VANDISTE Jean-Luc

Ecran fantastique n°282



Ecran fantastique n°248



Ecran fantastique n°200



Ecran fantastique n°134



Ecran fantastique n°100



Ecran fantastique n°76



Toxic n°10



Toxic n°2



Ciné-Fantasy n°8



Ciné-Fantasy n°6



Ciné-Fantasy n°4



Ciné-Fantasy n°2



C'est avec une énorme passion pour le cinéma que Jean-Luc Vandiste collabore à diverses revues, de CINE-FANTASY à L'ECRAN FANTASTIQUE, en passant par VENDREDI 13, TOXIC, MAD MOVIES...
Il était naturel que nous prenions contact avec lui pour revenir sur ses aventures.

Pendant votre enfance, le cinéma était-il déjà votre passion ?

Oui, absolument. Tel Obélix dans la potion magique, je suis "tombé" dans le cinéma dès ma plus tendre enfance. Mon père m'a fait découvrir le plaisir de la projection à la maison, bien avant que l'on ne parle de "home cinema", grâce à des films 8mm et Super 8 projetés sur un "grand écran" de l'époque, sur lequel on regardait aussi les films familiaux et les diapositives. Tout mon argent de poche passait dans l'achat de films Super 8.
Je me rappelle encore avec émotion l'achat de mon premier film couleur sonore, ce qui était alors une "folie" : il s'agissait d'un résumé de sept minutes environ de "L'Ile sur le Toit du Monde".
Un autre grand souvenir, outre la découverte des merveilleux Laurel et Hardy, a été de pouvoir acheter un extrait de La Guerre des Etoiles pendant mes vacances sur la Côte d'Azur, juste avant sa sortie au cinéma ! Je n'en revenais pas. J'en avais entendu parler, aussi j'ai sauté sur l'occasion, de confiance…et j'ai dû attendre plusieurs semaines de rentrer de vacances avant de voir enfin de quoi il retournait : et cela a été une révélation, les trucages étaient fabuleux. De mémoire, c'est l'unique fois où la sortie en Super 8 s'est même faite juste avant celle du film en France.
Pendant mon enfance, nous allions aussi régulièrement au cinéma en famille et j'ai toujours adoré ces sorties.

Comment êtes-vous devenu rédacteur pour L’ECRAN FANTASTIQUE ?

Alain Schlockoff avait besoin à l'époque de nouveaux collaborateurs, et il avait eu l'occasion de lire un fanzine, CINE-FANTASY, que j'avais créé avec deux amis, Patrick Nadjar et Philippe Guézennec.
Lorsqu'Alain m'a proposé de collaborer à L'ECRAN FANTASTIQUE, j'ai bien évidemment accepté avec enthousiasme ! Je lisais l'EF depuis sa première parution en kiosque. Encore une fois, c'était pendant mes vacances d'été à Menton, en 1977. Je suis entré dans une librairie et j'ai découvert ce nouveau magazine de cinéma, au format carré. La couverture, sur fond rouge, montrait un rat géant du film Soudain les Monstres. J'ai immédiatement acheté un exemplaire et suis devenu un fidèle lecteur. Alors imaginez ma joie de collaborer à ce magazine en particulier !

Quels souvenirs gardez-vous de l’expérience de FANTASTYKA?

Fantastyka, c'était vraiment la Mémoire du Cinéma Fantastique. Nous savions dès le début qu'il était destiné à avoir un tirage restreint et s'adresserait à un public de "spécialistes". Mon plus grand souvenir a été d'interviewer le grand réalisateur Richard Fleischer, en septembre 1990. Il a bercé mon enfance et a réalisé quelques chefs-d'œuvre indémodables. Passer 45 minutes avec lui à lui poser des questions a été un moment intense et inoubliable. Je lui ai ensuite envoyé un exemplaire de Fantastyka avec son interview et il a eu l'extrème délicatesse de m'adresser une lettre pour m'en remercier et me dire ce qu'il en pensait. Ce sont souvent les plus grands qui sont les plus humbles, tout en faisant preuve d'une très grande classe. Robert Wise était également de ceux-là.
Mais je ne peux parler de Fantastyka sans dire aussi deux mots sur un autre magazine, également créé par mon ami Alain Schlockoff et auquel j'ai eu la joie de participer. Il s'agit de VENDREDI 13, une revue sur le cinéma fantastique à la maquette absolument splendide, d'un format plus grand que la normale des mensuels, ce qui justement mettait encore plus en valeur l'impact visuel de la maquette. Alain a par la suite créé une autre revue de cinéma, spécialisée dans l'horreur et le gore, à laquelle j'ai aussi participé : TOXIC.

Dans les années 90, vous avez même collaboré à MAD MOVIES ?

Oui, j'ai eu la joie d'écrire une ou deux fois pour Mad Movies. Etant jeune, j'étais aussi un lecteur assidu, car j'adorais ses photos plutôt gore. Ayant un budget limité, argent de poche oblige, j'étais souvent obligé de feuilleter l'EF et Mad chez mon libraire avant de décider lequel des deux j'emporterai chez moi. Les mois fastes me permettaient d'acheter les deux ! A l'époque, ces deux magazines étaient les seuls du genre en France.

Parlez-nous de votre expérience dans le fanzine CINE-FANTASY ?

C'était un temps où les traitements de texte et les imprimantes n'existaient pas, ni internet pour récupérer des infos ou des photos pour illustrer les articles. Il fallait tout faire soi-même !
C'était une excellente école. Nous avions décidé Patrick, Philippe et moi-même de concevoir et financer un fanzine, à la fois pour nous amuser, pouvoir nous exprimer sur le cinéma de genre que nous aimions et, pourquoi pas, nous faire connaître du "milieu". Nous avons donc contacté des attachés de presse, qui nous permettaient d'aller assister aux projections de presse, afin de pouvoir chroniquer leurs films. Ils nous donnaient également des photos ou diapos pour illustrer nos articles. Ensuite, avec quelques autres collaborateurs, nous écrivions les articles, les mettant en page en fonction des photos, puis obtenions un "original" du fanzine. Nous allions ensuite l'imprimer sur une photocopieuse de la meilleure qualité possible, pour ensuite nous réunir et voir naître le fanzine en faisant un tas par exemplaire et en mettant les pages (recto-verso !) dans l'ordre, les unes par-dessus les autres. Généralement, nous faisions cela sur une table de ping-pong, c'est ce que nous avions trouvé de plus grand et nous pouvions tourner autour sans trop nous gêner mutuellement. Après, il ne restait plus qu'à agrafer et nous avions notre nouveau numéro. C'était à chaque fois un moment à la fois excitant et émouvant. Nous essayions d'innover à chaque fois, d'améliorer notre "bébé" : couverture couleur parfois ou dos collé au lieu des agrafes. Ce fut une période mémorable et très instructive.

Avez-vous écrit dans d’autres fanzines ?

Oui, j'ai écrit des articles ponctuels dans un ou deux fanzines, mais j'ai surtout participé plus régulièrement à un fanzine belge, SHOW TIME CINEMAGAZINE, créé sur mes conseils par mon ami Laurent De Groof. Nous nous étions rencontrés lors du Festival Fantastique de Bruxelles début 1992 et il m'avait demandé comment il pouvait débuter une carrière dans le journalisme. Je suis ravi d'avoir contribué à le faire démarrer dans le métier.

Quand vous voyez un film, vous demandez-vous quelle place il occupera dans le cinéma ou ce qu’on retiendra de lui dans 10 ans ?

Non, je lui demande surtout de me distraire et de me transporter dans son univers. J'aime par-dessus tout lorsque je ressens des émotions, lorsque j'ai le souffle coupé par une séquence ou découvre un acteur ou une actrice en qui je vois une future star. Ce fut le cas en 1977 en voyant Harrison Ford dans La Guerre des Etoiles et cela a été le cas l'année dernière lorsque j'ai découvert le si talentueux Shia LaBeouf, lors de deux projections de presse de Paranoïak et Transformers, à quelques jours d'intervalles. Pour moi, Shia a été la révélation masculine de l'année, c'est sans aucun doute le futur Tom Hanks, autant par le talent que par ses choix de rôles, aussi variés qu'intelligents. J'ai eu la chance de l'interviewer, avant que le grand public ne le remarque et je puis vous assurer qu'il ira loin. Il est d'une grande intelligence, n'a pas la grosse tête comme tant d'autres et il a un sacré mentor, en la personne de Jon Voight, sans parler de Steven Spielberg.

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier ?

Sans hésiter, d'un point de vue général, ce sont les interviews. Pouvoir poser des questions, mes questions, à ceux qui m'ont fait et me font tant rêver, est une chance et un privilège dont je suis conscient. La plus grande récompense est de ressentir que votre interlocuteur apprécie de parler avec vous, car il enchaîne souvent interview sur interview, répondant souvent aux mêmes questions. Se démarquer est important…et connaître son sujet ! Plonger son regard dans celui ou celle avec qui vous parlez et lui faire ressentir votre joie, votre enthousiasme et votre reconnaissance envers son travail, vous pouvez alors lire dans le sien le plaisir qu'il a à répondre à vos questions. Ainsi, lorsque l'on a l'occasion d'interviewer à nouveau quelqu'un qui a apprécié un premier entretien, il vous reconnaît et se sent immédiatement à l'aise et en pays de connaissance. C'est la meilleure façon d'obtenir de meilleures réponses. Parmi les interviews dont je suis le plus fier, je peux citer Rick Baker, pour lequel j'avais décidé de faire une "spéciale singes" (sa grande passion), William Friedkin (pour une "spéciale L'Exorciste"), mais aussi Don Bluth (que je considère comme le nouveau Disney), Peter Jackson, Guillermo Del Toro, John Woo, John Carpenter, Robert Rodriguez ou Mel Brooks. Rencontrer James Coburn, un des Sept Mercenaires, a été aussi un grand moment, tout comme tant d'autres. Ma première interview reste, bien entendu, un de mes meilleurs souvenirs, surtout qu'il nous a fallu pas mal de culot et de chance pour l'obtenir. C'était à l'époque de CINE-FANTASY, en juin 1987, il s'agissait de Robert Englund, pour son troisième film de Freddy Krueger. Mais pour moi, il était aussi le gentil alien de V.

Propos recueillis par JLuc G, en mars 2009
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