Foxy BRONX
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Yann, le rédacteur du fanzine FOXY BRONX n'aime pas trop parler de lui. Ce passionné de cinéma, littérature et musique afro-américain a néanmoins bien voulu se prêter à nos Questions/Réponses... sur son fanzine.
Si vous voulez en savoir plus sur la Blaxploitation, allez voir le dossier du blog: Culturopoing.

Comment êtes vous arrivé dans la critique cinématographique ?

De façon vraiment très banale, j'étais fan de cinéma bis quand j'étais ados : je prenais des abonnements aux vidéo-clubs de mon quartier pour voir le plus de films déjantés possibles, j'allais voir les projections des films sélectionnés au festival d'Avoriaz, et surtout j'étais très friand d'une revue qui s'appelait Ciné Choc, mais je lisais aussi Mad Movies, Starfix, L'Ecran Fantastique...
Avide de sensations fortes et de curiosités je me suis rapidement tourné vers l'univers merveilleux des VHS importées des États Unis, c'est comme ça que j'ai découvert mes premiers films Blaxploitation (Cotton Comes To Harlem, Hell Up In Harlem, Black Eye...). Mais malheureusement dès que j'abordais le sujet, ça ne parlait à personne donc je me suis senti un peu isolé, culturellement parlant. Comme j'aimais bien écrire j'ai donc décidé de faire un fanzine sur le sujet pour susciter des curiosités, car tout est dans la communication : le pouvoir de l'écrit comme on dit...

Vous avez créé un fanzine 'KLIMAX' dont le n°2 ne verra jamais le jour? Vous avez préféré vous concentrer sur la culture 'Black-Exploitation' en éditant le fanzine FOXY BRONX. Racontez nous cette période.

Pour le nom Klimax, rien de très original encore une fois, j'ai juste cherché un nom qui sonnait bien mais qui restait un peu généraliste par ce qu'au départ je pensais vraiment traiter un thème différent par fanzine.
C'était avant la grosse mode pour le cinéma afro 70 initiée par Jackie Brown. En France Pam Grier restait une actrice complètement inconnue du grand public, et le terme Blaxploitation n'avait pas du tout franchi nos frontières... Pour ainsi dire, Huggy Les Bons Tuyaux était la seule référence populaire en matière de cinéma soul et du coup je me suis pris au jeu en découvrant outre atlantique la véritable ampleur du mouvement blaxploitation. J'ai ainsi pensé qu'il y avait matière à faire quelque chose de bien plus conséquent... Il faut dire que c'était un créneau très original pour l'époque (ça l'est nettement moins maintenant...) donc j'ai rebaptisé le fanzine en Foxy Bronx, une identité ludique plus typée et sans équivoque aucune sur le contenu que j'allais désormais traiter...

Pourquoi après 6 numéros avoir décidé de créer 'un 'Foxy Bronx -Nouvelle génération'?

Pour l'histoire des "foxy bronx nouvelle génération"(nota: pour info ce sont juste des versions plus complètes et plus luxueuses de mes premiers fanzines qui étaient de qualité plus cheap). Ayant changé de matériel et de façon de fonctionner, ces nouveaux fanzines proposent en effet une impression en haute définition et beaucoup plus de photos à la clé par rapport aux versions des anciens numéros datant d'il y a 10 ans (le nombre de pages ayant doublé depuis). C'était donc juste pour marquer la différence entre les anciens tirages et les nouveaux qui sont en quelques sortes des "extended version" (en plus des photos ils proposent aussi quelques chroniques inédites), c'est pourquoi d'ailleurs j'ai renuméroté la série depuis le départ, les anciens numéros avaient été distribués si confidentiellement...

Écrivez-vous pour d'autres revues ou fanzines ?

Je n'écris jamais pour d'autres fanzines.
Bon certes au moment où vous me demandez ça j'ai fait une petite exception pour deux fanzines collègues qui vont sortir, mais ça va s'arrêter-là car depuis j'ai eu une autre demande de la part d'un troisième fanzine et ce n'est pas mon souhait de continuer dans cette voie-là. J'écris actuellement déjà beaucoup sur de nombreux forums et je ne suis pas avare en renseignements sur le net, donc la réponse à cette question est non, uniquement par manque de temps. Et puis je suis plutôt quelqu'un qui aime bien faire ses trucs tranquillement en solo : on n'est jamais plus libre que quand on travaille pour son propre compte...

Le rôle d’internet et de ses blogs a-t-il un effet sur l’esprit de la critique ? Le développement d’internet est il un frein, un complément, une opportunité markéting ou la fin des revues papiers ?

Pour répondre à cette question, je vous renvois texto à ce que j'avais écrit sur le forum ZoneBis il y a quelque temps, car je n'ai pas changé d'avis depuis.

» Le milieu du fanzinat papier n'est pas facile, et aujourd'hui il faut bien comprendre que ça le sera de moins en moins car l'on vit une époque où tout doit obligatoirement se communiquer à la vitesse de l'éclair et sur ce domaine le web reste définitivement le grand vainqueur par K.O., mais c'est dans le juste ordre des choses je pense. En effet nombre de vocations éditorialistes se rabattent sur internet car non seulement c'est le meilleur média pour toucher une large audience et communiquer sur l'actu' en direct mais surtout c'est le seul outil journalistique qui permet un véritable échange en temps réel avec les autres.
On voit très bien d'ailleurs que le support papier est en crise, car les rares livres consacrés au cinéma bis qui sortent sont de moins en moins chers et de plus en plus luxueux pour attirer le client, donc le fanzine obligatoirement avec tout ça, il ne peut avoir que du mal à lutter et séduire un large public. Ceci étant dit je suis certain qu'il y aura toujours des irréductibles qui arriveront encore à produire des choses incroyables avec une qualité de tirage exceptionnelle et un prix très modique dans le milieu du fanzine papier et ces talents là auront toujours de fidèles lecteurs. De toute façon plus que le support ou l'outil de promotion, ce qu'il faut retenir de positif aujourd'hui c'est qu'on a jamais autant communiqué sur les sujets qui nous intéressent, il suffit de parcourir le web pour s'en convaincre... Internet change la donne car il reste une mine d'informations précieuses quand on a besoin d'une information immédiate mais surtout la toile est très ludique, au niveau interactivité le fait de pouvoir créer un site avec une identité forte, de mettre des vidéos en ligne, du son sur les pages, de créer des ambiances, des animations, à ce niveau-là il n'y a pas d'équivalent avec le support papier, mais le problème c'est que tout cela reste du 100% virtuel donc il faut adhérer avec ce principe c'est sur... C'est pourquoi pour les vieux de la vieille et les collectionneurs puristes il n'y aura je pense jamais rien de mieux qu'un bon vieux magazine, livre, fanzine, surtout si les mises en pages sont terriblement chiadées et l'iconographie abondante...
Je pense qu'il y a un peu le même débat aujourd'hui avec le déclin du CD et du DVD, il y a simplement une nouvelle génération de consommateurs qui n'a pas grandi avec le culte de l'objet culturel, qui a envie de se sentir libre, qui n'a pas envie de se faire envahir à la maison mais qui en contrepartie est très demandeur de gadgets technologiques du genre I-Pod & cie, du coup toute la culture est numérisée aujourd'hui. Web et fanzine papier ça reste deux supports très différents et très complémentaires de toute façon, l'idéal quand même pour un fanéditeur c'est donc de trouver le temps d'occuper les deux créneaux, ce qui reste très difficile avec les vies de dingues qu'on mène. Bref il faut avoir des copines très tolérantes ou rentrer dans les ordres...
»

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier.

Le truc dont je suis le plus fier, difficile à dire... Plus qu'une action, ça serait peut être plutôt une rencontre de fan qui remonte à loin maintenant : c'est une dédicace que Jack Hill (réalisateur de Coffy et Foxy Brown) m'avait griffonné sur mon tout premier fanzine (dont il m'avait d'ailleurs demandé un exemplaire). Il faut dire que c'était mon dieu à l'époque, j'étais un inconditionnel de son film Switchblade Sisters.
Sinon pour répondre plus généralement à la question : avoir la possibilité de faire des choses qui soient ludiques, quelque soit le support (papier, internet, vidéo...), c'est toujours très gratifiant. L'essentiel c'est la communication quelque soit les moyens employés, au final je pense qu'on en retire toujours non seulement une certaine fierté mais aussi surtout beaucoup de plaisir...

Propos recueillis par JLuc G, en janvier 2009
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