TRIOLLET Christophe
( 16/06/1969 )

Darkness Fanzine n-11



Darkness Fanzine n-10



Darkness Fanzine n-09



Darkness Fanzine n-08



Darkness Fanzine n-07



Darkness Fanzine n-06



Darkness Fanzine n-05



Darkness Fanzine n-04



Darkness Fanzine n-03



Darkness Fanzine n-01



C'est avec humour et un peu de nostalgie que Christophe Triollet revient sur son aventure dans le fanzinat.
Vous pouvez le retrouver sur son blog: Darkness Fanzine.

Racontez nous l'aventure de DARKNESS FANZINE ?

En fait, tout commence en 1984. Alors âgé d'une quinzaine d'années, je découvre un peu par hasard la couverture du 31ème numéro du bimestriel MAD MOVIES. Après de nombreuses hésitations générées par un article sur le cinéma bis écrit par le regretté Pierre PATTIN - présentant très sobrement les films pornographiques à connotation fantastique - j'achète finalement le magazine convoité. Je bascule alors définitivement dans la marmite du cinéma de genre. Alors que Mario BAVA, Lucio FULCI, John CARPENTER et George A. ROMERO m'apparaissent chaque jour un peu plus familiers, les coulisses des séries B et Z relayées par les critiques de Jean-Pierre PUTTERS, Marc TOULLEC et Vincent GUIGNEBERT me captivent chaque mois un peu plus.
Deux ans plus tard, je prends la décision d'écrire à mon tour. C'est dans ces conditions qu'est publié, en juillet 1986, le premier numéro de DARKNESS FANZINE. En réalité, une compilation d'une vingtaine de photocopies en noir et blanc proposant des ersatz de critiques cinématographiques sans grand intérêt. Mais le plus important n'est pas là. Le choc psychologique réside en réalité dans l'émulation suscitée par la lecture régulière de MAD et l'envie d'écrire qui en découle.
Ce n'est malheureusement ni Fiodor M. DOSTOÏEVSKI ni Théodore AGRIPPA D'AUBIGNE qui ont révélé en moi la passion de la lecture et de l'écriture pour le cinéma.

Votre dernier numéro (le 10) date de 1991. Pourquoi cet arrêt?

Effectivement, le dernier numéro de DARKNESS, publié en mai 1991, a marqué la fin d'une aventure qui dura finalement près de cinq années. Un numéro spécial dédié aux acteurs glissés dans les entrailles des monstres et merveilles du cinéma fantastique. Un hommage rendu aux mimes qui ont su donner vie à nos plus belles peurs. Un boulot plutôt rare aujourd'hui à l'ère du tout numérique. Très peu distribué, le dixième numéro ne connaît pas le succès de son prédécesseur même si MAD MOVIES songea un instant à reprendre le dossier dans ses colonnes. Malgré une ligne éditoriale se précisant et des textes de plus en plus soignés, la faiblesse des ventes et mes études de droit de plus en plus prenantes eurent raison de mon enthousiasme. Le dixième numéro de DARKNESS fut donc le dernier du siècle passé.

Vous prévoyez un retour de DARKNESS FANZINE, version papier?

Seize années plus tard, surfant sur Internet à la recherche de fanzines, je découvre le site de MEDUSA et apprends avec délectation que le fanzine créé dix-huit ans plus tôt par Didier LEFEVRE existe encore ! Je prends alors le risque - mesuré - de contacter le célèbre rédacteur en chef qui me tombe - virtuellement - dans les bras en me souhaitant la bienvenue ! Mon excitation est telle que je décide de proposer une page MYSPACE , afin de ressusciter mon fanzine. Et puis l'impensable se produit lorsque Didier m'ouvre les colonnes du 23ème numéro de MEDUSA FANZINE à paraître dans les prochains jours. J'en profite et retrouve alors le plaisir de l'écriture d'antan. Je me trouve depuis dans un état - proche de l'Ohio - où tout devient possible... Alors pour répondre très précisément à votre question : OUI, j'envisage de sortir le 11ème numéro de DARKNESS ! L'année 2011 me semble un objectif raisonnable. Son contenu ? On en parlera dans plusieurs mois, quand le projet deviendra concret. Mais la suite de l'entretien devrait vous mettre sur la piste.

Avez-vous écrit des articles pour d'autres revues ou fanzines ?

Absolument.
L'avant-dernier numéro de DARKNESS, consacré à la censure, a orienté ma passion pour toutes les questions se rapportant au contrôle des images en général et à l'industrie cinématographique en particulier. Parallèlement, mes études juridiques ont alimenté une documentation et une réflexion subséquente toujours plus importantes. Ce qui me permit de participer à de nombreux projets dans des revues légères - BEDE ADULTE avec un article sur le cinéma porno - mais aussi au sein d'ouvrages collectifs. Je pense à un numéro de la revue PANORAMIQUES de 1993 consacré aux interdits religieux - avec un papier intitulé Dieu, le sexe et le cinéma - à la revue VERTIGO publiée en 1996 - avec un article au titre évocateur Un siècle de cinéma porno - ou encore à la REVUE DE LA GENDARMERIE NATIONALE de juin 2004 avec un article sur La protection des mineurs face aux images violentes et pornographiques.
Ma prochaine collaboration sera donc pour MEDUSA avec trois ou quatre articles tournant autour du même thème.

Depuis vous êtes passionné par le droit des médias ?

Comme je viens de vous l'expliquer, le neuvième numéro de DARKNESS publié en novembre 1989 fut pour moi un véritable révélateur. Relayé par MAD et Christophe BOURSEILLER dans l'hebdomadaire 7 A PARIS, le numéro s'arrache ! Pour la première fois, le fanzine connaît un vrai succès. La commande d'un numéro par le journaliste Bernard JOUBERT - coauteur du fameux IMAGES INTERDITES et du DICTIONNAIRE DES LIVRES ET JOURNAUX INTERDITS - et l'amitié qui en naît bouleverse mon existence culturelle. Cette rencontre ancre définitivement un centre d'intérêt très marqué pour toutes les questions relatives au contrôle de l'image. Je prépare d'ailleurs un article d'actualité consacré au régime juridique du téléchargement et du streaming sur Internet qui devrait vraisemblablement être publié dans une revue très sérieuse d'ici à la fin du premier semestre 2009.

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier ?

Pour être très honnête, j'ai été très fier de pouvoir interviewer le célèbre maquilleur Dick SMITH dans un des premiers numéros de DARKNESS. Pour les béotiens, Dick SMITH est un monstre sacré du maquillage et des effets spéciaux. Né en 1922, il a participé à de très nombreux films fantastiques en créant notamment les maquillages à tomber par terre de Linda BLAIR dans THE EXORCIST en 1973. En 1984, il obtient l'Oscar du meilleur maquillage pour son travail sur AMADEUS de Milos FORMAN.
Et puis, très égoïstement, j'ai été assez content d'avoir été cité par Jean-Luc DOUIN dans son Dictionnaire de la censure au cinéma publié en 1998.

Propos recueillis par JLuc G, en mars 2009
copyright ©2006-2009 / Revues-de-cinema.net

Nota:
1_Lire l'entretien qu'il nous accordé en avril 2011.