André QUITAINE pour GRAUSAM ROUGE.

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Après un numéro 1 expérimental, André Quintaine nous propose un n°2 entièrement consacré à Hellraiser II. Outre la qualité des photos, l'originalité de cette parution réside dans le 'multi-langue': Français, anglais, allemand, italien et espagnol.

Lors de notre dernier entretien (en 2008), vous nous confiiez cumuler trop d'activités. C'est sûrement la raison pour laquelle le n° 36 de Sueurs froides était co-dirigé avec Eric Peretti ? Ce numéro anniversaire a bien marché ?

Il a en effet très, très bien marché. J'ai envie de dire heureusement d'ailleurs car l'équipe a vraiment très bien travaillé. Si ce numéro était passé inaperçu, cela aurait été vraiment triste. Et oui, il a été une réussite sur tous les plans. Nous avions prévu quelque chose de nouveau pour sa distribution puisque nous l'avons sorti en pdf et en format papier. Les gens pouvaient télécharger Sueurs Froides 36 en pdf et ils avaient quelques semaines pour pré-commander leur numéro papier. Du coup, tout le monde était content. Ceux qui ne voulaient pas l'acheter pouvaient le télécharger et les amoureux du papier pouvaient tenir le magazine entre leurs mains. Quand on est indépendant, on peut se permettre de faire plaisir à tout le monde, c'est l'un des gros avantages du statut.

Depuis quelques années, ne trouvez-vous pas que le fanzinat cinématographique reprend des couleurs

En effet. Cela a été plutôt morose au début de l'Internet mais beaucoup reviennent au papier. Ça se comprend car on est dans un marché de niche et il y aura toujours 100 ou 300 personnes pour acheter des fanzines. En outre, nous sommes vraiment gâtés car les fanzines qui existent actuellement sont tous très différents les uns des autres. Mais la période de vache maigre que nous avons vécue et l'embellie que nous connaissons actuellement ne doivent cependant pas nous faire oublier que nous avons beaucoup de chance. Personnellement, je pense que nous, geeks, fans et autres consommateurs de produits indépendants, devrions essayer, dans la mesure de nos moyens, de soutenir cette vague. Pas forcément en achetant tout ce qui sort, mais au moins en en parlant autour de nous et en étant positifs et encourageants, de sorte que ça ne s'arrête pas.

Vous venez de vous lancer dans une nouvelle aventure avec GRAUSAM ROUGE. D'abord pourquoi ce titre ?

Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, je suis d'origine allemande et j'ai toujours vécu en France. Du coup, je voulais un titre qui emprunte aux deux langues, tout en donnant une indication sur l'orientation du magazine. Grausam signifie cruel, horrible, etc en allemand. Même si on ne comprend pas ce que cela veut dire, je pense que la prononciation et l'orthographe du mot évoquent tout de même quelque chose de plutôt inquiétant ;-)
Ensuite, je tenais à ce que le magazine soit polyglotte. Par conséquent, je ne voulais pas d'un nom qui fasse référence à une seule langue, de sorte que quand on lit le nom du magazine, on ne sache pas de quelle origine il est. Pour terminer, Grausam Rouge est le nom d'un projet d'édition que nous avions en tête Colin Vettier, scénariste de Ouvert 24/7, et moi. Nous ne l'avons pas finalisé et je trouvais dommage que ce nom tombe dans les oubliettes car je le trouve très percutant.

Chaque numéro sera consacré à un film ? Vous avez des films que vous aimeriez sortir sur papier glacé ?

Avec Internet, nous sommes noyés sous les images, mais ce sont souvent les mêmes et elles sont rarement de très bonne qualité. Avec Grausam Rouge, nous avons voulu offrir aux collectionneurs et aux fans de films d'horreur un document qui permette de consulter des images rares et originales, reproduites en très grande taille sur du papier de belle qualité. Toutes les images proviennent de jeux photos ou de photos de presse originales et sont collectées aux quatre coins du monde. Comme je l'ai lu sur un site, ce que nous voulions, c'est que Grausam Rouge en mette plein la vue.
En ce qui concerne la sélection des films que nous souhaitons traiter, elle est totalement soumise à mes goûts. Lorsque je travaille sur Grausam Rouge, je me replonge dans ma jeunesse. C'est une activité très égoïste finalement.

Une idée originale, la traduction des textes en plusieurs langues dans un même numéro. C'est un concept qui vous tient à cour. Vous auriez pu produire le même numéro dans plusieurs langues. Pourquoi ce choix de langue ?

Je pense que le texte est intéressant. Il est très court et se veut très informatif. Toutes les infos sont puisées dans des documents datant de la sortie du film. Malgré tout, Grausam Rouge est avant tout un ouvrage dédié à la publication de photos d'exploitation du film. Il me semblait totalement injuste de le destiner à une seule nationalité de cinéphiles. D'autant plus que je connais des personnes de diverses nationalités toujours partantes pour participer à des projets intéressants, indépendants et qui sortent des sentiers battus. C'est vrai que l'on aurait pu faire un exemplaire du magazine par langue mais cela aurait été difficile à gérer au niveau des stocks. Un magazine avec les 5 langues ensemble, c'est plus simple et ça renforce le côté « solidarité internationale ». Cinéphiles de tous pays. ;-)

Vous avez choisi un rythme de parution ?

Nous avons déjà les textes et les photos pour 4 ou 5 numéros car au début nous étions partis sur un numéro tous les 4 mois. Finalement le rythme de sortie va sans doute être modifié pour devenir plus aléatoire et les numéros prévus s'étaleront sur 2012/2013.
Le "problème", c'est que nous avons beaucoup de projets en cours avec Hantik Films, et ce dans plein de domaines différents. Il y a la Scare-ific Collection bien sûr, mais nous travaillons également sur des coffrets, une autre collection de films et encore un autre ouvrage sur le cinéma. Si l'on veut correctement valoriser tous ces projets, il faut leur accorder du temps. Et comme d'habitude, nous avons été trop enthousiastes. L'objectif, dès septembre ou octobre, sera de sortir un produit tous les deux mois. Ce sera déjà bien. Après on verra pour le rythme de sortie de Grausam Rouge.

Parlez-nous de cette société d'édition Hantik Films.

Ce qui est "amusant", c'est qu'Angélique et moi avons créé Hantik Film au début comme une sorte d'antithèse de Sin'Art. Hantik Films n'est pas une association, c'est une entreprise et son objectif est donc de faire des. profits !
Maintenant que plusieurs mois se sont écoulés depuis les sorties de nos deux premiers DVDs, Black Dragons et The Death Kiss, nous pouvons dire que cet objectif ne sera sans doute. jamais atteint !
Les projets que nous voulons mettre en place, y compris ceux qui vont arriver prochainement, sont vraiment très spécialisés. Le public cible est donc terriblement réduit. En outre, nous voulons soigner nos produits pour que chacun soit le plus beau possible, ce qui demande du temps. Pour rentabiliser tout ça, il faudrait vendre à grande échelle, ce qui semble difficile.
Malgré tout, les chiffres des ventes attestent qu'un marché de niche existe pour nos produits et les retours que nous avons reçus sur les forums, les sites et la presse sont également très encourageants. Nous avons donc pris en compte tout ça et sommes arrivés à la conclusion que nous allions laisser tomber l'objectif premier d'Hantik Films ;-) Finalement, nous préférons faire de beaux produits dont nous pouvons être fiers même s'ils n'intéressent que les cinéphiles, quittes à être payés sous le smic ;-)
De plus, il faut savoir que tout cela ne serait pas possible si nous n'étions pas aussi bien épaulés. Hantik Films, c'est une équipe composée d'une vingtaine de personnes. Tous sont conscients des difficultés de monter et de faire prospérer un projet indépendant. Ils font tous beaucoup d'efforts pour que la boutique puisse fonctionner. Ensuite, il y a les magasins qui acceptent de prendre nos produits et de les présenter à leurs clients. Nous avons également été gâtés par les sites internet et la presse qui se sont intéressés à nos DVDs pour en faire l'écho dans leurs médias, sans compter les salles et festivals qui acceptent de distribuer nos flyers. À l'heure où nous croulons tous sous la multitude de produits à consommer, il y a toujours un risque de passer inaperçu. Et terminons par le public. C'est lui au final qui va décider de la poursuite de nos activités en achetant ou non produits.
Nous sommes en juin et nous avons déjà sorti trois produits, Black Dragons, The Death Kiss et Grausam Rouge #1. À la rentrée, deux nouveaux produits sortiront et nous commencerons alors sérieusement l'aventure. Nous vous remercions par avance de votre soutien ;-)



Nota: Vous pouvez lire l'entretien avec André Quintaine qu'il nous a accordé pour Sueurs froides.


Propos recueillis par JLuc GAIGNEPAIN, en juillet 2011
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