Marc ESPOSITO
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Première n°1



Première n°31



Hebdo Cinéma n°13



Première n°100



Studio n°1



Studio n°50



Toute la beauté du monde



Le coeur des hommes

Après avoir fait prospérer Première, puis créé Studio, Marc Esposito s'est lancé avec succès dans la réalisation de films. Il a bien gentiment voulu répondre à nos questions et revenir sur sa carrière de critique de cinéma.

Comment êtes vous devenu critique ? Quel a été le sujet de votre première critique de cinéma ?

J'étais secrétaire de réaction à Onze, mensuel de football (1976 : j'ai 24 ans). Comme Onze marchait fort, l'éditeur a lancé un magazine de cinéma sur le même modèle : "Première", dont j'ai immédiatement été l'un des piliers. Auparavant, j'avais déjà écrit des critiques dans des revues d'étudiants, au "Provençal" pendant un stage d'été, où à "Cols bleus" pendant mon service militaire.

Comment s'est passée votre collaboration pour la revue PREMIERE ?

Bien. Je me suis régalé. Surtout dans la deuxième période, bien sûr : 80 - 87, quand je dirigeais le journal. Passer de 70 000 à 450 000 exemplaires est une aventure de presse rare. Et l'écho qu'avait alors le magazine était sans précédent, et n'a plus été revu depuis notre départ.

Vous avez participé à la création du magazine STUDIO. Comment conceviez-vous la rédaction d'un article, d'une critique ? Comment travailliez-vous ?

Je ne fais pas de plan, j'écris au fil de la plume, "à l'inspiration", facilement. Mais je me corrige beaucoup, je me réécris beaucoup - je n'écris pas la phrase 2 tant que la phrase 1 ne me plaît pas. Je suis donc lent !

Le rôle assigné à la critique a t'il évolué (but, moyen, influence…)? Comment le percevez-vous ?

Le rôle assigné à la critique ne me semble pas avoir évolué, depuis des lustres. Ce qui a évolué c'est l'uniformisation des critiques. Tous les critiques aiment et détestent grosso modo les mêmes films. Plus aucun critique n'existe individuellement.

L'Histoire ou les théories du cinéma tiennent une place dans votre œuvre? Quand vous voyiez un film, vous demandiez vous quelle place il occupera dans le cinéma ou ce qu'on retiendra de lui dans 10 ans ?

Non, je ne me pose pas cette question. J'ai toujours pensé que le cinéma relevait du "fast food", les films "vieillissent" vite, c'est normal. Un film est fait pour être vu et jugé à sa sortie, ou peu après. Les films que le temps épargne sont rarissimes, et imprévisibles.

Maintenant que vous êtes passé à la réalisation… comment percevez-vous le travail des critiques de cinéma ?

Je perçois à quel point ils ne connaissent rien à ce qu'on appelle la "mise en scène" ! Le nombre de bêtises qu'on peut lire sur ce sujet est incroyable ! Et c'est (presque) normal, il faut se coltiner avec ce travail pour savoir ce qu'il recouvre. Je perçois aussi à quel point ils ne "travaillent" pas beaucoup. Toutes les critiques que je lis sont courtes, vite faites, vite pensées, sans vrai "travail".

Vous arrive-t-il encore de reprendre la plume de critique ? Si vous aviez un dossier de plusieurs pages à consacrer à un réalisateur actuel, lequel vous inspirerait ?

Non seulement ça ne m'arrive jamais, mais j'en ai jamais envie !
Si j'avais un tel dossier à faire... ça ne peut pas arriver ! Mais, bon, avec un revolver sur la tempe : Sofia Coppola ou Peter Jackson.

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier.

Fier n'est pas un bon mot. Je dirais "content" ou "heureux".
Je suis très heureux de la singularité de mon parcours. Avoir fait vivre deux magazines de cinéma qui ont trouvé leur public, et ensuite avoir écrit et réalisé des films, qui ont trouvé leur public. Je ne vois aucun parcours comparable depuis que la presse et le cinéma existe ! Les articles dont je suis le plus content sont ceux que j'ai faits sur certains acteurs ou actrices que j'aime : Stallone, Liz Taylor, Julia Roberts, Dustin Hoffman.

Propos recueillis par JLuc G, en septembre 2008
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