Nicolas RIOULT

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 DVDvision n°1




 DVDvision n°2




Brazil n°18




Brazil n°19




Brazil n°20

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Quelles études avez-vous suivies. Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

J’ai fait une prépa puis une école de commerce au Havre. Pendant mes études, j’ai travaillé au Volcan, le cinéma Art& Essai de la ville, et j’ai collaboré à un festival intitulé Cinéma et Enfance qui se tenait la là bas, sous la houlette de la dynamique programmatrice du lieu, Ginette Dislaire

En 1994 vous créez le fanzine PHANTOM. Avec quels objectifs et quelle équipe rédactionnelle ?

J’avais une première expérience dans le fanzinat. J’ai collaboré à partir de 1991 au fanzine rouennais VOYEUR de Philippe Fontaine. J’aimais le cinéma mais je n’avais pas vraiment d’amis qui aimaient le cinéma autant que moi. Dans Mad Movies, les fanzines étaient régulièrement chroniqués, et Voyeur était souvent cité, j’avais vu que la ville où habitait la personne qui faisait ce fanzine était proche de chez moi. J’ai pris contact avec Philippe Fontaine et voilà comment j’ai commencé à écrire… En 1994, j’ai eu envie de faire mon propre fanzine… J’ai recherché des collaborateurs, en mettant une petite annonce au cinéma Art & Essai de la ville, Le Melville. Plusieurs personnes ont répondu dont Laurent Bendjebbour, le collaborateur le plus fidèle de Phantom, un cinéphile érudit qui est devenu le moteur du fanzine autant que moi. D’autres gens, souvent de Rouen, ont collaboré avec nous au fur et à mesure des numéros.
Nous n’avions pas d’objectif rédactionnel précis, c’était sans doute un défaut, mais je l’avais pris en compte dans l’édito du numéro 1. Nous ne voulions pas faire un fanzine de cinéma bis, ou autre. On s’intéressait à tous les cinémas, celui actuel, celui du passé, les classiques. On voulait assez prosaïquement se faire plaisir en parlant de ce qu’on regardait….
Et puis le fanzine était un formidable outil pour rencontrer des gens. Au fil du temps, on a sympathisé avec pas mal d’'autres fanzineux comme nos super potes de Tales from the B-movies (Benjamin Rozovas qui a bien grandi depuis et travaille pour de multiples supports), du Steadycam (le sympathique Julien Dupuy) ou de Tausend Augen (Michel Marques), les festivals étaient l’occasion de croiser des critiques de cinéma que nous admirions (c’est à Deauville que j’ai rencontré pour la première fois Léonard Haddad et David Martinez), le numéro spécial Starfix m’a permis de réaliser des entretiens avec tous les rédacteurs de la revue et je considère aujourd’hui FAL comme un ami ; je citerai aussi Marc Godin, auteur d’un remarquable ouvrage sur le gore et rouennais d’origine, qui m’a ensuite fait travailler au Journal des abonnés de Canal + (merci à lui !)… Et puis les lecteurs… j’étais admiratif de voir que certains lecteurs vous écrivaient, attendaient leur numéro, vous faisaient part de leur commentaire. C’est agréable de savoir que certains s’intéressent vraiment à ce type de média. Voilà, je n’ai pas l’impression qu’on ait marqué la critique de cinéma mais 15 ans plus tard, je me rends compte que je vois toujours une bonne partie des gens rencontrés grâce à ce fanzine.

Vous n’avez plus envie de revivre l’expérience du fanzinat?

Non ! Trop de travail pour un résultat à peine diffusé.. trop de galère de photocopieuses. Place aux jeunes ! Mais il m’arrive d’en acheter même si aujourd’hui la presse cinéma est surtout sur le Net.
En papier, je conseillerai Torso, et notamment leur numéro consacré à Chris Sivertson, le réalisateur de l’épatant I know who killed me (oui, oui, je parle bien du film aux 8 razzie awards avec Linday Lohan).

Après cette aventure, vous collaborez à MAD MOVIES, POSITIF, BRAZIL, DVDVision… Comment se sont passées ces collaborations ? Comment est on publié dans ces revues ?

Je n’ai malheureusement écrit qu’une fois pour Mad Movies (une critique de Mulholland Drive). Vincent Guignebert venait de prendre la rédaction en chef, Julien Dupuy le secrétariat de rédaction, je crois que c’est grâce à Julien que j’ai pu écrire ce texte. Mais peu de temps après Vincent est parti de son poste. Il n’y aura donc eu qu’une collaboration, je le regrette, cela fait 25 ans que je lis Mad et c’est une des rares revues que j’ouvre encore avec plaisir chaque mois.
Pour Positif, j’ai écrit quelques textes que j’ai proposés. Michel Ciment est quelqu’un de très ouvert et accessible. Si certains veulent écrire à Positif, il suffit d’envoyer un texte à Mr Ciment, il vous dira ce qu’il en pense. Mon premier texte paru dans une revue professionnelle était pour L’écran fantastique (un texte sur The game ) revue à laquelle j’ai occasionnellement collaboré entre 1997 et 2000.
Quant à DVDvision, il s’agit de ma meilleure expérience de presse. Trop courte malheureusement. J’ai écrit à partir du numéro 2, David Fakrikian avait dû m’appelé sur le conseil de Benjamin Rozovas. Je suis devenu collaborateur irrégulier, j’ai écrit de façon plus régulière quand Léonard Haddad a pris des fonctions plus importantes au sein de la revue. Cette revue était éditée par Seven sept, l’éditeur vidéo pour lequel je travaillais. Un jour une place s’est libérée, et je suis devenu journaliste à temps plein, le rêve. Tout était au mieux dans le meilleur des mondes : on parlait de cinéma toute la journée, on voyait des films en pagaille… les collègues étaient pour certains des amis : il y avait Rozovas qui rendait toujours ses articles en retard mais qui est l’homme le plus cool de la terre, Gaël Golhen qui est devenu mon « binôme » de travail, Lydie Bimont qui s’occupait du dvd, les duettistes de HK Léonard Haddad et David Martinez, Estelle Ruet, Lulu la camérawoman, les graphistes super sympas Sandra Abreu et Noëlle Scaramenga (et les garçons Jérôme et Jean-Paul), Françoise Jallot la féministe et bien sûr le geek ultime David Fakrikian. DVDvision était une vraie revue de cinéma, sauf que notre actualité était l’actualité des sorties dvd dans le monde, et pas l’actualité cinéma en France. Quelle aubaine que de pouvoir parler d’un film récent, de films anciens, de raretés importées de je ne sais quel pays, de rencontrer des vieux cinéastes qui aimaient revenir sur leur travail. Mais la revue se vendait mal et l’éditeur nous a revendu à un groupe de presse qui a voulu faire de nous un 'Première' ou 'Studio-like' sans qu’on ait les mêmes moyens (et alors que la place était déjà bien occupée, et que même les journaux cités connaissaient une hémorragie de lecteur). Denis Parent a été nommé rédacteur en chef par l’éditeur, il sortait de l’échec de son film Rien que du bonheur, et je crois qu’on a lui a confié une mission impossible. Je ne crois pas nous ayons été toujours très aidant avec lui, on avait l’impression qu’on nous cassait notre jouet… La revue a tenu quelques mois (et a connu deux titres : Ciné DVD Vision puis CinéVision) avant que l’éditeur décide d’arrêter les frais en février 2004. Le numéro de février était prêt à être envoyé à l’imprimerie, il est parti à la poubelle.

Vous êtes un grand amateur de revues. Vous les collectionnez ?

Je l’ai fait un moment donné. Je me souviens de la joie que j’ai eu à m’acheter la collection des douze premiers numéros de L’écran fantastique (de la numérotation actuelle), format carré, dos collé, dans une boutique rouennaise… ou du plaisir de me procurer les premiers numéros de Starfix lorsque j’allais à Album à Paris… Je ne dirai pas que je suis un collectionneur même si j’en ai beaucoup acheté à une période ma vie. Je lisais toute la presse mensuelle, et en parallèle j’achetais des vieux numéros des Cahiers du cinéma, de La revue du cinéma, de Positif
Je me souviens que Patrice Leconte, je crois, disais – citant François Truffaut- qu’aucun adolescent n’avait rêvé de devenir critique de cinéma. Mais c’est archi faux. Moi j’ai rêvé de l’être, depuis que j’ai 9 ans et que j’ai acheté mon premier numéro de Starfix. Quand j’ai fait le numéro de Phantom spécial Starfix, c’est comme si je devais rédiger la biographie des Rolling Stones ! Aller voir des films en projection de presse, se déplacer en festival, rencontrer les réalisateurs, discuter de cinéma toute la journée avec ses amis, voir le numéro fini arriver chez à la rédaction… comment peut on ne pas rêver de ça ? La réalité est évidemment moins fantasmatique, mais en tout cas, lorsqu’on a 12 ans et qu’on aime le cinéma, faire une revue me semble un désir tout à fait respectable. Et pour conclure, je dirai que j’ai autant d’admiration pour mes cinéastes préférés que pour mes critiques préférés. Il m’arrive de lire des textes parce qu’ils sont signés de quelqu’un dont j’aime la plume.
J’attends donc avec impatience que votre site complète ses fiches et interviews consacrées aux critiques de cinéma, il me tarde d’en savoir plus sur certains.

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fière?

Fière ? Le mot est fort. Disons que je suis satisfait de mon travail pour : l’interview de Stephen Norrington pour Ciné Vision parce qu’à ma connaissance, c’est la seule interview de lui paru dans la presse mondiale à l’époque de la sortie de La Ligue des gentlemen extraordinaires (c’est le journaliste avide de scoop qui parle ici !) ; l’interview pour DVDvision de Emese Szabo a.k.a. Loulou, l’actrice fétiche de John B. Root, le portrait n’est pas transcendant mais j’étais content de la rencontrer car je crois que j’étais un peu amoureux d’elle ! ; le dossier Lisa et le pilote d’avion dans Brazil, ce film de Philippe Barassat qui risque bien de rester inachevé dans l’indifférence générale, au moins si dans 20 ans quelqu’un daigne se pencher sur ce film il pourra consulter ce texte ; les dossiers Alain Resnais et Jean Rollin dans DVDvision, le premier parce qu’on a rencontré nombre des collaborateurs de Resnais et que l’élaboration du dossier avec Gaël Golhen a été un plaisir permanent, le second parce qu’on a tenté de travailler sur les deux supports papier et dvd pour que l’un et l’autre se complètent ; et le dossier à venir consacré à Shaun Costello dans Brazil, un des plus prolifiques réalisateurs de porno dans les années 70 auquel on doit quelques merveilles du genre (l’ultra violent Water Power, l’envoutant Miroir de Pandora, l’hilarant Joe Rock superstar) et bien sûr, le numéro de Phantom spécial Starfix. Car parler de cinéma c’est bien, mais parler de revues de cinéma c’est encore mieux !

Propos recueillis par JLuc G, en janvier 2010
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Nota: lire également l'entretien avec Nicolas Rioult dans Tausend Augen n°7 (page 71).