CINEMAGFANTASTIQUE
par Alan DEPREZ.

 Cinemagfantastique n°1





Darkness Fanzine n-11





 Cinemagfantastique n°1





Darkness Fanzine n-11





 Cinemagfantastique n°1





Darkness Fanzine n-11





 Cinemagfantastique n°1





Darkness Fanzine n-11





 Cinemagfantastique n°1





Darkness Fanzine n-11





 Cinemagfantastique n°1





Le nouvelle revue belge CINEMAGFANTASTIQUE (En vente au kiosque de la liberté, à Toulon) a été l'occasion de discuter avec Alan Deprez.

Comment êtes-vous arrivé dans le monde de la critique cinématographique?

Depuis tout gosse, je me suis toujours évadé dans les mondes imaginaires, m'inventant des univers dont j'étais le seul à connaître l'existence. Mon désir de cinéma et mon appétit « cinéphage » ont découlé de cet état de fait. Une façon de s'évader, en somme. Par la suite, après avoir connu les grandes heures de la VHS et des vidéo-clubs de quartier - ah, comme je pouvais fantasmer l'atmosphère de ces lieux! -, ainsi que l'avènement du DVD, j'ai décidé d'en faire mon métier.
J'ai suivi un cursus en cinématographie à l'INRACI (école bruxelloise) pour, diplôme en poche, commencer à travailler dans l'audiovisuel. Comme j'ai toujours eu certaines « facilités » pour l'écriture sous toutes ses formes, sans doute dues à ces études classiques que mes parents m'avaient un peu imposées (latin/grec, au secours !), épancher ma verve critique m'a semblé logique

Depuis plusieurs années, vous collaborez régulièrement avec Damien Taymans pour le site spécialisé www.cinemafantastique.net. Comment se déroule cette collaboration ?

J'ai rencontré Damien Taymans au BIFFF 2010 et le courant est tout de suite passé entre nous. Notre collaboration a débuté dès la fin du festival (par l'entremise d'une critique du fabuleux thriller thaï Slice). En tant que rédac' chef, c'est évidemment lui qui répartit les sujets et tâches du mois, même si chacun a voix au chapitre. Disons que Cinémafantastique est une véritable démocratie. Je ne me fais d'ailleurs pas prier pour donner mon avis sur tout et à la longue, ils doivent vraiment me voir comme un emmerdeur. Mais au fond, ça doit faire partie de mon charme! Dans le cadre de cette relation professionnelle, je lui ai proposé la création d'une rubrique rose mensuelle, consacrée à l'érotisme et à la pornographie, Le Loup derrière la Bergerie, qui brasse un lectorat fidèle depuis environ un an et demi. C'est pour cela qu'on a décidé que l'on retrouverait le Loup dans les pages de Cinémagfantastique, au même titre que Orient Express, excellente rubrique de mon collègue « asiatophile » Seb Lecocq. D'ailleurs, je fais partie des correcteurs du magazine aux côtés de Damien et ai assumé la coordination du dossier dédié aux films de l'extrême. J'ajouterai que ces deux plateformes (site web/magazine papier) participent d'une même conception de la cinéphilie, abhorrant ce clivage habituel entre « haute et basse culture ». On envisage chaque ouvre sans à priori, que ce soit un Tarkovski, une obscure péloche asiatique, une grosse machine « mainstream » (Michael Bay, si tu nous lis!), un film gore teuton ou un porno indé américain.

La version papier CINEMAGFANTASTIQUE vient de paraitre. J'ai adoré. Une mise en page colorée et inventive, des rubriques originales, des articles concis et passionnants. un vrai bimestriel de pro. Racontez-nous la genèse de cette revue. Est-ce facile aujourd'hui de sortir un magazine ? Quelles embuches avez-vous dû surmonter ?

Plutôt que de se ruer tête baissée, on a pris en compte les différents paramètres propres au lancement d'une nouvelle publication. Avant tout l'aspect financier - qui est loin d'être négligeable, vu que c'est les sponsors (pubs) qui font vivre un magazine, tout autant que son lectorat. Au niveau des attentes des lecteurs, on a décidé de passer un coup de sonde, mais de rester avant tout en accord avec la ligne éditoriale du site et son ton particulier, tout en enjolivant le Cinémag de rubriques exclusives au support, telle C'est arrivé près de chez vous (vouée au cinéma belge, au sens large du terme). Par après, cela a consisté en de nombreuses démarches (obtention d'un code-barre et numéro ISSN, etc.), dont la quête éperdue de sponsors et de points de vente (essentiellement en Belgique et France). Damien a eu les épaules solides sur ce coup-là et a presque assumé à lui seul toute cette part rébarbative du boulot. Le projet lui doit beaucoup, si ce n'est tout. Pour réunir les fonds nécessaires à la maquette du magazine et aux prestations de notre talentueux graphiste Bruno Marchese (jetez un oil à son travail sur : www.soaf.be), on a fait appel à la production participative via le site Kisskissbankbank.

Comment avez-vous été amené à collaborer (avec une analyse du film « Baise-moi ») dans Darkness Fanzine de Christophe Triollet ?

Tout d'abord, je préfère préciser que je n'ai pas participé au Darkness Fanzine « que » par une critique du film Baise-moi (avec interview de l'actrice principale, l'adorable Raffaëla Anderson), mais que j'ai aussi eu l'occasion d'y dresser un panorama subjectif des ouvres sulfureuses mélangeant allégrement sexe et violence à l'écran (« nazisploitation », films de cannibales, « mondo films », porno, .). Christophe Triollet (rédacteur en chef du fanzine) m'a directement contacté après lecture de divers articles du Loup derrière la Bergerie. Et depuis lors, il écrit pareillement pour Cinémafantastique et le Cinémag, s'attardant sur les cas de censure qui frappe les films au traitement jusqu'au-boutistes ou dérangeants. Je devrais normalement rejoindre l'équipe de Darkness pour leur prochain numéro, avec un article sur le sublime Mais ne nous délivrez pas du mal de Joël Séria.

Vous avez collaboré avec d'autres revues ou site de cinéma ?

J'écris régulièrement pour Nouvelle Chair (www.nouvellechair.com), émanation polissonne du webzine Cinétrange, et j'ai la chance d'avoir été accueilli parmi l'équipe de L'Encyclopédie des longs-métrages français de fiction 1929-1979 dirigée par l'érudit Armel De Lorme, dans le cadre du Volume 4, y rédigeant quelques critiques aux côtés de pointures du milieu comme Christophe Bier, Raymond Chirat et Jean-Pierre Bouyxou (pour infos, consultez le site de L'@ide-Mémoire ). Je serai de retour pour le Volume 5. Sans compter que je ne ferme la porte à aucune nouvelle collaboration professionnelle - sérieuse -, donc n'hésitez pas à me contacter!

Vous êtes également réalisateur, scénariste, caméraman. L'écriture de critiques est un besoin ?

Je dirais plutôt un bol d'air frais. J'ai toujours - et je dis ça en toute humilité, précisons-le -, cultivé l'éclectisme dans mes différentes pratiques professionnelles, même si réalisateur est mon activité première. Je n'aime rien tant que me frotter à plusieurs disciplines, graviter autour de tas d'univers. Tant que le challenge artistique ou la vision d'ensemble me plaîsent, je fonce! C'est important de se sortir perpétuellement de sa zone de confort, tant que l'on exécute les choses avec investissement, qualité et passion (voire discernement). Par là, j'entends surtout que je conspue ces personnes qui se revendiquent de plein de choses, alors qu'elles ne font que les effleurer. S'éparpiller, agir en dilettante, très peu pour moi. Mais si on me parle de s'engager à 200 %, je crie banco!

Quelles revues et/ou fanzines (de cinéma) lisez-vous actuellement ? Comment les trouvez-vous ?

Je suis abonné à Mad Movies, qui maintient le cap et continue à attiser la flamme allumée par son fondateur Jean-Pierre Putters. Et je me régale de la Caverne du Bier! J'apprécie leur esprit frondeur et leurs avis tranchés, loin du baratin promo servi par certains. Même si force est de constater qu'une génération de chroniqueurs n'est pas l'autre. Ce n'est pas un mal et je n'entrerai pas dans ces « querelles de clocher ». Je trouve le ton de Geek Mag assez rafraîchissant, même si je me demande s'il paraît encore en Belgique. A côté de cela, il m'arrive de consulter une poignée de publications de manière ponctuelle, comme les Cahiers du Cinéma pour leur numéro bilan de l'année écoulée. Du reste, je suis un fidèle lecteur de Technikart et de Tsugi (presse musicale). Et j'étais déjà converti au Darkness Fanzine avant d'y contribuer (ceci est bien sûr valable pour chacun des médias pour lesquels j'écris).

Quels sont vos projets pour cette année ?

Tout d'abord mon court-métrage (capsule vidéo) Erotomania, hommage aux films d'exploitation japonais, réalisé à l'occasion des 30 ans du BIFFF, et qui est programmé plusieurs fois durant le festival, dont le 07 avril à 13h30 (projection gratuite des films du Collectifff). Ensuite, je vais travailler sur la diffusion (carrière en festivals, recherche d'un distributeur, .) de mon long-métrage documentaire Princesse Mimi (Voir le teaser ), qui relate les premiers pas d'un jeune gay dans les spectacles transformistes et lance différentes pistes quant au regard des autres - en premier lieu la famille - sur l'homosexualité. Je devrais aussi rebosser avec l'artiste suisse Genevan Heathen sur un nouveau projet de clip (j'avais clippé son morceau Je Ne Sais Quoi. J'espère aussi collaborer avec d'autres artistes, ainsi qu'embrayer sur un nouveau court-métrage au parfum 80's et aux fragrances nostalgiques : VHS Junkies.


Propos recueillis par JLuc GAIGNEPAIN, en avril 2012
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