Christophe LEMAIRE

Brazil2 n°32



Brazil2 n°31



Mad Movies n°201



Mad Movies n°168



Brazil n°1



Mad Movies n°107



Le cinephage n°20



Le cinephage n°10



Le cinephage n°1



Starfix n°89



Starfix n°50



Mad Movies n°48



Starfix n°33

Si il y a bien quelqu'un que j'ai suivi en permanence (je lisais les revues dans lesquelles il écrivait), c'est Christophe Lemaire.
Il a collaboré à pratiquement toutes les revues originales (Starfix, Cinéphage, Score, Brazil2 sans oublier Mad Movies).

Quelles études avez-vous suivies ? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

Je n'ai pas eu d'activités dans le cinéma pendant ma scolarité. Mais, mon père étant acteur (Francis Lemaire) j'ai eu l'occasion de le voir énormément au théâtre. J'ai ainsi pu croiser durant toute ma jeunesse et mon adolescence une grosse partie des plus grands comédiens français en coulisse (au hasard : jean Marais, Michel Serrault, Michel Galabru, Danielle Darrieux, Robert Hossein et des tonnes d'autres. Y compris Michel Simon qui m'a porté dans ses bras quand j'avais cinq ans !). Et, chaque soir, je me souviens que mon père nous racontait, enjoué, l'ambiance sur les plateaux des films, pubs et téléfilms qu'il tournait (ses rencontres avec Lino Ventura, Jane Fonda, Gene Hackman, Jean Rochefort, Gérard Depardieu, Louis De Funès et des tonnes d'autres).
Coté scolarité/ciné, j'ai suivi un stage de six mois à l'AFDASS de cinéma à l'âge de 17 ans, puis une école privée durant deux ans (le CLCF) ou j'ai obtenu un simili diplôme de monteur que je n'ai jamais utilisé. Après, j'ai fait quelques petits jobs (employé dans un quick burger dans le 10e, distributeur de prospectus, téléphonie.) avant de trouver mon premier vrai boulot: employé dans un vidéo club (le vidéo club des gobelins) entre janvier 1982 et novembre 1984.
J'ai embrayé ensuite l'aventure Starfix.

Fin 1984, vous participez à la revue STARFIX ? Quels souvenirs en gardez-vous ?

Je suis entré à Starfix en novembre 1984 grâce à deux de ses rédacteurs : François Cognard (devenu producteur) et Nicolas Boukhrief (devenu réalisateur). Mon premier papier important ? Un article sur le tournage des « Rois du gag » de Claude Zidi.
Raconter la saga Starfix en quelques lignes est littéralement impossible : il faudrait un bouquin pour ça ! Mais, pour résumer, je reprendrais la phrase de Boukhrief qui a dit un jour (en gros) : « quand on est jeune, on passe généralement son temps à s'éclater en boite, à draguer, voire à faire des conneries. Nous, notre jeunesse, on l'a passé à Starfix ». La différence avec les autres revues de l'époque (de cinéma ou non), c'est que nous vivions presque en communauté. Nous bouffions ensemble, voyons des films ensemble, partions en vacance ensemble. Et nous n'avions alors presque aucun regard sur "l'extérieur". Il aura fallu l'arrivée d'un nouveau directeur de publication (Laredj Karsallah, venu de Vidéo 7) pour réaliser que la revue était culte. Il nous a mis en smoking, nous a fait sortir dans les soirées, nous a fait rencontrer "le peuple d'en haut" et nous a obtenu des invitations dans des festivals (Cannes et compagnie) pour nous "dé-nerdiser".

Pourquoi avoir utilisé Robert PAIMBOEUF comme pseudonyme ?

A la base, Robert Paimboeuf était un pseudonyme absurde inventé en deux secondes par François Cognard qui signait ainsi des publi-rédactionnels sobres pour alimenter la pub dans le magazine. Quand j'ai récupéré ce pseudo et ses textes, je n'ai quand pas pu m'empêcher de « déconner ». Et, du coup, Paimboeuf est devenu culte, y compris auprès des commerciaux qui voulaient mettre des pages de pubs dans le magazine ! Et quand Laredj Karsallah est arrivé, il a donné une place à part à Paimboeuf qui a eu sa propre chronique. Je recevais alors un courrier de dingue ! Genre des dessins absurdes (un môme de 12 ans qui avait dessiné Chirac en train d'enculer son chien !)... jusqu'à des demandes en mariage !!!

Après Starfix, une partie de la rédaction se retrouve dans LE CINEPHAGE. Pour cette revue aussi trop d'indépendance (pas de pub) aura été fatal à la revue ?

Là, j'étais moins impliqué que dans Starfix.
C'était donc le canard de Gilles Boulenger (devenu depuis distributeur) qui était fan de Starfix en tant que lecteur et avait conçu avec son complice Guy Giraud le fanzine Fog qui avait la particularité d'être le fanzine le plus lourd de toute l'histoire du fanzinat (au moins deux kg !). Quand Starfix est mort (fin 90), je me suis retrouvé sans ressource. Gans était déjà parti sur ses projets ciné et faisait un peu de télé avec Antoine de Caunes (l'émission « Rapido »), Boukhrief allait entrer à Canal pour créer « le journal du cinéma », Cognard était expatrié à Hollywood où il pigeait pour différents canards français. Quand Gilles m'a contacté pour Le Cinéphage, j'ai alors fait un peu le "go-between" en rappelant quelques personnes de Starfix comme Mathias Sanderson (qui n'est pas resté longtemps, je crois), Vincent Lebrun ou le regretté Bernard Lehoux. Maisle cinéphage a acceuilli dans ses pages la génération d'après nous, avec des plumes comme Frédéric Temps (devenu depuis le directeur de l'Etrange Festival), Yves Montmayeur (devenu depuis documentariste avec des docs superbes sur Johnny To, Asia Argento ou Takashi Miike) ou Julien Carbon (devenu scénariste et réalisateur à Hong Kong avec son complice Laurent Courtiaud).

Parlez nous de CINE NEWS. Comment est nait cette revue ? Combien de temps ? Avec qui ?

Ciné News était une revue de cinéma indépendant dirigée par un couple de simili escrocs par ailleurs sympathique : les Putti (12 000 euros de piges non payées à mon encontre !!!). J'ai de bons souvenirs, car, en plus deCiné News, les Putti publiaient trois canards de cul (Vertiges, X Mag et Pulsions), ce qui m'a valu d'écrire énormément sur le cinéma X et la vidéo porno pendant une dizaine d'années. J'ai donc tout fait (news, interviews, tournages) jusqu'à, dans X Mag, créer un ersatz de Paimboeuf que j'ai nommé Christophe Juve (« Juve » en référence au rôle de De Funès dans les Fantomas). Et là, j'écrivais des éditos absurdes (genre Brigitte Lahaie qui s'enfourche la tour eiffel dans le bas ventre). J'ai beaucoup rigolé en compagnie de collègues devenus des amis comme le rédacteur en chef Henri Gigoux (devenu "monsieur cul" de Canal+), de Jean Michel Dupont (qui corrigeait nos textes et faisait les titrailles) et de ce satané Alain Charlot (présent dans les deux dernières années de Starfix et qui est devenu depuis journaliste dans toutes les émissions ciné de Canal+). Là aussi, il y aurait beaucoup à raconter sur les années "cul" puisque grâce aux publications Putti, j'ai été amené à bosser dans d'autres canards irrévérencieux dontSexy Mag qui m'a permis de payer mon loyer pendant un sacré bout de temps.

Depuis 2002, vous participez à la rédaction de BRAZIL. C'est une revue plus impertinente. Vous ressentez cela au sein du comité de rédaction ?

Brazil2 est fait avec les moyens du bord (personne n'est payé !).
Un peu comme un fanzine de luxe. Comme on bosse tous par mails, je ne connais même pas visuellement la tronche de la plupart des rédacteurs. Je sens évidemment l'envie de de ne pas rentrer dans le système. Tout ceux qui y écrivent le font avec le ton qu'ils veulent, chose impossible dans la presse d'aujourd'hui ou tout doit être plus ou moins calibré. Perso, je ne vois pas ou je pourrais aujourd'hui faire ma rubrique du « journal d'un cinéphageux » à part Brazil. Et, en même temps, ce qui est absurde c'est que cette rubrique cartonne. Je le vois par rapport au nombre de lettres, de mails, de facebook que je reçois. Y compris de gens qui ne sont pas spécialement ultra cinéphages. J'ai l'avantage, avec cette revue, de proposer ce que je veux avec le nombre de signes que je veux, Christophe Goffette l'acceptera.

Vous collaborez à MAD MOVIES de façon plus irrégulière. Un choix professionnel ?

En fait, jusqu'à présent, je ne sollicite jamais personne. Du moins à 92%. On est toujours venu plus ou moins me chercher. Mad et moi, c'est une longue histoire d'amour puisque ma vie a changé le jour ou je suis entré (au printemps 1979) dans la boutique de Mad : Movies 2000. C'est là, pour moi, que tout a commencé (mais ce serait trop long à raconter). Quand j'ai acheté mon premier Mad (le numéro 11), l'actuel rédacteur en chef (Fausto Fasulo) n'était même pas né !!! J'ai connu toutes les générations de rédacteurs qui y sont passés, y compris (bien sûr) le créateur du magazine, ce satané JPP (Jean Pierre Putters). Pour Mad je fais donc mon compte rendu annuel du festival du film fantastique de San Sebastien, plus quelques autres rares piges quand Fausto me demande... Et j'ai toujours la collection complète !!!

Moi aussi, j'ai toute la collection. Avez-vous collaboré à d'autres revues ou fanzine de cinéma ?

Houla ! La liste est très longue... A peu près 90 titres dans la presse (ceux précédemment cités, plus, au hasard, DVD vision, Libération, Télé Cable Hebdo, Télé Loisirs, Tennis Magazine, Best, Geisha, M6 Ciné Vidéo, Score et beaucoup d'autres).
Plus quelques fanzines (Fantastique Fanzine, Phantasm (le mien ! Un numéro !!), Monster Bis.
Plus de la télé en tant que 'rubriqueur' (Nulle par ailleurs cinéma sur Canal+) présentateur (présentation de films sur la chaine Action pendant trois ans), plus "gagman" (un scketch diffusé aux Guignols il y a presque vint ans, pigiste au "Burger Quizz" de Chabat), plus de la figuration dans les films des potes (Boukhrief, Laugier, Valette), plus documentaliste pour TF1, plus plein d'autres choses...

Vous écrivez un 'billet d'humeur' sur le site DVDrama.com. Le rôle d'internet et de ses blogs a-t-il un effet sur l'esprit de la critique ? Le développement d'internet est il un frein, un complément, une opportunité marketing ou la fin des revues papiers ?

Pour moi Internet a plus ou moins foutu la merde puisque la presse en pâtit. Donc, financièrement, ça devient dur. Il y a donc toute une génération de critiques et journalistes ciné élevée à Internet dans laquelle je ne me reconnais pas trop dans la mesure ou elle ne s'intéresse, qu'à 90 % à l'actualité du jour ou à venir. En même temps, le Net est un endroit miraculeux pour trouver des films, des infos, des filmos. Mais pour quelqu'un qui a grandi dans les salles de quartier et reste accroc aux papiers, il y a une forme de "passion poétique" envers le cinéma qui a totalement disparue.

Quelle est actuellement votre actualité ?

Je fais les pages ciné/DVD à rock & folk depuis une dizaine d'années. Je présente des films (avec une trentaine d'autres journalistes) sur le site FILMOTV, je viens de finir un « Tracks » spécial de 52 minutes sur Gustave Kervern et Benoit Delépine qui passera sur ARTE en novembre 2010.
Et surtout... je cherche du travail !

Propos recueillis par JLuc G, en septembre 2010
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