Jerôme SPENLEHAUER

dossier spécial n°1




Hors série n°1




 n°19




DVD n°2




DVD n°1




 n°18




 n°17




 n°13




 n°12



 n°02

C'est avec beaucoup d'humour et de lucidité que Jérome Spenlehauer s'est prêté au jeu des questions/réponses.

Quels étaient vos objectifs à la création de CINESCOPE?

Internet n'était pas du tout développé à l'époque. Les cinéphiles les plus passionnés se lançaient chacun avec leur fanzine photocopié. Je me rappelle de Médusa et Vidéotopsie à la même époque. C'était simplement histoire de partager sa passion par un autre moyen que simplement aller au cinéma ou voir des vidéos. C'est une démarche active car être spectateur avait un côté passif qui ne me satisfaisait pas totalement.

Quels étaient vos objectifs à la création de CINETRANGE?

Avec Cinétrange, nous avons essayé de nous intéresser à des films et des genres moins couverts par les médias habituels. L'objectif était de trouver des films difficilement visibles pour les faire découvrir. A l'heure actuelle, c'est moins vrai car la mondialisation du dvd est passée par là et même les films rares ou importés peuvent être acquis presque n'importe où. Pour nous démarquer d'autres sites ou revues, nous misons sur le ton personnel et le nombre limité des rédacteurs. Cela fait plusieurs années que ce sont toujours les mêmes. Ensuite nous choisissons avec rigueur des films et des auteurs qui nous plaisent uniquement. Nous ne parlerons pas ou rarement des films que nous n'aimons pas. Malgré tout, nous essayons de trouver des films toujours méconnus, des auteurs indépendants aussi. Nous revendiquons aussi notre indépendance, l'espace pub sur le site étant très très limité et les annonceurs sont rigoureusement sélectionnés. Pas de pop-up gênant ou de liens commerciaux google ! La pub est devenue vraiment intrusive sur de nombreux sites.

Quelles étaient les personnes à l'origine de ces deux magazines et leur rôle?

Tout au départ, je travaillais avec un collaborateur sur le fanzine Frissons. Puis j'ai continué seul avec Cinéscope pendant un moment. Les rédacteurs actuels sont venus progressivement après. Je les ai connus par Internet principalement.

Quelles sont vos collaborateurs actuels et leur rôle dans Cinétrange?

L'équipe de Cinétrange est restreinte et composé d'éléments ingérables, néanmoins fidèles, et situés littéralement aux quatre coins de la France.
Léo : le lettreux de service. Il sait tout sur tout, c'est notre maître Capello, doublé d'un Derrick, triplé d'un amateur de knacks strasbourgeoises. Il faudrait l'équivalent psychiatrique des "tout l'univers" pour faire son portrait. Il a déjà publié des recueils de nouvelles aux éditions de l'Oxymore. Il prépare actuellement la sortie d'une BD dont il est le scénariste. Ce sera sans doute le premier étudiant retraité.
Rico : adepte des grivoiseries pour adultes des années 70, il sait néanmoins s'adapter à d'autres genres mais généralement il apprécie les films les plus extrêmes. Il habite au bord de l'océan, écoute et fait de la musique qui fait beaucoup trop de bruit.
Damien : c'est celui qui travaille le moins. Les seules critiques qu'il fournit, c'est pour dire du mal d'un film en trois lignes. On sait pas pourquoi on le garde. Ah si, il nous fait une formation continue sur le rap, le hiphop, la musique 8 bits, la ghetto music et d'autres trucs pour le moins étrange. On doute encore de son existence réelle car on ne l'a jamais vu "en vrai" ! Paraît-il qu'il habite la région grenobloise.
Didier : notre contact parisien. Il va à toutes les fêtes, fait du gonzo-journalisme et rencontre des personnalités underground. Néanmoins il traverse une période baba-cool et s'interdit l'utilisation de tout produit technologique ou produit polluant.
Manu : passionné de films bis et de films anciens, c'est le Jean-Pierre Dionnet de l'équipe mais en plus sexy. Son savoir est encyclopédique et il parvient à voir tellement de films qu'on se demande quand est-ce qu'il dort. Il a choisi le sud pour s'installer.
Udéka : un mystérieux pseudo pour un rédacteur mystérieux, le plus jeune embauché de l'équipe. Il s'intéresse particulièrement aux jeux vidéos, aux animés japonais, aux films bis mais aussi aux classiques du fantastique.
Romain : il participe depuis peu à Cinétrange et livre des chroniques principalement sur le cinéma asiatique dont il est friand. Il vit du côté de Reims et fait ses propres courts-métrages au sein de l'association Varock.
Moi-même : tel un cannibale, je me nourris des goûts de mes camarades, et j'avoue n'avoir plus assez de temps pour voir tous les films que j'aimerais voir.

Quels sont vos objectifs pour l'année 2008?

Un hors-série assez ambitieux consacré au cinéma fantastique francophone est en cours de rédaction. Si tout va bien, il sortira début mars. Nous y aborderons le fantastique francophone depuis les pionniers en passant par les vétérans et puis surtout par la nouvelle génération et les espoirs (réalisateurs indépendants et amateurs).

Pensez-vous que le fanzinat est une forme de contre-culture ou une obligation économique?

Plutôt de contre-culture. Aujourd'hui, les médias s'impliquent parfois dans la distribution d'un film. Il y a des partenariats financiers. Une fois cela en place, c'est difficile d'être totalement indépendant. Cinétrange nous permet d'être vraiment libres. Mais nous disons rarement du mal des films car c'est un choix éditorial de ne pas parler des navets (les vrais, pas ceux qui sont rigolos). La critique de destruction est une chose très facile et jouissive mais n'apporte pas grand chose à l'affaire.

L'édition d'un fanzine est une lourde tâche. Comment vous-y prenez-vous pour gérer la publication et vos activités professionnelles?

C'est très compliqué. Il y a aussi la vie familiale à prendre en compte. Une bonne organisation peut généralement tout concilier. Ca marche souvent par phase. Des fois tout roule comme sur des roulettes et des fois c'est le désespoir qui guette. Nous avons un peu abandonné le format papier car il nécessite un temps fou à mettre en place.

Le développement d'Internet est il un frein, un complément, une opportunité markéting, ou la fin des fanzines de cinéma?

Il a fallu simplement gérer le tournant Internet. Aujourd'hui tout le monde est sur Internet. Toutes les sorties dvd sont publiées sur le web, toutes les infos sont centralisées. Il n'y a en fait plus vraiment de "cinéphilie underground" comme par le passé. Grâce au net, on sait tout et on peut tout se procurer. Nous essayons néanmoins d'apporte notre regard personnel et de quand même trouver des choses méconnues. Car même si tout est sur Internet, la difficulté est bien de s'y retrouver.

A combien d'exemplaire sortez-vous CINETRANGE? Celui pour lequel vous avez reçu le plus de plébiscite de vos lecteurs? Combien avez-vous d'abonnés?

Il n'y a pas d'abonnement car les sorties sont devenues irrégulières pour le format papier. Cela dit, nous avons une centaine d'abonnés à la newsletter qui est en fait l'envoi des nouvelles chroniques dans la boîte email des internautes. Pour le support papier, une centaine d'exemplaires est éditée à chaque fois. Le n°19 a particulièrement bien marché et fait la part belle au cinéma bis.

Lisez-vous d'autres revues de cinéma et/ou des fanzines consacrés au cinéma?

Assez peu. Je continue à lire Mad Movies même si je trouve le ton un peu trop "djeunz". Mais il faut avouer que je deviens un peu "vieuconz" aussi. Sinon j'aime bien les formats mini de Studio simplement pour me tenir informé de l'actu. Récemment il y a Brazil 2 qui m'a séduit même si le ton trop militant-indépendant m'agace un peu.

Propos recueillis par JLuc G, en janvier 2008
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