Gilles GRESSARD
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Positif n°375-376



Sergio Leone - Ed. J'ai lu



Christophe Lambert - Ed. J'ai lu



Le film de science fiction - Ed. J'ai lu



Positif n°285



Premiere n°41



Revue du cinéma/Image et son n°346



Jane Fonda - Ed. PAC



Positif n°180



Horizons du fantastique n°34

Gilles Gressard nous a accordé un long entretien sur l'ensemble de sa carrière. Nous reviendrons sans aucun doute vers lui, dans un proche avenir, pour complèter celui-ci.

Quelles études avez-vous suivies ? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

Aucune école de journalisme. Juste la cinéphilie et la fréquenTation assidue des salles de quartier et des cinémathèques. J’ai fait des études de Lettres Modernes, à la Faculté d’Aix en Provence, de 1968 à 1971, j’y ai créé le fanzine consacré au cinéma fantastique De l'autre côté du pont qui connut deux numéros.
Je suis, ensuite, devenu enseignant, tout en continuant mes études et en animant des ciné-clubs, dans mon collège du Val d’Oise comme dans la ville de Bezons.

Avez-vous collaboré à d’autres revues ou fanzine de cinéma ?

Le bon accueil fait à De l'autre côté du pont m’a valu des contacts des écrivains sur le fantastique et le cinéma, comme Daniel Riche, Evelyne Caron-Lowins, Jean-Pierre Putters, Alain Shlockoff ou Alain Garsault qui m’ont proposé de collaborer de manière régulière, comme critique cinéma, à Horizons du fantastique, Fiction, Positif, Mad Movies, L’Ecran Fantastique
A la période où j’abandonnais l’enseignement, j’ai alors été contacté, toujours dans le domaine du cinéma, par Actua ciné, Vidéo 7, Première (avec Marc esposito et Jean-Pierre Lavoignat), Paris Match, etc… J’ai collaboré à tous ces magazines pendant des années.
Parallèlement, j’ai occasionnellement écrit pour Libération (entre autres de mémorables articles sur les tournages d’ Inferno de Dario Argento et de L’Empire contre attaque), Télérama, Pariscope, Actua Vidéo La revue du Cinéma/Image et son, Horror (avec Gérard Noël), Gala, La tribune de Paris, Spotlight, Télé-loisirs, Orbites (dirigé par mon regretté ami Daniel Riche), DVDMania, etc. J’ai créé Pirahna avec Bruno Menais, Art 7 avec Jackie Roulleau du Studio 28 et j’ai été co-rédacteur en chef de Lumière du Cinéma avec Alain Bégramian et Gérard Perron… J’ai plus récemment participé, avec Laurent Weill puis Laurent Cotillon, à la création de Ciné-Live.

Comment êtes vous devenu critique de cinéma pour TELE K7?

Le scénariste Jérôme Tonnerre, que je connaissais bien, m’a mis en contact avec l’équipe d’un hebdo de télévision qui allait se créer. J’y ai collaboré régulièrement depuis le numéro 1. Etant à l’époque, un pigiste fou, y compris à TELE K7, je me suis dit qu’il était temps de se calmer et d’accepter le poste de chef de service cinéma que me proposait le groupe Michel Hommell, au sein de TELE K7 , magazine qui a connu un formidable essor en même temps que la vidéo.
J’ai du par contrat d’exclusivité abandonner mes autres collaborations. Cette contrainte m’a un peu obligé à me concentrer sur la télévision… Et la chute catastrophique des ventes de Télé K7, devenu Télé DVD7 puis Télé TNT Programmes m’a définitivement éloigné de l’écriture sur le cinéma cher à mon cœur. Jusqu’au récent licenciement économique !

Vous avez une abondante et très varié production de livres (Christophe Lambert, Sergio Leone, Les chiens au cinéma…). Ce sont vos goûts éclectiques en matière de cinéma qui vous poussent à l’écriture d’un livre ou des commandes d’éditeur?

J’ai toujours eu envie d’écrire sur le cinéma. Un livre, même s’il n’est pas une source de revenu conséquente, est toujours une aventure palpitante. Pour mon premier livre, Jane Fonda, j’ai contacté les éditions PAC. Mes deux plus gros succès de librairie, Stars d'aujourd'hui 1 et 2, aux Editions Ramsay (cosignés avec Mara Villiers, avec qui nous avons également réalisé pour TF1 le programme "Les jeunes loups du cinéma français" sur le même sujet) ont été des projets proposés à un grand Monsieur de l’Edition devenu un auteur remarquable, Paul Fournel.
D’autres projets de livre, comme Le livre Guiness du cinéma (Editions N°1), L'année du fantastique et de la science-fiction (dirigé par Jacques Goimard), L’année de la bande dessinée, les trois « J’ai lu poche » (La Science fiction au cinéma, Sergio Leone et Christophe Lambert) ou encore les albums thématiques "FICHES DE MONSIEUR CINEMA" (chez Casterman, reprenant les fiches de Monsieur de Monsieur Cinéma auxquelles j’ai longtemps collaborées) sont des commandes de mon parrain et mentor dans ce métier, Jean-Claude Romer, l’historique fondateur de la revue Midi-minuit Fantastique, de Pierre Tchernia ou d’autres directeurs de collection comme Jacques Sadoul.
Mais j’ai toujours choisi mes sujets en complète liberté et par passion. Ainsi, mon dernier ouvrage en date, Les chiens au cinéma (Editions Kitty et Alexandre, cosigné avec mon amie Jacqueline Cartier) est l’aboutissement d’une passion pour les animaux et le travail de dressage pour le cinéma que j’ai développés sous la forme d’un Festival ("CINEMALIA" à Beauvais, de 1991 à 1995), d’une série télé (Animaux Superstars pour Canal +, avec Mara Villiers), et de collaboration dans différents magazines (De 30 millions d’amis au Journal de Mickey … ou « Gala » !). J’étais devenu "the" spécialiste du sujet "animaux au cinéma", après avoir été celui du "Cinéma fantastique" puis des "jeunes acteurs français".

Vous préparez actuellement un ou plusieurs livres ?

Je suis en période où j’ai plus envie d’être "créatif" que de faire un travail de journaliste sur un sujet précis. Je viens donc de terminer l’écriture de ma seconde pièce de théâtre (titre provisoire : COUPS DE SOLEIL), qui sera sans doute jouée sur scène par une grande "tête d’affiche" comique en 2011-2012.
Ma première pièce, La brigade des tigresse devrait être créée au théâtre fin 2010.
Je suis également sur l’écriture d’un roman intitulé Les Lithanies de Satan.

Je crois savoir que vous avez aussi une activité de ciné-collage. Vous découpez, collez et construisez des tableaux et affiches avec des photos de films, d’acteurs… Parlez nous de cette façon originale qui définit votre univers, un kaléidoscope cinématographique ?

J’ai effectivement fait des ciné-collages que j’ai exposés dans divers lieux, notamment par trois fois au Studio 28, le mythique cinéma de la butte Montmartre, décoré par Cocteau et animé avec talent, passion et indépendance par Alain Roulleau. En fait, je photographie mes propres clichés, que je découpe et avec lesquels je construis mes collages comme de véritables labyrinthes architecturaux, où viennent s’égarer et se révéler des figures de cinéma mythiques, Marilyn ou Dracula, Woody Allen ou Jacques Tati... Les ciné-collages foisonnent et jouent sur plusieurs niveaux. Ce sont des univers dans lesquels on doit litteralement plonger… J’ai beaucoup pensé à Ridley Scott et à sa manière de "saupoudrer" son image, notamment dans la ville claustrophobique de Blade runner. On en avait parlé ensemble…

Vous avez d’autres passions ou activités en dehors du cinéma ?

Le théâtre. Je viens de produire deux spectacles musicaux : Décembre de Maury Yeston (au Théâtre du Renard, au Festival d’Avignon, à New York, à Bordeaux, au Théâtre des Variétés, etc) et Yalta 1916 de Boris Bergman (au Théâtre de l’épée de bois, Cartoucherie de Vincennes et bientôt en tournée à travers la France).
Je suis aussi tombé amoureux d’un petit village, provençal et médiéval, du Verdon, Saint Martin de Brômes, où je restaure une maison, où je devrais bientôt fonder un ciné-club et un Festival, et m’impliquer plus dans les activités locales, notamment une magnifique Pastorale de Noël que les habitants du village jouent depuis trois ans tous les 24 décembre.
Je suis également en train d’écrire, avec Mara Villiers, une série docu-fiction sur les conservatoires dramatiques et musicaux de Paris… "L’entrée des artistes" de l’an 2010 !!! En constante activité, quoi !

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fière ?

Mon Jane Fonda (chez PAC), épuisé et très côté chez les bouquinistes.
Mes soirées hommages à Tony Curtis, Tippi Hedren, Yves Robert, Gérard Oury, Richard Fleisher, Ray Harryhausen, Mario Lurashi dans le cadre du festival Cinémalia, de véritables spectacles présentés par Pierre Tchernia, Vincent Perrot ou Philippe Manœuvre.
Des moments inoubliables ! Je suis très fier de mes articles dans Mad Movies, Fiction (le dossier « Star Wars »), L’écran fantastiqu ou Positif.
J’ai aussi aimé mes premières années de chef de rubrique cinéma à Télé K7, où je pouvais libremement animer mes pages (avec la complicité d’Estelle Ruet et de Colette Milon) et assumer mes coups de cœur jusque sur la couverture du dit magazine. Ensuite, ce fut une autre histoire plus… commerciale.

Propos recueillis par JLuc G, en octobre 2009
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