Claude SCASSO
( 1962 )

été 1977



été 1979



Octobre 1984



janvier 2007



mai 2007



septembre 2007



été 1977



été 1979



Octobre 1984



janvier 2007



mai 2007



septembre 2007



Claude Scasso, scénariste de cinéma et de télévision a bien voulu revenir, pour nous, sur son parcours de journaliste.

Quelles études avez-vous suivies ? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

C’est même durant ma scolarité que s’est concentré l’essentiel de mon activité journalistique.
En 1976, j’ai 14 ans et je rencontre par hasard Gilles Gressard, journaliste. Je lui parle de ma passion pour la science-fiction et il me conseille de monter mon propre fanzine. Le mot est nouveau pour moi, je ne savais même pas que cela existait.
Très vite, j’édite Les Tri-Solaires qui ne connaîtra qu’un seul numéro. Avec déjà des critiques de film. Puis, Interlignes, un seul numéro également. Et enfin Nirvana, autre one-shot, un numéro spécial « Dune » pour lequel j’interviewe notamment Alejandro Jodorowsky.
Parallèlement, mes années lycées ont commencé à Bondy. J’y anime le ciné-club, poussé en cela par Guy Allombert, directeur de la salle communale et critique à La Revue du Cinéma. Par son intermédiaire, celle-ci achète mon interview de Jodorowsky. Ce sont mes vrais débuts dans la presse cinéma.

Au lycée, je deviens très ami avec Caroline Vié avec qui nous allons constituer rapidement un tandem d’écriture. Nous séchons les cours pour nous rendre au Festival de Cannes où nous faisons entre autres la connaissance de Pierre Charles, éditeur du fanzine "Ciné-Zine-Zone".
Durant plusieurs années, nous allons occuper les colonnes de ce fanzine. C’est là que nous publions la première critique d’Evil Dead et la première interview de Sam Raimi encore inconnu de tous, même des Américains. Suivent des rencontres avec William Lustig, Stephen King, George Romero, etc. Pierre Charles continue d’imprimer le fond bis et historique du fanzine, nous y apportons de l’actu et de l'’avant-première.
Plus tard, je contribuerai aussi aux autres aventures de Pierre Charles dans la presse, notamment dans Ciné Choc.

Vos premiers textes ont été publiés dans L’ECRAN FANTASTIQUE ? Vous en gardez des souvenirs ?

Avec Caroline Vié, nous avons poursuivi exactement ce que nous faisions dans "Ciné-Zine-Zone" pour L’Ecran Fantastique. Pour une fois, nous étions payés pour écrire… la somme risible de 3 centimes le signe… C’est ainsi que j’ai découvert le bon usage que l’on peut faire des points de suspension (trois signes, donc 9 centimes !). Ce fut une parenthèse vraiment très gratifiante que ces années auprès d’Alain Schlockoff. J’allais déjà au "Festival du film Fantastique" depuis 1975. Cette fois, j’y étais invité et je rencontrais les cinéastes. Parmi les moments marquants de cette période :
- Notre reportage sur le tournage de « Phénoména », un grand et beau moment à la rencontre du cinéma que j’aimais.
- Mon article « Grandeur et décadence du cinéma italien » pour lequel je m’essayais à une analyse critique plus vaste à base de nombreuses interviews.
- Notre reportage sur le tournage du film « 1984 », dense, riche, plus complet tu meurs.
- Mon article sur « Le Fanôme de l’Opéra » qui ne sera pas publié mais que je découvrirai des années plus tard dans la revue Fantastyka du même Schlockoff.
Et une fierté, le jour où Alain Schlockoff nous a envoyé, Caroline Vié et moi, en projection de presse d’un film inconnu, au titre improbable, que l’attaché de presse voulait nous montrer en avant-première, six mois avant sa sortie. Nous sommes revenus en criant au chef d’œuvre. Alain avait du mal à nous croire mais il nous a fait confiance et nous a accordé plusieurs pages pour dévoiler notre enthousiasme. Ce film s’intitulait « Brazil ».

Avez-vous collaboré à d’autres revues ou fanzine de cinéma ?

Pêle-mêle, autour de ce début des années 80, je me souviens d’un numéro hors série de Nostra consacré au cinéma fantastique, auquel collaborèrent de nombreux confrères. N’ayant pas été payé, nous avons collectivement pris un avocat. Finalement, avec l’argent récolté, Caroline Vié et moi avons tourné un court métrage, 'Pourquoi les Martiens sont-ils verts ?' qui allait être diffusé au "Festival du Film Fantastique" sous les sifflets du public du Rex. La boucle était bouclée. J’étais passé de l’autre côté.
Dans cette période, nous travaillons aussi pour Travelling, revue dirigée par Eric Summers (qui deviendra réalisateur pour TF1). Je pouvais y écrire sur autre chose que le fantastique, notamment la comédie (je me souviens d’un article sur Blake Edwards et d’un entretien avec Gene Wilder) et la comédie musicale (superbe interview de Bob Fosse). Je ne souviens aussi d’entretiens ratés mémorables, comme celui de Danny Glover pour Silverado avec un magnétophone qui ne marchait pas ! Ou un déjeuner au Carlton de Cannes avec Wolfgang Pedersen où nous avons plus apprécié les grands vins et les fous rires que ses divagations sur l’importance primordiale d’Enemy Mine.

Vous avez ensuite travaillé à Canal+ ?

En 1984, je décide d’arrêter le journalisme.
Marre d’écrire sur les autres, je veux faire mes films, devenir scénariste. Mais une rencontre m’éloigne de mon projet. Je deviens pigiste à Canal+ en dit +, le magazine des abonnés. Puis rédacteur en chef adjoint durant neuf mois.
En fait, durant presque dix ans, je vais travailler pour différents services de Canal+. Outre le magazine des abonnés, je pige pour le service de presse. Et je dirige et rédige totalement des lettres de communication pour la régie publicitaire. Ce n’est plus vraiment du journalisme, mais c’en est encore quand même.
Enfin, je deviens aussi lecteur de scénarios pour Canal+ et pour Le Studio Canal. Il est temps de devenir scénariste. Je saute définitivement le pas à la fin des années 80.

En 2003, parallèlement à votre métier de scénariste (TV, Cinéma, Théâtre), vous devenez rédacteur en chef de la GAZETTE DES SCENARISTES (devenu SCENARISTES). Parlez nous de cette revue.

J’avais juré de ne plus faire de journalisme.
Mais en me syndiquant à l’Union des Scénaristes, je ne peux m’empêcher d’écrire des articles pour La Gazette des Scénaristes, superbe revue que dirige Carlo de Boutiny. Et quand ce dernier abandonne ce travail bénévole, je me pique au jeu et je le remplace. Je relance la formule en format carré en hommage aux premiers temps de L’Ecran Fantastique. C’est un travail bénévole, prenant, mais passionnant. Je suis fier de relancer cette revue avant de passer le flambeau au bout de trois ans, à mon tour.

Votre premier roman Tombé du ciel (Chez Michel Lafon) est paru en 2006. L’écriture de ce roman était un besoin, une pause professionnelle ou une nouvelle expérience par rapport à la vingtaine de scénarii que vous aviez déjà écrit ?

Il s’agissait surtout d’une opportunité à saisir.
Je venais d’achever l’écriture d’une mini-série de 8 x 52’, Tombé du Ciel pour France 3. Le tournage démarrait et les premiers rushes me déplaisaient souverainement. J’allais devoir assumer une catastrophe. Et voilà qu’un éditeur, Michel Lafon, me propose de novelliser la série. En deux mois, j’écris ce roman dont je suis bien plus fier que de la série qui m’a occupé deux ans durant.

Quelle est actuellement votre actualité ?

L’actualité d’un scénariste est éphémère par définition.
Après l’échec d’Affaires de Famille en salles, je me suis éloigné du cinéma. J’espère y revenir un jour mais en tant que réalisateur. J’espère…
Me voilà donc de retour à la télé. On m’identifie de plus en plus comme un auteur de comédie. C’est donc dans ce genre que je m’illustre en ce moment, pour des comédiens comme Pierre Mondy, Claude Brasseur, Daniel Russo, Bernard LeCoq… On pourrait rêver pire.
Et j’envisage de tourner un court-métrage… fantastique… comme un retour à mes anciens amours.

Propos recueillis par JLuc G, en septembre 2009
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Nota: Voir sa filmographie complète sur Wikipédia.