Philippe SEVESTRE

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Le film a besoin d'un support. Qu'il soit super 8, en 16 mm, en vidéo ou en DV, le cinéma reste un art. C'est donc le même 'cinéma' que défend Philippe Sevestre avec sa Fédération française de cinéma et de vidéo.

Quelles études avez-vous suivies ? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

Des études d’histoire et de géographie à la Sorbonne accompagnées d’une boulimie de films (2 à 3 films par jour au quartier latin). Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai commencé à tâter du cinéma en super 8.

Quelle est l’histoire de la Fédération Française du Cinéma et vidéo (FFCV) ?

La Fédération, sous d’autres vocables est née en 1933, l’année de King Kong, mais aussi celle de l’avènement d’Hitler. Il s’agissait à l’époque de clubs « chics » rassemblant des cinéastes exerçant principalement des professions libérales. La Fédération française a contribué à la création de l’Union internationale du cinéma amateur (UNICA) qui a vu le jour en 1937, année de l’exposition universelle à Paris.
Après la guerre, la Fédération a repris ses activités en 1946 au moment où le festival de Cannes était lancé. Il y eut à l’époque une grande polémique au sein de la fédération car un documentariste avait présenté le même film à Cannes et dans le concours national des amateurs !
En 1950, la Fédération, reconnue comme association d’éducation populaire, reçoit l’agrément national Jeunesse et sports. De nombreux clubs et ateliers de réalisation se créent à travers la France : 250 clubs et environ 5000 adhérents. Chaque année, le concours national organisé par la fédération rassemble 5 à 600 personnes.
En 1971, la Fédération abandonne toute référence à l’amateurisme dans son sigle et s’intitule : FCFC fédération des clubs français de cinéma.
En 1987 elle devient la FFCV, l’actuelle Fédération française de cinéma et de vidéo au moment où elle enregistre la disparition de nombreux ateliers à une époque où toutes les structures associatives et collectives subissent de plein fouet la montée de l’individualisme consumériste.
En 1995, avec l’arrivée de la vidéo numérique, la FFCV retrouve un second souffle sans pour autant atteindre les effectifs antérieurs.
En 2007 la FFCV est reconnue d’utilité publique.
En 2008, elle dépose son fonds de films argentiques aux Archives françaises du film du CNC et son fonds vidéo à la régie du dépôt légal de l’audiovisuel de la Bibliothèque nationale de France. Depuis lors, toutes les vidéos primées dans les concours régionaux et dans le concours national sont déposées à la Bnf.
De nombreux vidéastes de la FFCV ont abandonné le DV classique et se lancent dans des réalisations en haute définition.

Depuis quand existe il un lien papier entre les adhérents ? C’est encore nécessaire à l’heure d’internet et des sites ?

La fédération fédère des associations et son moyen de liaison a été pendant longtemps, un bulletin officiel, aussi sévère que le JO, avec des règlements de concours, des palmarès et diverses informations juridiques. Le tirage était très limité et ne s’adressait pas directement aux membres individuels. Toutes ces publications ont eu une existence assez éphémère puis, pendant un temps, à partir de 1972, la fédération avait « squatté » quelques pages de la revue Plaisirs du cinéma.
En 1991, après la parution de plusieurs numéros d’essai, sort enfin L’Écran de la FFCV distribué par abonnement aux adhérents. C’est au départ un simple bulletin trimestriel polycopié mais il est déclaré au dépôt légal. En 1996, la formule s’améliore avec des rubriques régulières. En 1998, apparition d’une couverture en couleurs et en 2001, la revue est inscrite à la commission paritaire de la presse, ce qui suppose un changement de contenu rédactionnel : 50% d’informations internes et 50% d’informations générales sur le cinéma et la vidéo.
Donc à l’heure d’Internet, la revue reste un vrai lien avec les adhérents qui se concrétise par un routage postal très apprécié et fait l’objet d’un important service de presse auprès de diverses institutions comme la BIFI, le CNC et certains journalistes spécialisés.

Présentez nous cette revue L’ECRAN de la FFCV.

L’Écran de la FFCV est une revue trimestrielle au format A4 avec quatre pages de couverture en couleurs. Outre des informations sur la vie de la fédération et des présentations de films primés au concours national, on trouve des articles d’information sous des rubriques habituelles ; carrefour de la création, ressources (matériels, logiciels, etc.), références, notes de lecture (analyse d’ouvrages sur le cinéma et ses techniques), dossiers techniques (éclairage, la sonorisation, colorimétrie etc.). Avec une équipe rédactionnelle, très modeste, L’Écran s’efforce d’apporter à ses lecteurs des informations, souvent inédites, sur le cinéma et la vidéo.

Collaborez-vous à d’autres revues ou fanzines papier ?

Pour l’instant, j’ai commencé avec la revue Cinéscopie, par un article sur le patrimoine cinématographique généré par les amateurs.

Propos recueillis par JLuc G, en décembre 2009
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