Norbert MOUTIER

Monster bis





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Février 1988 (n°13)





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Octobre 93 (n°1)





Juin 01 (n°19)





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Il n'aime pas revenir sur le passé, "Le passé ne peut apporter que des regrets" dit-il, mais pour nous, il a bien voulu revenir sur quelques pans de l'histoire des fanzines, de Monster bis et autres souvenirs.

Quelles études avez-vous suivies. Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

Etudes commerciales, brevet de comptabilité , capacité en droit (diplome) et autres Etudes en droit qu'il m'a fallu interrompre pour gagner ma vie.

En mars 1979, vous créez "Monster bis". C’est votre véritable bébé ? Il a bien grandi.

En fait, Monster Bis n'a pas été mon premier fanzine, j'ai été, sans doute à 23 ans le plus jeune Président de Ciné-Club et nous avions un bulletin que j'avais amélioré, en présentation et qui peut être considéré comme les prémisces de MONSTER BIS. En 1979, j'ai créé MONSTER BIS à l'image des très nombreux fanzines qui sont sortis durant les années allant de 1979 à 1981, sans compter, bien sûr les précurseurs comme Le Masque de la Meduse d'Alain Petit ou Le Styx de Thierry Ollive qui étaient déjà, compte tenu les techniques de l'époque, déjà des fanzines très élaborés. Sans oublier bien sûr Mad Movies dont, il faut être franc, le N°1 ne laissait pas imaginer une telle évolution mais Jean-Pierre Putters qui était un bosseur-né n'a cessé de s'améliorer jusqu'à devenir "pro" et, bien sûr, le vétérant de tous, Alain Schlockoff qui a démarré dès 1969 (40 ans déjà !) avec des fanzines déjà très bien présentés et riches en redactionnel jusqu'à devenir la revue L'Ecran fantastique que tout le monde connaît.
Pour MONSTER BIS, il est vrai que le bébé a grandi et cela m'a moi-même surpris. La seule comparaison que l'on puisse faire avec MONSTER BIS question longévité, est le CINE ZINE ZONE de Pierre Charles (136 numéros) et je pense que si le pauvre Charles n'était pas brutalement décédé, fin 2003, il continuerait à sortir des numéros.
Nous sommes les seuls à avoir duré et perduré sans jamais avoir voulu chercher le professionnalisme, qui nous aurait perdu, quant aux sujets originaux, rares et anciens que nous aimions traiter. Nos tous petits tirages nous permettaient toutes les fantaisies et hardiesses que les grandes revues ne pouvaient pas se permettre. Actuellement, on peut aussi citer l'inusable Eric ESCOFFIER de Nice, un vrai passionné qui édite depuis l'année 80 et actuellement encore, un Zine appelé Les Monstres de la Nuit avec pour spécialité le gothique. Les autres fanzines plus modernes se déclinent à présent uniquement sur Internet.

Au début des années 90, vous éditez une ‘nouvelle série de Monster bis’. Chaque numéro se consacre à un thème ou artiste défini. C’était un changement nécessaire ?

Ce changement est venu de lui-même : j'avais travaillé énormément en 91 et 92 (On avait alors pas Internet qui permet aujourd'hui à n'importe quel "cinéphile" inculte de créer un dossier !) sur un dossier "Giallo" et celui-ci était si énorme (200 pages ! que j'avais proposé à mes lecteurs soit 3 Monster Bis étalant ce dossier avec quelques rubriques complémentaires ou alors un gros numéro de 200 pages à choisir. A 90%, ils ont choisi cette dernière formule et cela m'a indiqué la marche à suivre, ce que CINE ZINE ZONE a aussitôt adopté comme méthode !!!
Le fanzine est donc devenu thématique, que ce soit sur un acteur, un réalisateur ou un thème précis.

Avez-vous des collaborateurs pour écrire vos revues ?

J'ai fait une grande majorité des dossiers mais lorsque quelqu'un me proposait un dossier tout fait -et surtout qui correspondait à l'esprit de MONSTER BIS - je le publiais. Car ces personnes, capables de construire un très bon dossier, ne voulaient pas se lancer dans la fanédition. D'autres l'ont fait par souci de se munir de références afin d'accéder au professionnalisme... mais qu'importe.

Quels souvenirs gardez-vous de votre collaboration avec Alain Schlockoff (pour l’Ecran Fantastique) et Jean-Pierre Putters (Mad Movies et Impact), entre 85 et 96 ?

Pour l'Ecran Fantastique, cela a commencé par le Marché du Film à Cannes. Il y avait tellement de films présentés à ce marché, que Alain Schlockoff cherchait des collaborateurs complémentaires pour couvrir un maximum cette multitude de films !!! J'étais aurparavant invité au Festival du Fantastique de Paris et nous avons sympathisé et j'ai donc continué à "L'Ecran" soit des critiques, soit des dossiers puis la rubrique VIDEO où j'essayais de couvrir le plus grand nombre de films peu connus possibles -même parfois médiocres- trouvant que parler des "Alien" "Terminator" etc... déjà largment traités lors de leurs sorties salles ne servait pas à grand chose. Je dois dire que j'avais entière liberté et celà se passait très bien entre nous.
Par contre, il n'est de secret pour personne que l'Ecran Fantastique" et "Mad Movies" étaient des rivaux et il était impossible de travailler pour les deux ! Par contre, j'avais carte blanche pour Impact dont j'ai tenu un temps, avant "L'Ecran Fantastique" la rubrique Vidéo. Puis j'ai abandonné un peu lassé par les Stallone, Van Dame, Chuck Norris etc... qui faisaient l'essentiel de ce magazine qui se voulait ainsi spécialisé, ce qui était son droit, à tel point qu'il ressuscite de nos jours!!!
Pour conclure, je dirais que mes rapports avec ces deux grands pros du fantastique furent bons. J'ai gardé de très bons contacts avec Alain Schlockoff que je vois hélas assez peu car nous avons nos occupations, mais je ne vois plus guère Jean-Pierre Putters qui vit sa "retraite" en dehors de Paris mais je diffuse son pro-fanzine 'Metaluna" dans mon magasin. Ces deux personnages sont radicalement différents mais se complètent au fond par chassé-croisé !. Alain Schlockoff a un style écrit très sérieux, littéraire, qui ne joue pas sur l'humour alors que dans la vie, c'est un bon-vivant plein d'humour (On se faisait de sacrées soirées après les projections de Cannes! avec l'équipe de l'Ecran Fantastique ). C'est quelqu'un de très généreux. Alors que chez Jean-Pierre Putters, le style est drôle du genre "Les mecs on s'éclate" dans les Editos, et un style bourré d'allusions humoristiques mais dans la vie plutôt lugubre dans le contact. C'est une des rares personnes qui ne m'a jamais offert un verre dans ma vie ! C'est ma vision et qu'aucun des deux ne m'en veulent !

Dans votre fiche (sur Wikipédia) on vous attribue le lancement de la remarquable revue Fantastyka (10/1993), qui restituait la mémoire des grands mythes du fantastique. Vous n’êtes pourtant crédité que dans le comité de rédaction.

Alors, là, ils ont tout faux ! malgré le sérieux et l'immense apport de ce site : Fantastyka est une revue entièrement créee par Alain Schlockoff qui est le propriétaire du titre. Il l'a d'ailleurs édité à ses frais, au début et, ce genre de revue étant très difficile à amortir, il en a confié alors l'édition à une dame et à son fils qui n'ont hélas pas pu continuer financièrement. Etant Ami avec Alain Schlockoff, je lui ai proposé de reprendre le titre ce qui a été fait amicalement entre nous, sans contrat, en confiance. J'ai été très heureux et fier d'éditer cette revue de qualité dans laquelle je ne me suis pas investi en collaboration pour que la revue garde le sceau "Alain Schlokoff", me contentant de la rubrique des Video "Import". Fantastyka m'a aidé à faire connaître "Monster Bis" et je ne regrette rien. Mais, au fil des numéros, cette revue de qualité perdait de l'argent, mon magasin épongeant ce manque de rentabilité... Jusqu'au jour où cela n'a plus été possible... Si la revue m'avait appartenu, je pense que j'en aurais modifié le style pour survivre, en abandonnant les années 30 et 40, et introduit plus de Fantastique italien, Giallo etc (Un peu comme la revue "Nocturno" en Italie) et je l'aurais ouverte à un dossier d'actrice "sexy" par numéro avec des actrices comme Sybil Danning, Margaret Lee, etc... photos à l'appui... Mais cela aurait été rentrer en conflit avec le créateur de "Fantastyka"...
Alain Schlockoff a essayé de relancer "Fantastyka" par ailleurs, mais sans succès à ce jour, étant donné la crise que connaît aujourd'hui la presse. Mais je connais en lui un obstiné et je pense qu'il arrivera un jour à ses fins... En ce cas, je continuerai à être, s'il le veut, un simple collaborateur.
Voila, vous avez toute la gneèse de "Fantastyka" et le démenti que je ne suis pas le créateur de "Fantastyka"... mais de... Monster Bis!!!

Vous êtes acteur, réalisateur, scénariste, producteur, éditeur, libraire et écrivain. Vous avez vécu 7 vies ? Pas trop difficile à gérer ?

Non, C'est une question d'organisation. Je travaille très vite et arrive à faire plusieurs choses à la fois. Par contre, je n'ai jamais été "Acteur" ! j'ai juste fait quelques apparitions car cela faisait une personne de moins à transporter en voiture ! C'est une activité que je n'ai jamais souhaité et cela dès l'enfance... J'ai d'ailleurs horreur d'être photographié ! Pour être acteur, il faut s'aimer de manière immodérée !!! Se regarder 10 fois par jour dans la glace ! C'est vraiment pas mon trip ! Moi, 10 minutes le matin en me rasant, cela me suffit amplement ! Et c'est sans compter les jours où j'oublie de me raser ! Cela vous explique tout !!!

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fièr.

Vous savez, une fois que les choses sont faîtes, je ne me plonge guère dans le passé... C'est lui qui me rattrape !
Je n'en tire pas de fierté, je passe à autre chose. Mais disons si vous insistez que j'ai produit le 1er vrai SLASHER français avec des moyens dérisoires...dont je suis surpris qu'on parle tant encore de nos jours ! Je ne l'aurais jamais pensé à l'époque ! C'est curieux. Et, si on parle des fanzines, d'avoir fait quelques dossiers comme le premier fanzine important sur JEAN ROLLIN ou celui sur le GIALLO. L'édition de FANTASTYKA également.
Mais je n'ai jamais été passionné que par le présent. Je suis très surpris que l'on me parle autant du passé ! Ce qui me passionne c'est ce que je fais dans l'immédiat, actuellement ... le dossier du prochain Monster Bis sur DRACULA que je fais en ce moment ... Je me revois tous les films... Voilà quelque chose qui m'accroche 100 fois plus que ce que j'ai pu faire il y a 20 ou... 30 ans ! Faire d'avance les couvertures des prochains Monster Bis... Le passé ne peut apporter que des regrets... ceux de n'avoir pas eu les moyens de tourner avec des moyens financiers et techniques suffisants. On ne refait pas le passé mais on façonne le présent, là est la différence !

Vous avez d’autres projets cinématographiques pour 2010 ?

Non du moins en ce qui concerne des petits films fauchés comme j'ai pu en faire durant les '90.
Aujourd'hui, il faudrait être complètement MASO pour dépenser de l'énergie et de l'argent pour produire un petit film qui ne servira qu'à être téléchargé ou démoli et méprisé sur Nanarland en leur filant en prime séquences et matériel publicitaire gratos... Non Merci !
Je travaille sur quelques scénars de films, pas forcément fantastiques, sans penser au budget et aux contraintes puisque je ne les produirais pas ! Mais ma principale activité restent les Fanzines tant que les gens s'intéresseront au support papier !

Propos recueillis par JLuc G, en janvier 2010
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