Eric NOEL

dossier spécial n°1




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 n°02

Eric Noël a bien voulu répondre à nos questions, à l'occasion de la diffusion du 1e dossier spécial de 22 pages intitulé "Cinéma à main armée", présenté par Cinétrange et téléchargement gratuitement sur son site.

Quelles études avez-vous suivies ? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

J'ai suivi des études littéraires. Le cinéma, je m'y intéressais dans mon temps libre et j'écrivais énormément. J'étais, comme beaucoup d'autres, un enfant de Mad Movies, pressé de louer ma VHS du samedi soir. Par la suite, j'ai fais un peu de tout qui tournait autour de la notion de création audiovisuelle (gestion d'équipes de tournage, stage photographique, scripts, suivi de production, etc...). Je me considère comme un autodidacte pur sucre, l'apprentissage est constant.

Comment et quand s’est passé votre première collaboration avec Cinétrange de Jérôme Spenlehauer ?

J'ai contacté Jérôme Spenlehauer il y a près de quatre ans (le temps passe comme une flèche). J'écrivais des notes sur les films que j'appréciais mais elles restaient dans mes tiroirs. Dans mon idée d'alors, la critique me semblait réservée à une sorte d'élite. Pourtant, un jour je me suis quand même lancé sans trop savoir où j'allais avec juste cette forte envie de m'exprimer sur le cinéma. J'ai envoyé des mails à plusieurs sites dont certains qui n'existent plus à l'heure actuelle. Après contact, j'ai enchainé sur l'écriture de deux chroniques afin de juger si j'étais capable d'écrire du concret sur une très courte échéance. C'était un peu naïf et débutant mais ça a plu à Jérôme. Heureusement, je pense m'être amélioré depuis. Et Cinétrange court toujours, si j'ose dire... Après, j'ai gagné quelques galons, c'est basé sur la confiance. Avec Jérôme, les échanges sont toujours très clairs et ouverts.

Dans le dernier dossier spécial «Cinéma à main armé» (n°1 – Sept. 2009), vous devenez le rédacteur en chef. C'est une fonction plaisante ?

Alors, ça peut être plaisant dans le sens que c'est le champ des possibles. L'équipe peut lancer cent idées dans toutes les directions et c'est très appréciable de voir apparaître dans le projet fini une idée lancée au détour d'une phrase. Après, il faut déterminer ses envies à la baisse, tempérer les délires, certaines idées fonctionnent en elles-mêmes mais ne fonctionnent pas si elles sont imbriquées entre elles. C'est aussi très plaisant de travailler avec des rédacteurs qui sont motivés, carrés, et pointus dans leur secteur. Quand il n'y a pas de lutte d'ego, chacun sait que l'avis de l'autre n'est là que pour améliorer le projet.
Ça peut être déplaisant dans le sens que si l'entreprise ne se goupille pas comme vous voulez, si la cohérence ne se fait pas, ou si c'est raté au final, vous êtes le seul responsable. C'est surtout le bouclage qui donne envie de se ronger les ongles entre les inévitables coquilles de dernières minutes et les mauvaises surprises. Et encore le pire sera à venir avec les éditions papiers. Là, ça devrait être épique...

Dans ce dossier spécial, vous êtes également crédité à la rubrique «Graphisme et maquette» avec Nunzio Cusmano. Quel logiciel avez-vous utilisé pour concevoir ce numéro téléchargeable gratuitement ?

Loin de moi la prétention de mettre en avant mon travail sur la maquette du dossier, j'ai une expérience dans le multimédia mais pas réellement dans la PAO, même si j'en avais fait pour des maquettes. Le but était que cela soit simple sans être simpliste. J'ai encore beaucoup à apprendre sur ce sujet. L'étape suivante, celle du print, ne pardonne pas l' "à-peu-près". Des logiciels libres ont été utilisés, Gimp et Inkscape, pour le traitement des images. Pour effectuer la mise en pages, ce fut avec In Design dans une version qui n'était pas récente mais qui restait adaptée pour le projet. Nunzio a été longtemps affichiste pour le théâtre, il est très réactif pour la conception graphique.

Avez-vous collaboré à d’autres revues ou fanzine de cinéma ?

J'ai écris pour le fanzine Hysterical d'Emmanuel Le Gagne. C'était plus dans un esprit « bisseux », très récréatif. Je dois travailler avec Lionel Grenier (webmaster du site francophone sur le réalisateur Lucio Fulci) sur un prozine de cinquante pages prochainement (mais gardons un peu le mystère pour l'instant).

Le développement d’Internet est il un frein, un complément, une opportunité marketing, ou la fin des fanzines de cinéma ?

Voilà un vaste sujet !
Ce n'est pas un frein pour l'élaboration puisqu'à l'époque des débuts de Jean-Pierre Putters, créer un fanzine relevait du parcours du combattant. Maintenant, c'est on ne peut plus facile. Avec un simple ordinateur bureautique une personne seule peut développer un fanzine propre et présentable en format .pdf puis le diffuser sans dépenser un cents de plus que son abonnement web, et je ne parle même pas blogs. Ensuite, être visible et le rester dans l'immensité du monde en ligne est une autre paire de manches.
Tout change quand il s'agit d'une édition papier, l'impression est chère, elle doit être rentabilisée. Je ne crois pas vous apporter une révélation fracassante en vous disant que la presse papier est en crise. Maintenant, je suis persuadé que le "papier" a une force indéniable, sauf qu'il faut lutter sur des terrains qui se différencient d'internet. Le Net l'emporte sur la réactivité, la quotidienneté, la souplesse, et la facilité pour acquérir une information. Par contre, je préfère lire les longs dossiers thématiques sur le papier. J'aime le contact avec l'objet livre et je ne pense pas être le seul. Parce qu'il y a une finition, un complétude sur un sujet donné, de belles mises en pages et de l'iconographie de qualité. Si l'internet est pratique, le papier l'est aussi à sa manière, les auteurs effectuent tout un processus de recherche et de réflexion à votre place. Tout le monde n'a pas le temps de chercher à droite et à gauche des heures durant les informations sur un sujet étendu et les recouper. Une comparaison simple : internet, c'est éclaté, un livre-document, c'est du concentré.
Le problème majeur est de lutter contre la gratuité du net : « Pourquoi paierais-je telle somme pour un fanzine alors que je peux trouver des informations gratuitement sur le net ? ». Il y a vingt ans, la question ne se posait même pas, il fallait passer par le papier pour connaître ces précieuses informations et les fanzines offraient une liberté de ton face à la presse établie. Actuellement, j'ose croire que pouvoir lire un recueil de textes passionnés, correctement écrits, précis, mérite l'achat. Si je veux tout savoir sur un réalisateur, je peux toujours glaner des informations sur le net mais j'achèterais de toute façon un beau livre sur sa carrière (les éditions Taschen en sont un bel exemple). Entre le net et les éditions luxueuses, il y a un entre-deux à peupler. Mais dans ce cas, il faut nécessairement penser prozine et plus du tout fanzine. Je crois que la sincérité et la persévérance donnent des fruits. Hier comme aujourd'hui, il ne faut pas compter ses heures et foncer.

Lisez-vous d’autres revues de cinéma et/ou des fanzines consacrés au cinéma ?

J'essaie d'en lire le plus possible, oui, ne serait-ce que par ce que ça m'intéresse suivant les sujets abordés et aussi pour prendre la température du contexte dans lequel je travaille.

Quelle est votre actualité?

Elle est riche puisque comme prévu, toute l'équipe se prépare pour le livre-magazine (Mook) dédié au cinéma des années quatre-vingt que nous avons annoncé. Pour prendre une image culinaire, le dossier spécial était un hors-d'œuvre et ce sera le plat principal ; il représente au minimum dix fois plus de travail en comparaison. Le dossier était un entrainement, modeste certes, mais que l'on a voulu le plus sérieux possible, les choses plus ambitieuses commencent dès maintenant.
Je monte aussi le projet d'une émission de chroniques de films en ligne, ce qui représente aussi une masse conséquente de travail. C'est dans le même esprit que pour le projet du mook, faire de son mieux sur chaque petit élément.
En parallèle, je me consacre à l'écriture de scénario, un domaine qui me passionne.

Propos recueillis par JLuc G, en octobre 2009
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