ANDREVON Jean-Pierre
( 19/09/1937 - )

Ecran fantastique n°300



Ecran fantastique n°299



Ecran fantastique n°248



Ecran fantastique n°200



Ecran fantastique n°134



Ecran fantastique n°100



Ecran fantastique n°76



Ecran fantastique n°27



Ecran fantastique n°17



Ecran fantastique n°9



Ecran fantastique n°1

Cet artiste 'touche-à-tout' (livres, bd, musique, dessin, peinture...), passionnant et passionné, s'est sympathiquement prêté à notre questionnaire.

Alain Schlockoff, Pierre Gires et vous-même êtes depuis l’origine dans l’ECRAN FANTASTIQUE. Comment vous êtes vous rencontrés? Comment se sont passées vos premières collaborations ?

C’est bien vieux ! 1966, si je me souviens bien. Je collaborais alors à un fanzine de s-f, LUNATIQUE, édité par Jacqueline Osterrath. Ce fanzine ne contenait pas de critiques de cinéma, et j’avais demandé à Jacqueline si je ne pouvais pas en écrire. Elle m’avait répondu que ce n’était pas trop son truc, mais m’avait alors aiguillé vers un jeune homme qui venait de lancer un zine consacré au cinéma fantastique. Ce jeune homme était Alain Schlockoff, qui devait je crois avoir 17 ans à l’époque. Je lui ai donc proposé d’écrire sur certain films, ce qu’il a accepté, me publiant même quelques nouvelles et des dessins, dans les premiers numéros ronéotés à l’alcool de l'Ecran Fantastique Si je me souviens bien, mon premier travail concernait un dossier sur LA PLANETE DES SINGES. A l’époque, je n’étais pas tout à fait un novice dans la critique cinéma, puisque je l’avais exercée, étudiant, dans des publications de l’AGEG de Grenoble, dont j’étais un des responsables en 59/61 puis, à partir de 1964, dans l’édition grenobloise du PROGRES de Lyon, où j’avais été engagé comme pigiste. Dans les années 60, j’ai collaboré aussi à diverses revues de cinéma plus ou moins éphémères, comme CINEMA INTERNATIONAL. J’ai même été, une fois et une seule, au sommaire des Cahiers du Cinéma !
J’ai également créé et dirigé, entre 1966 et 68, une section du ciné-club universitaire, le Midi-Minuit, qui programmait des films fantastiques… Quelle carrière, hein?
Quant à Pierre Gires, marseillais, je ne l’ai jamais rencontré, même plus de 40 ans après. C’est la vie…

Quelle évolution a connu votre travail pour l’ECRAN FANTASTIQUE ?

Il s’en passe des choses en 43 ans !
J’ai suivi toutes les évolutions de l’ECRAN telles que vous les avez décrites, sans jamais cesser ma collaboration, plus ou moins étroite selon les périodes, avec Alain Schlockoff dont j’avais fait la connaissance dès l’année suivante, en 1967. Une collaboration qui ne va pas sans discussions épiques car ne sommes pas toujours d’accord, loin de là, sur l’opinion que nous pouvons avoir des films, Alain répondant plus au modèle du geek amateur de séries B, moi venant d’un itinéraire plus classique. J’ai également participé dès les débuts à la partie littéraire de l’ECRAN, titrée depuis les années 90 « L’ANTRE DE LA FOLIE ». Depuis une demi-douzaine d’années, j’ai même pris la direction de cette rubrique, consacrée aux critiques de livres (et à laquelle j’ai adjoint la bd), que j’assure en compagnie de Claude Ecken, lui aussi écrivain de s-f – ceci pour décharger un peu Alain de son monstrueux travail…

Vous avez aussi collaboré à POSITIF ?

J’y ai collaboré, oui, mais très partiellement, et ceci grâce à un autre critique, Alain Garsault, hélas décédé il y a quelques années. Garsault écrivait dans Positif, mais aussi dans FICTION, LA revue de science-fiction française (1954-1989), où je collaborais moi aussi, y ayant débuté comme nouvelliste, puis y ayant pris une part de plus en plus importante comme critique tous azimuts à partir de 1972. Pour les comptes-rendus de festivals notamment, Garsault ne pouvait tout assumer dans Positif, aussi m’avait-il demandé de le seconder. J’y ai aussi publié quelques papiers rétrospectifs, et puis, faute de demande, cette collaboration s’est tarie. Dommage.

Dans quelles autres revues ou fanzines ‘papier’ consacrés au cinéma avez-vous ou collaborez-vous toujours?

Du temps que je collaborais à CHARLIE MENSUEL (1974-1980 environ), j’y avais créé une rubrique titrée « Le petit dico de la SF », qui s’est arrêtée à la mort du magazine, au milieu de la lettre D. J’y écrivais aussi bien sur la littérature que la bd ou le cinéma. J’ai bien sûr donné des articles ici ou là, au hasard des demandes, mais j’en ai oublié la plupart. En 2000, un hebdomadaire d’information générale de Grenoble (une sorte d’EXPRESS régional), en pénurie de critique cinéma, m’a engagé pour ce poste. J’y livre donc une ou deux critiques de 3500 signes chaque semaine. Et puis il y a la section librairie. En 1977, en collaboration avec un certain Alain Schlockoff, j’ai publié chez Glénat un album richement illustré, 100 monstres du cinéma fantastique puis, cette année même, aux Moutons électriques, une étude titrée Les Guerres des Mondes, de Wells à Spielberg. Enfin et surtout, je travaille depuis 5 ans environs à un gigantesque (osons le mot) Dictionnaire encyclopédique de cinéma fantastique et de science-fiction, qui part de Méliès et embrasse tous les réalisateurs et tous les genres. Terminé et publié quand ? Si je le savais !

Vous publiez 3 à 4 romans ou nouvelles par an. Comment faites vous pour être aussi créatif ?

Allez savoir… C’est ma vie, mon destin. Qui, je crois, peut se résumer à deux mots : passion et organisation.

Vous activités portent sur l’écriture… mais j’ai découvert sur votre site jp.andrevon.com que vous faites aussi de la musique et de la peinture.

J’ai toujours été un créatif spontané et boulimique, et ceci depuis ma plus tendre enfance où, rentrant de l’école, au lieu de faire mes devoirs, je dessinais à l’encre de Chine de couleur des séquences de films (westerns, cape et épée) que j’avais vus dans la semaines (des dessins que j’ai toujours gardés). Car, contrairement à ce que beaucoup pensent, ma formation première n’est pas littéraire mais artistique. J’ai étudié aux Beaux-Arts, j’ai été 6 ans prof de dessin dans le secondaire. Mes premiers désirs, mes premières pulsions auraient été de devenir peintre, ou alors dessinateur de bd (Gandahar, avant de devenir un roman, puis plus tard un film, était une bd). Et c’est le seul aspect commercial qui a décidé pour moi de ma carrière principale : mes peintures ne se vendaient pas, je n’arrivais pas à placer mes bd, alors que mes premières nouvelles, mes premiers romans ont trouvé assez facilement preneurs, en 68/69. Je n’ai rien décidé, on a décidé pour moi ! Bien sûr, j’aurais aussi voulu faire du cinéma – ce qui s’est résolu en deux courts-métrages (73 et 77), en quoi se résume à ce jour ma carrière de cinéaste ! Quant à la chanson, je faisais partie de la génération des « chanteurs à la guitare » ( Brassens, Leclerc, Brel…) J’ai acheté ma première guitare à 15 ans, j’ai vite composé mes premières chansons… chantées ici ou là plus tard. Mais c’est quand même difficile de mener autant d’activités à la fois. Et j’ai attendu 2007 pour sortir mon premier CD ( le second cet automne…)

L’anticipation, la science-fiction et le fantastique sont vos domaines de prédilection. Quels jugements portez-vous sur l’évolution littéraire de ce genre ?

J’avoue en lire moins, et je reste sur mes premières admirations : Barjavel, Bradbury, Stefan Wul, mais aussi quelques grands américains découverts un peu plus tard, comme Silverberg et Farmer. Je suis un amateur de s-f classique, avec une prédilection pour les anticipations réalistes à court ou moyen terme (ce que j’écris, d’ailleurs !), celles qui empoignent l’écologie, celles qui évoquent les fins du monde. Mais je suis plus critique, et même carrément accablé, de voir que les étals de librairies, et donc le catalogue des éditeurs, sont de plus en plus colonisés par la Fantasy, genre redoutablement répétitif. Mais alors ? Si ça se publie, c’et que ça se vend, si ça se vend, c’est que les lecteurs aiment ça… Grand bien leur fasse !

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier.

Ce n’est pas dans ma nature de faire des tris ou des classements qualitatifs.
Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait parce que j’avais envie de le faire, et toujours le mieux possible. Le résultat… c’est une autre histoire. Mais c’est vrai aussi que ce qui me rend le plus heureux (sur le moment), ce n’est pas la routine mais la nouveauté, l’imprévu. Sortir une bonne chanson que personne peut-être n’entendra, faire un chouette dessin qui restera dans mes cartons me satisfait souvent plus que les grandes orgues. Bon, je suis un peu hypocrite : la parution, en 2006, de mon roman Le monde enfin, sur lequel je travaillais depuis 30 ans, ce n’était pas rien.




Si vous voulez continuer avec cet auteur, vous pouvez lire l'entretien qu'il nous a accordé en août 2010.

Propos recueillis par JLuc G, en juillet 2009
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