PROFESSION : CRITIQUE
Entretien avec Jean-Pierre PUTTERS
daté du 01-11-2008


Mad Movies n°11

Entre deux parties de poker et de tennis, jean-Pierre Putters a bien voulu répondre à mes questions. Toujours avec humour, nous avons évoqué, ensemble, ses aventures dans la presse cinématographique.

Comment êtes vous devenu critique ? Quel a été le sujet de votre première critique de cinéma ?

Comment êtes vous devenu critique ? Quel a été le sujet de votre première critique de cinéma ? Je ne me suis jamais vraiment senti critique dans l’âme. Ma démarche relevait davantage de la cinéphilie aventureuse, d’une envie de découvrir des films marginaux, différents, contestataires, irrévérencieux, provocateurs, surréalistes. Avec surtout le projet de faire partager à d’autres cette passion dévorante, de me faire ainsi complice du lecteur auquel je me suis toujours identifié.
Pour une raison bien simple : ma formation n’était ni littéraire, ni journalistique, et pas davantage cinématographique. J’émergeais du milieu ouvrier et je livrais mes émotions au premier degré, proche du lecteur, mais sans démagogie, presque par naïveté intellectuelle…
Mes premières critiques parurent dans un fanzine, Jonathan, il s’agissait de La Gorgone, de Fisher, de l’Empire de la Terreur, Corman, et du Mystère Andromède, tiré du livre de Michael Chrichton. Puis ce fut dans un vrai magazine, Horizons du Fantastique, qui vécut près de 10 ans, de 67 à 75. Je leur avais écrit un beau jour en leur disant « comment, vous ne publiez pas d’analyse sur l’Etrangleur de Paul Vecchiali, c’est un scandale…». Alors ils m’ont gentiment répondu « rédigez-la vous-même ! ». Je m’exécutais aussitôt (mais non, ça fait pas mal…) et je devins un collaborateur régulier de la revue.

Comment et pourquoi avoir conçu le fanzine MAD MOVIES?

Pour échanger, partager, lancer comme une carte de visite à des fans curieux comme moi de toute cette production alors méconnue, voire méprisée par la presse institutionnelle. De tout temps j’ai aimé le fanzinat. Déjà, en 72, aux débuts de Mad, je fréquentais les librairies underground où je découvrais des multitudes de titres, joyaux de la contre-culture tous genres confondus : poésie, presse parallèle, bandes dessinées, fantastique, etc. Ils avaient noms Le Citron Hallucinogène, Le Chti qui bulle (déjà !), Le Trépomène bleu pâle, Le Mégafoutral, La Vache enragée, Mormoil ou Le Petit Mickey qui n’a pas peu des gros, et moi je lisais tout cela, respirant ce bon air (ce bonheur…) de liberté répandant les dernière évanescences d’un mai 68 encore frémissant.
Au départ, je ne disposais d’aucuns moyens. J’avais acheté une ronéo et je tournais la manivelle (car elle était rudimentaire et manuelle. Pas Emmanuelle, ma ronéo !). Ensuite, j’assemblais, j’agrafais, je massicotais, et je n’avais plus qu’à porter l’objet dans les librairies accueillantes dont j’étais déjà le chaland régulier. Elles me prenaient 30% du prix de vente et j’essayais avec le reste de financer le numéro suivant. Je vous rassure tout de suite, je n’y parvenais jamais. Alors j’effectuais des heures supplémentaires, j’assurais deux métiers de front, je travaillais durant les vacances. Avec une certaine jouissance masochiste, car j’y croyais dur comme fer. J’étais trop passionné. Je me filais des crises de tachycardie terribles à m’enthousiasmer comme ça à découvrir la jouissance de l’écriture. Je me calmais à l’Urbanyl, l’Atarax, le Lexomil et toutes ces sortes de choses…

Comment c’est passé la transition vers la revue MAD MOVIES et sa distribution en kiosque?

La structure originelle ne pouvait perdurer.
Pour diffuser davantage, j’augmentais le tirage et du même coup les invendus. Arrivé à 2000 exemplaires j’étais bloqué. Pas de trésorerie d’avance, l’obligation de sortir quand même le suivant à chaque fois sans récupérer sa mise de départ, cela devenait périlleux. Or, ce sont les 1000 ou 2000 premiers exemplaires qui plombent le budget d’un magazine. Les dix mille suivants ne coûtent que le poids du papier nécessaire à leur impression.
En clair, entre un tirage de 4000 (le numéro 20 sur les films de l’espace que j’avais entièrement rédigé) ou un tirage de 15000, la différence paraissait presque négligeable. De toute façon, c’était ça ou bien laisser tomber. Alors je me suis décidé et j’ai eu la chance que le premier numéro professionnel (en fait, le 22 !) marche très fort.
Je me rappelle le jour du retrait des invendus. J’avais mobilisé la voiture d’une copine et nous attendions les palettes à l’entrée de l’entrepôt NMPP. Avec les caristes, là-bas, fallait pas être trop pressé, en plus ! Cégétistes à mort, étalés sur leur siège, lisant des magazines érotiques pris dans les stocks pour passer le temps. Et voilà qu’un gars nous ramène quelque chose comme 2500 exemplaires. Je lui lance aussitôt : « regardez bien, il doit y en avoir encore une palette avec autant d’exemplaires », mais lui me répond « non, y’a plus rien », avec la ferme intention de ne pas y retourner. Le compte s’avéra bien exact. Nous avions assuré entre 70 et 80 % de chiffre de vente. Pour un premier numéro, avec un titre aussi bizarre en plus, c’était quasiment inespéré. Et dès les semaines suivantes, je recevais des masses de commande d’anciens numéros. Tous ceux qui nous découvraient à la faveur de cette sortie en kiosque, intrigués par ce numéro 22, pressés d’en savoir davantage. Je sortais mes vieux exemplaires stockés dans mes caves, c’était l’euphorie !

En 1984, vous avez créé un Festival Super 8 et 16mm. Quels souvenirs en avez-vous ?

La sensation de communier avec les lecteurs, de leur faire plaisir et de me satisfaire en même temps.
Au départ, nous passions des super 8 existants, mais très vite les vocations se multiplièrent. Les gars tournaient pour nous (et parfois porno, même…). En deux ou trois ans la manifestation prit de l’ampleur. J’ouvrais une section 16mm, je louais le Théâtre de Paris, Le Théâtre Marigny (la tête du directeur devant l’enthousiasme un peu expansif des afficionados les plus excités….), même la salle de la Mutualité. J’emmenais aussi une sélection des meilleurs films au Festival Sygma de Bordeaux, à celui de Bruxelles. Je proposais certains titres à des chaînes, reversant intégralement la somme perçue quand c’était le cas, aux réalisateurs. Nous avons ainsi fait quelques émissions de télé, présentées par Sangria, (aujourd’hui redevenu Catherine Falgayrac) ou Jean-Claude Romer, le monsieur "je sais tout" du cinéma. Il s’agissait d’un challenge, car je présentais sur scène les films, le jury, le concours de maquillage, le palmarès, le prix du public, toujours folklo, disputé à l’applaudimètre. Je jouais un rôle, en fait, car ce n’était pas trop mon truc de m’exhiber comme ça sur scène.
Pareil quand je tenais la librairie Movies 2000, j’interprétais le parfait commerçant, mais je ne vendais pas cher du tout, je n’avais pas la vocation franchement mercantile…

En 1986, vous avez créé, IMPACT. Parlez nous de cette expérience?

Deux raisons à cela. L’envie de s’ouvrir à d’autres thèmes, comme le thriller, l’action, l’érotisme, le western, ne pas se cantonner aux seuls genres fantastique et SF, et puis répondre à un besoin devenu alors pressant de salarier quelques collaborateurs. Mad Movies était encore trimestriel, ce qui rendait la chose impossible.
J’ai donc procédé par étapes, le passage à la bimestrialité pour Mad, et la parution d’Impact en alternance. Je reste d’ailleurs un peu déçu car, malgré son potentiel apparemment plus vaste, Impact est toujours resté en deça des scores de son grand frère.
On a vécu, 90 numéros en 180 mois ce n’est pas rien, mais toujours de manière fébrile, précaire, comme d’ailleurs pas mal de revues de cinéma de l’époque ayant connu des fortunes plus ou moins diverses. Je me souviens des gars de Starfix qui m’avouaient : « nous faisons du bon boulot, la revue traîne une excellente image, mais on aimerait avoir les ventes de Mad Movies ». A ce niveau, le succès de Mad reste un mystère, une alchimie trouvée, avec des tirages montant parfois à 100.000, des records à 70.000 exemplaires vendus. On a eu aussi beaucoup de chances de vivre cette complicité avec les lecteurs qui se sentaient un peu chez eux, chez nous…
J’en revois des visiteurs qui poussaient la porte de la rue Mansart, s’arrêtaient en pleine intrusion, avisaient la salle de rédaction d’un coup d’œil circulaire et nous disaient « Alors, c’est là , j’y suis, j’y crois pas !». Je me souviens d’une admiratrice à qui je demandais de venir moins souvent et qui me tombe en pleurs sur un siège…. Je savais plus comment faire… Des lecteurs venus compléter leur collection et qui ne voulaient plus repartir. Je me souviens aussi de ce jour où, de retour d’un tennis acharné avec Guignebert, Allouch et Damien, je ramassais le courrier du matin : 360 lettres à ouvrir et traiter dans la foulée. Notre record, et le lendemain il y en avait presque autant… Mad Movies, c’était quand même quelque chose.

En mai 2001, MAD MOVIES (n°131) passe mensuel et vous vous passez la main. Pourquoi?
Vous ne faites plus partie d’un comité de rédaction. Cela ne vous manque pas ?

Si, je participe à l’aventure Metaluna, le numéro 4 vient de paraître.
De mon départ, je m’en suis largement expliqué. Un désintérêt progressif pour ce genre que je prétendais défendre et aimer. La pression permanente d’une gestion compliquée qui englobait deux magazines, un site internet et une librairie de cinéma, les rapports devenus plus compliqués avec les nouveaux colllaborateurs. A Mad, nous participions à toutes les tâches annexes. Guignebert saisissait les abonnements, Allouch expédiait les anciens numéros, j’assurais la relecture des textes, quelques pages de maquettes, Rafik Djoumi effectuait (assez à contre-cœur) des allers et retours à la poste, certains tenaient la librairie, nous traitions intra muros l’expédition des abonnements et le tri imposé par les services postaux, ceci jusqu’à un nombre de 4000 abonnés. Du jour où nous avons délégué ce poste, le nombre d’abonnés s’est mis à baisser et les délais ont explosé.
Tout ça pour dire qu’une page se tournait, les nouveaux pigistes ne voulaient plus entendre parler de ça. A la limite, ils ne comprenaient même pas ce qu’on leur demandait. Aujourd’hui, des boîtes externes traitent ces postes mais les numéros mettent parfois trois semaines à parvenir à leur destinataire, ou parfois n’arrivent jamais. Alors il fallait bien pallier à ces nouvelles contraintes, s’investir davantage, songer à une nouvelle structure, une autre formule. J’avais déjà des idées, comme celle d’inclure un DVD, mais j’en avais un peu assez.
En fait, j’étais un dinosaure représentatif d’une autre époque, Et puis, 29 ans à faire le même travail, moi qui n’avais jamais cessé de changer de métier auparavant (chinois, trop tard, je l’ai dit le premier…), cela commençait à me peser menu. Quand un acheteur s’est présenté, j’ai un peu trop vite sauté sur l’occasion. J’aurais préféré disposer de davantage de temps, m’expliquer vis-à-vis des lecteurs. L’urgence a fait que je n’ai même pas eu le loisir de leur adresser un éditorial d’adieu. Je le regrette encore aujourd’hui. En à peine un mois, je n’étais plus chez moi, mais chez mon successeur. Tout va bien, j’entretiens les meilleurs rapports avec l’actuel éditeur, mais enfin la coupure s’est avérée douloureuse. Une partie de moi m’échappait, une nouvelle aventure commençait…

L’Histoire ou les théories du cinéma tiennent une place dans votre œuvre? Quand vous voyiez un film, vous demandiez vous quelle place il occupera dans le cinéma ou ce qu’on retiendra de lui dans 10 ans ?.

Mon œuvre ? Diable ! Si, peut-être, j’ai écrit quatre livres, ils s’inscrivent dans une certaine histoire du cinéma.
Le genre évolue, se répète aussi parfois, marque le pas et repart de plus belle, entraînant d’autres œuvres qui s’en inspirent. Je vois cela depuis mon enfance. J’ai l’impression que le métier de critique évolue lui aussi, tandis qu’une bonne partie de la presse, spécialisée ou non, s’attache davantage à l’aspect logistique d’un titre plus qu’à son contenu philosophique. Certains se cantonnent même à la promo pure et simple, assortie d’un coupé-collé judicieux des notes de productions. En fait, tous ces films où défilent en générique de fin plus de 2000 noms me paraissent aujourd’hui bien impersonnels. Comme s’il y manquait la main d’un véritable créateur. Heureusement, il reste des exceptions, des personnalités fortes qui parviennent encore à se faire entendre. Je serais prudent sur le sujet car, encore une fois, l’actualité cinématographique m’intéresse de moins en moins. J’en suis bien désolé en regard de mon ancienne passion dévorante, mais c’est comme ça.

Vous arrive-t-il encore de reprendre la plume de critique ? Si vous aviez un dossier de plusieurs pages à consacrer à un réalisateur actuel, lequel vous inspirerait ?

Eh bien j’écris encore pour Mad Movies. Vous savez, ce magazine de cinéma dont nous parlions quelques paragraphes plus haut - m’enterrez pas trop vite ! – accessoirement je collabore aussi à ce fanzino/magazine titré Métaluna évoqué plus haut. Un concept assez novateur en France, ce que les Américains appelleraient un prozine et qui s’intéresse au cinéma underground, aux nanars, aux films de genre, aux productions psychotroniques (mais non, pas ta mère !).
Pour ne pas répondre à votre question, je dirais que le cinéma fantastique ne me surprend plus qu’à de rares exceptions. La production américaine, notamment, propose un spectacle d’effets spéciaux qui me font davantage penser à des jeux de consoles, et cela ne me console pas. Spiderman saute d’un immeuble à l’autre, fait huit fois le tour de mon home cinéma et reviens par la porte des toilettes, et cela ne m’étonne même plus. La routine, quoi, du jeu vidéo, en fait… Et puis, j’ai changé de centre d’intérêt. Le tennis, le poker, tout ça. J’organise un tournoi régulier chez moi, je suis parti trois jours à Dublin en disputer un où se pressaient 1300 participants. C’est la vie, j’ai tellement changé d’activités tout au long de mon parcours…

Parlez nous de votre association avec METALUNA ?

Il faudrait remonter à loin, la rencontre avec Fabrice Lambot. On se connaît depuis des lustres, cela s’est déroulé facilement. D'autant que chacun s'efforce de ne pas gêner l'autre. Pas besoin de signer des papiers entre nous. L'un peut compter sur l'autre et... qu'est-ce que je veux dire ? Ah oui... et réciproquement ! Il lisait déjà Mad, que j'étais à peine né (si, un peu quand même). Je l'ai vaguement aidé quand il tenait sa boutique de cinéma, à Paris. On joue au tennis ensemble. C'est un gars sincère, passionné, capable et ambitieux à la fois. Dans le bon sens du terme, je veux dire.
Nous sommes tous deux issus du fanzinat, avec un vrai désir de réaliser des choses nouvelles dans la liberté la plus totale possible. Nous sommes partis à l'aventure avec Métaluna Prods, sans connaître rien de ce nouveau job (sinon que le producteur est, lui aussi, et par principe, pauvre comme Job !). C'est la prise de risque maximum, un peu comme nous éditions autrefois nos fanzines, lui Atomovision et moi Mad Movies. Nous nous sommes lancés là dedans un peu pour défendre le cinéma de genre qui nous avait tant fait vibrer dans notre enfance. Une manière de devenir acteur après avoir été si longtemps spectateur. Par esprit de liberté et de revendication aussi, le cinéma de genre doit se conformer à des règles précises ou bien disparaître. De là naît une uniformisation, cette impression de visionner toujours un peu le même film. Le cinéma indépendant peut lutter contre cet état de fait au niveau international. C'est pourquoi nous avons tourné Dying God , notre premier long, après deux courts métrages, directement en anglais. Nous ne nous faisions pas trop d'illusion sur une éventuelle sortie dans les salles francophones. Heureusement l'édition du DVD nous satisfait pleinement, c'est un bel objet, bénéficiant d'un fort tirage pour ce genre de produit.

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier ?

Le plus fier ? Allez, disons plutôt le plus heureux.
Je pense au dossier 1984 dans le numéro 34 de Mad Movies. L’analyse de cette société carcérale imaginée par George Orwell, ce grand visionnaire de l’actuelle manipulation des masses. Relisez-le, gardez en mémoire ce que décrit ce livre parmi les plus poignants qui existent. Et puis, j’ai aimé me pencher sur les nanardises science-fictionnelles des années cinquante dans les numéros 12 et 13. Des produits de consommation courante véhiculant mine de rien un discours propagandiste de la pire mauvaise foi possible, mais tellement surdimentionné que cela en devenait savoureux, souvent risible. Sinon, le grand panard velu, cela a été quand même de dresser le constat d’une fourmillante production mexicaine fantastique, débridée, manichéenne, bon enfant, illogique, naïve enfin avec ses monstres repiqués au répertoirei et ses multiples héros masqués toujours à la poursuite de l’injustice derrière lesquels se cachaient tous les catcheurs réputés de l’époque. Je parle ici d’un chapitre (55 pages, quand même…) du tome 3 des Craignos Monsters, une saga livresque qui remporta et connaît même encore un certain succès. Là je n’invente rien : au bout de deux ans, je me faisais construire un tennis avec mes premiers droits d’auteur. Comment, c’est pas le moment ? Mais si, faut bien conjurer la crise !

Propos recueillis par JLuc G, en novembre 2008
copyright ©2006-2008 / Revues-de-cinema.net

SON TRAVAIL


Ses Collaborations régulières :
Jonathan
Horizons du fantastique
Mad Movies (1972-2001)
Impact (1986-2000)
Metaluna (2002-tj en cours)



Ses livres :
Ze Craignos Monsters(Vent d'Ouest,1991)
Ze Craignos Monsters, le retour(Vent d'Ouest,1995)
Ze Craignos Monsters, le re-retour(Vent d'Ouest,1998)
101 Monstres ringards(Vent d'Ouest,1999)



Ses apparitions ciné :
Time Demon (1996 - de Richard J. Thomson)
Time Demon 2 ()
Mad Mutilator (1983- de NG Mount)
Night of Vampyrmania (1993 - de Richard J. Thomson)
Terror of terror monster horror (de Richard J. Thomson)



Collaborations ciné :
Sang du Chatîment (CM- Prod,?)
de Francis Lambot
Dying God (LM- Prod,?)
de Francis Lambot
Mad Movies n°62
Mad Movies n°130 (Avril 2001)
Impact n°1
Impact n°80
<Metaluna n°2
Ze craignos monsters
101 Monstres ringards