David FAKRIKIAN

 DVDvision n°29





 DVDvision n°25





 DVDvision n°20





 DVDvision n°18





 DVDvision n°13





 DVDvision n°10





 DVDvision n°8





 DVDvision n°3





 DVDvision n°1





 DVDvision HS n°2

C'est en pleine préparation d'un nouveau projet que le rédacteur en chef de feu DVDvision nous a accordé un entretien.

Quelles études avez-vous suivies. Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

J'ai suivi des études de cancre - au fond de la salle près du radiateur, plus interessé parce-que si se passait a l'extérieur (nous étions dans les années 70 et 80, en plein boom à la fois cinématographique, graphique et musical), qu'aux cours !
Mes activités étaient alors musicales et fanzinesques - mon premier article fut publié dans un fanzine skinhead du début des années 80 intitulé Les Incorruptibles (prédatant les Inrockuptibles) - créé par un ami nommé Cyrille Monnet qui fut l'un des premiers skinheads français, ce fanzine fut d'ailleurs le premier consacré à la culture skinhead paru en France. Ce premier article était consacré au premier groupe skinhead français les Swingo Porkies. On m'a raconté qu'ils avaient tellement adoré le papier que chacun des membres du groupe l'avait affiché au dessus de son lit !
Mon premier article cinéma, concerne la sortie de Terminator, dans un fanzine nommé Athanor, qui était édité par la salle de cinéma culte Lyonnaise du même nom. C'était un cinéma de quartier qui programmait de nombreux films d'horreur comme Evil Dead, et qui pour se promotionner avait décidé de lancer un fanzine. Ils ont réuni une équipe, mais dès le deuxième ou troisième numéro, un espèce d'arriviste borné à fait virer le rédacteur en chef et pris le contrôle, décidant d'imiter Première. Je ne vous surprendrais pas en vous apprenant que le zine a rapidement sombré (et la salle aussi). Pour une première expérience dans la fanzinat ciné, c'était très éducatif.

Parlez nous du fanzine Looker. Quand est il paru, combien de numéros, avec quels collaborateurs. Quelles étaient alors vos motivations ?

Si mes souvenirs sont bons, il y a eu 3 numéros de Looker, et un quatrième non terminé, mais dont il me reste des pages maquettées. Mes collaborateurs, sur le numéro non paru principalement, étaient Xavier Fournier (actuellement co-rédacteur en chef de Comic Box), et Daniel Rous. L'idée avec ce fanzine était de rendre compte de la plurarité de la scène des années 80, ou l'explosion créative était sur tous les fronts, à la fois ciné, TV, BD, rock etc.
Ce zine était fait de collages et de bric et de broc, mais j'ai une certaine tendresse pour lui - l'interview des Berurier Noir par exemple parue dans le second numéro, reste de l'avis du manager Marsu et du chanteur François, la meilleure jamais faite par le groupe - ca fait plaisir ! Ceux qui en possèdent des exemplaires noteront que certains de ces textes ont été repris plus tard dans DVDvision plus de 15 années après - cela montre une certaine constance rédactionnelle je pense, on ne se refait pas !

En octobre 99 vous créez DVDVision. Ce magazine s'arrête en 2003. Des regrets ?

C'est toujours triste de voir un magazine disparaître - L'aventure DVDvision s'est terminée, principalement, parce-que nous avions besoin de passer à l'étape suivante, c'est à dire être publié par un éditeur de presse, à la différence d'un éditeur de DVD. Après plusieurs offres venant de groupes de presse qui tous depuis on été mis en liquidation judiciaire, le magazine a été repris par un éditeur que je nommerais pas, qui s'est mis en tête de « transformer » la revue, à coups d'études de marché et de remplacements aux postes clés. Après avoir licencié une partie de la rédaction, ils ont placé un transfuge de Studio au poste de directeur de la rédaction, et j'ai donc du quitté mes fonctions moi aussi. Par la suite, le tirage est monté à 100 000 ex, mais les ventes sont tombées à 3 000 ! Bien évidemment, il y a eu de nombreux regrets, le moindre n'étant pas que le magazine faisait vivre de nombreuses personnes, qui ont dû, tout comme moi, aller chercher du travail ailleurs.
Mon regret est que le magazine n'est pas survécu après mon départ. J'aurais adoré que l'esprit se pérpétue et pourquoi pas, y revenir de temps à autre en tant que simple pigiste, mais cela n'a malheureusement pas été le cas. Je voudrais préciser que l'éditeur et la personne en charge étaient persuadées que cette nouvelle formule allait enterrer l'ancienne et battre les records - J'étais persuadé au contraire qu'ils allaient enterrer le mag, et je suis bien déçu d'avoir eu raison.

Vous avez un nouveau projet avec HDVision (et déjà un site : www.dvdvision.fr). sur le même concept mais pas le même support ? Avec la même équipe ?

On prend les même et on recommence ! On ne change pas une formule qui gagne.
Des nouvelles plumes devraient cependant apparaître aussi. Le secret de la réussite d'un bon mag, c'est d'être bien entouré. J'ai eu la chance avec DVDvision, de rallier autour du concept parmi les meilleures plumes existantes dans le domaine de la presse cinéma : Leonard Haddad, David Martinez, Estelle Ruet, Rafik Djoumi, Yannick Dahan, Benjamin Rozovas, Stéphane Lacombe, et de faire découvrir des nouvelles plumes comme Gael Golhen et Nicolas Rioult.
Le magazine devait sortir plus tôt, mais l'éditeur qui avait décidé de tenter l'aventure avec nous s'est désisté, ce qui explique que nous avons accumulé du retard. Cependant, il devrait arriver pour la sortie d'Avatar en Blu-Ray, nous sommes actuellement en discussion avec un autre éditeur, et allons refaire une annonce dès que les choses seront confirmées.

La fusion de Ciné Live et de Studio et le rachat des Cahiers du Cinéma montrent la fragilité de la presse ciné Française. N'est il pas risqué de sortir un magazine, même si il n'est pas diffusé en kiosque, de nos jours ?

Pour l'instant, nous allons éditer un premier numéro test, ensuite l'avenir nous le dira. Le magazine aura deux formules, une avec un Blu-Ray, et une sans. La formule avec Blu-Ray étant très limitée.
Concernant ces événements récents comme la fusion de Studio et Ciné Live, ils sont pour moi représentatifs de problèmes éditoriaux de la presse française. Je pense que ces gens sont totalement déconnectés du lectorat, et vivent sur un public qui prend ses revues comme de la lecture kleenex. Je ne sais pas si vous vous souvenez des Flexidiscs à l'époque du vinyl, il s'agissait de disques souples et peu chers, au son atroce, qui se dégradaient très vite et partaient rapidement à la poubelle après quelques écoutes, mais qui étaient vendu pour un quart du prix d'un vrai disque single. Et bien l'analogie entre la presse ciné d'aujourd'hui, et ce que nous tentons de faire, et un peu la même. Je ne leur jette pas la pierre, il faut que tous les styles de magazines existent, et il y a de la place pour tous. J'essaie juste de créer une alternative viable. J'ai été surpris quand j'ai ouvert le site DVDvision, de rencontrer des fans du magazine qui nous voient comme les héritiers de Starfix, Le Cinéphage, et HK Magazine. C'est un peu impressionant dans une certaine mesure, parce-que ces magazines ont mis la barre très haut, et changé, dans un sens, le style de traitement du cinéma par la presse française. DVDvision était, effectivement fantasmé sur le modèle de ma perception de ce qu'était Starfix, un lieu ou une équipe concevait et écrivait un magazine qui les excitait, avec carrément des bagarres entre les rédacteurs quand ont était pas d'accord sur un film ! Leonard Haddad et Benjamin Rozovas, par exemples, ont du faire les frais d'une porte cassée (ils sont passés à travers en s'empoignant). Vous imaginez l'ambiance ! Forcément, le public avait envie de nous lire, parce que cette énergie se ressentait à travers tout le magazine, de l'édito à la dernière page (la page courrier). De plus, nous nous remettions perpétuellement en question et refusions de nous asseoir dans un train-train une fois la machine bien huilée. Chaque sortie du mag était l'occasion de véritable débats sur ce que nous estimions avoir réussi ou raté dedans.

Vous concevez et supervisez le montage de CD et DVD (The Avengers.)? Vous êtes donc toujours un fan de ce support.

Les DVD Avengers ont été conçus il y a une dizaine d'année, avant le lancement de DVDvision même s'ils sont sortis après. Le DVD est devenu aujourd'hui la nouvelle VHS, c'est le format de sauvegarde vidéo le plus répandu, pratique pour préserver quantités de films qui ne verront jamais, dans l'immédiat, d'édition en Blu-Ray pour raison de coûts. Il y a aussi une piste que personne ne semble vouloir suivre en France, mais que nous allons emprunter : mettre des programmes courts en HD, avec une architecture de disques blu-ray, mais sur des DVD. Si vous restez en dessous de 50mn de programme par disque, il n'y a aucune différence avec un pur blu-ray, et le coût de fabrication est bien moins élevé. Ce type de disque ne marche évidemment, que dans un lecteur Blu-Ray.

Vous avez collaboré à d'autres revues ou fanzines de cinéma ?.

Le fanzine Scarce, j'ai aussi participé à un Fanzine anglais nommé Arkensword puis Ark, un fanzine cinéma lyonnais nommé Phantasm dont j'étais aussi maquettiste, (fait par l'ancien rédacteur en chef d'Athanor), Générations Series, Comic Box de Fabrice Sapolsky dont j'ai aidé la création, aussi un fanzine ciné / comics parisien épais comme un bottin de la fin des années 80 / début 90 les adorateurs de Seth, qui eut beaucoup de numéros, fait par un groupe de geeks dingues dont j'ai malheureusement perdu le contact.

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier..

Je ne suis fier de rien, en fait, le propre du journaliste ou écrivain c'est d'être perpétuellement insatisfait. J'estime n'en être qu'au commencement.

Propos recueillis par JLuc G, en janvier 2010
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