussi avec CONTREBANDE, CINEMACTION… Comment cela se passe t’il ?

Généralement il s’agit de répondre à des appels à contribution lancés par les coordinateurs des numéros de ces différentes revues. Il y a tout un réseau d’information au niveau universitaire qui permet d’avoir accès à ces appels. Cela se fait aussi par connaissance au bout d’un moment.

Les rapports entre le cinéma, l’imaginaire et l’ésotérisme vous passionnent. Ce sont les thèmes de vos cours ?

J’ai fait effectivement ma thèse sur les rapports entre le cinéma, l’imaginaire et l’ésotérisme. Ce travail a été publié en 2003 chez L’Harmattan sous le titre Cinéma, imaginaire, ésotérisme : Murnau, Dreyer, Tourneur, Lewin, collection Champs Visuels, 2003, 341 pages.
L’histoire de l’art nous a montré que beaucoup d’artistes, souvent proches des courants idéalistes ou du genre fantastique, ont puisé leur inspiration dans certains aspects de l’ésotérisme (la gnose, l’hermétisme, la théosophie l’alchimie…). Dans l’histoire du cinéma, l’avant-garde française tout comme l’expressionnisme allemand revendiquent aussi cette filiation car le septième art permet de retrouver le sens originel du symbolisme et de réintroduire la puissance de l’imaginaire sclérosé par le rationalisme et le matérialisme. Ainsi de nombreux cinéastes comme Murnau, Dreyer, Tourneur et Lewin, inspirés par la théosophie, la Naturphilosophie allemande ou la kabbale, développent une esthétique cinématographique, et à travers elle une vision du monde qui retrouve les grands principes de l’ésotérisme : le principe de l’analogie et des correspondances, le principe d’interdépendance universelle et l’idée d’une Nature vivante (thème de l’unité, rôle esthétique de l’espace et de la lumière), le rôle de l’imagination active, la recherche d’un équilibre entre le mythos et le logos et le pouvoir d’une transmutation personnelle (les rapports du schéma initiatique avec la dramaturgie scénaristique).
Mes cours à l’université de Caen ne portent pas spécifiquement sur mon sujet de thèse. J’enseigne beaucoup plus classiquement l’histoire du cinéma, l’analyse filmique, l’économie du cinéma, l’écriture scénaristique ou des choses plus spécifiques comme le néoréalisme italien et le western.

Actuellement, vous préparez un nouveau livre ?

J’ai plusieurs projets en cours : une histoire du western, un travail de réflexion sur la question du rapport entre le cinéma et les mythes et enfin le cinéma et la mort.

Quelles sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier.

Je suis avant tout fier d’avoir réussi à faire d’Eclipses une revue qui aujourd’hui est reconnue au niveau national et universitaire. Notre objectif était de créer une revue exigeante qui propose une véritable approche analytique des films et des œuvres. C’est aujourd’hui chose faite. Nous sommes particulièrement fiers d’avoir été les premiers à publier des numéros sur Jarmusch, Cimino et aujourd’hui Miyazaki. La revue est aussi un espace ouvert pour les cinéphiles et les jeunes chercheurs qui peuvent faire des propositions d’articles. Il n’y a pas beaucoup d’espaces de publications ouverts aujourd’hui pour pouvoir écrire sur le cinéma.

Propos recueillis par JLuc G, en novembre 2009
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