Jean DEPELLEY
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Début 2007 paraissait le premier numéro de METALUNA. Comment s'est organisée sa conception?

Tout d'abord, il me semble important de dire que Métaluna, le magazine, est le prolongement éditorial de la défunte revue Atomovision, lancée il y a une quinzaine d'années par Fabrice Lambot et à laquelle j'ai collaboré dès le premier numéro (même si mon article sur Les yeux sans visage a été piraté et signé par une tierce personne dont nous tairons le nom par charité). Après la disparition d'Atomovision (6 numéros quand même !), nous disposions d'un inventaire d'articles et d'interviews non publiés.
À cette époque, mes amis Fabrice Lambot et Jean-Pierre Putters venaient de monter Metaluna Productions, une structure ayant pour but de produire des films (ce qui explique l'arrêt d'Atomovision par manque de temps).
Au tout début, Metaluna Productions était une association, puis, avec le développement de Dying God, c'est devenu une société... Bref, tout cela pour dire qu'il était judicieux de créer en parallèle une revue visant à promouvoir à modeste échelle nos efforts cinématographiques, en plus de traiter du cinéma qui nous intéresse... C'est Fabrice qui a baptisé la revue, en hommage à l'un des plus grands films de SF de l'écran : Les survivants de l'infini (auquel un dossier est consacré dans Métaluna 1). Comme Fabrice était très occupé sur ses films, il m'a tout simplement demandé de reprendre le flambeau de rédacteur en chef. J'ai donc créé une association de type 1901 (Cinéfil du Temps) et me suis mis au travail. Ainsi naissait Métaluna ! À titre d'anecdote et pour montrer la filiation évidente entre Atomovision et Métaluna, il existe une maquette de couverture d'Atomovision 7, au visuel étrangement proche de la couverture de Métaluna 1... Métaluna 1 reprend donc la même équipe : Fabrice Lambot, Jacques Lejemble, l'ami commun qui nous a présentés il y a une quinzaine d'années (et accessoirement l'un des plus grands collectionneurs de cinéma de genre en France) et moi. Ce premier numéro en noir et blanc fut mis en page par Aymeric Mazaud. Un nouveau venu d'importance y fait ses débuts : Fabrice Maintoux, alias Dr. Freakman X, qui s'occupe désormais avec brio de l'aspect visuel de la revue et créer les montages épatants qu'on peut y voir. Jean-Pierre Putters, quant à lui, a prodigué d'importants conseils sur la tenue de la revue. Nous ne pouvions pas mieux espérer de l'illustre fondateur de Mad Movies ! D'une façon générale, on peut dire que Métaluna réunit une bande de copains animés par la même passion...

Vous aviez déjà collaboré à d'autres revues ou fanzines consacrés au Cinéma?

Oui... Au milieu des années 80, je faisais partie d'une bande d'allumés, fondus de littérature populaire américaine (Robert E. Howard, E.R. Burroughs, Lovecraft...) et de comics US qui œuvraient sur une radio locale. L'émission s'appelait "Les Grands Anciens" et y participaient des gens comme Patrice Louinet, spécialiste mondial de Howard, ou Etienne Barillier, ayant récemment écrit sur Fantômas... Pour ma part, je m'occupais du Ciné-Club des Grands Anciens, diffusant régulièrement des classiques du genre dans une petite salle privée de la ville et écrivant les dossiers accompagnant lesdites projections... J'y ai fait mes premières armes. Ces dossiers sont aujourd'hui rarissimes, car tirés à quelques dizaines d'exemplaires seulement... Puis vint Atomovision et ses 6 numéros (tirés glorieusement à 350 ex. !), en parallèle de quoi, j'ai collaboré à un numéro de Monster Bis de l'ami Norbert Moutier (un spécial Jean Rollin). Sinon, en dehors du cinéma, j'écris sur la BD (en France , notamment pour Strange et Comics Culture... Aux USA, pour The Jack Kirby Collector)...

Quel a été le sujet de votre première critique de cinéma ?

Un texte enflammé sur The Most Dangerous Game de Schoedsack et Cooper ! L'un de mes films préférés (avec King Kong, bien sûr !), sorti dans l'un de ces vieux dossiers des Grands Anciens... J'y mettais en évidence l'aspect "bondage" du film, très lié à la culture pulp des années 30... J'ai voulu réexploiter ce texte il y a quelques temps, mais n'ai pu retrouver le dossier en question... Il est quelque part avec les Grands Anciens, perdu "dans l'abîme du temps"...

Votre dernier numéro (le quatrième) vient de paraître. Il est plus 'professionnel' (tout en couleur). Comment avez-vous abordé ce passage ?

En fait, le réel changement s'est produit à partir du numéro 2, quand la maquette est passée entre les mains d'ID Studio, une remarquable agence de pub de Limoges. À partir de ce moment, Bruno Béziat et Gwenaël Jacquet ont commencé à délirer sur les mises en page et nous avons eu des cahiers couleurs. Ces deux numéros ont coûté assez cher à l'impression.
Métaluna dispose aujourd'hui d'un site avec vente Paypal (www.metaluna.fr) et d'une bonne publicité dans la presse spécialisée (merci à elle !). Malgré tout, les petites revues sur le cinéma ne disposent pas de véritables distributeurs et nos ventes plafonnent pour le moment à 400 - 500 exemplaires. C'est donc pour des raisons économiques que nous avons décidé de changer le format A4 pour un A5, moins coûteux. Mon ami Reed Man, le rédacteur en chef de Strange, m'a convaincu il y a quelques mois de la nécessité d'un tel changement et Strange et Métaluna ont conjointement adopté le format A5. Malgré tout, je souhaitais que le lecteur n'y perde pas au change. Par conséquent, le numéro 4 est très dense et dorénavant tout en couleur ! Dès le premier numéro, nous avons fait le pari de la durée et opté pour un tirage de 1000 ex. Pour des raisons éthiques, nous désirons également faire travailler les entreprises locales. Ce sont des choix souvent plus onéreux, mais nous avons trouvé en contrepartie beaucoup de bonne volonté et reçu des aides de la région Limousin... Pour conclure, malheureusement je ne pense pas que nous soyons parvenu à ce jour au stade "professionnel" dont vous parlez. Malgré nos efforts, personne à la rédaction ne vit de la revue et notre périodicité est encore à géométrie variable... Long is the road... Mais on y travaille !

Quels sont vos collaborateurs pour METALUNA? Comment travaillez- vous ensemble ?

Je les ai déjà cités plus haut... Fabrice Lambot, Fabrice Maintoux, Jean-Pierre Putters, Marc Bruimaud, Marcel Burel. Des noms qui rappellent - pour certains - bien des souvenirs aux habitués du cinéma bis ! Des nouveaux sont venus les rejoindre : Didier Dupuy, spécialiste du cinéma russe, Luc Amimer, Charles-Édouard Mandefield... Les maquettistes Bruno Béziat et Gwen Jacquet font également partie de l'équipe créatrice.
Tout le monde écrit d'abord par envie. Je laisse les collaborateurs faire ce qu'ils veulent... Jusqu'à présent, on a dû s'adapter, en cherchant a posteriori une logique éditoriale. À partir de maintenant, nous allons essayer de trouver un thème, une couleur, pour chaque numéro... Prévoir un peu à l'avance, en laissant toujours aux auteurs leur plaisir, leur liberté de ton... De toute façon, Métaluna ne paye pas ses auteurs et ne pourrait pas survivre à un rédacteur en chef psychorigide ! Alors, même si la cohérence éditoriale du numéro en souffre un peu, tant pis... En tout cas, les articles des nouveaux venus sont toujours bien accueillis. Nous avons instauré une nouvelle rubrique intitulée "La critique du lecteur" dans le numéro 4... Par contre, je me donne le droit de "lisser" les textes qu'on me soumet. C'est du travail en plus, mais nécessaire à la bonne tenue de la revue. Les jeunes auteurs doivent l'accepter...
Le 5 sera un spécial King Kong et j'aimerais faire d'autres numéros spéciaux... En tout cas, le sommaire sera toujours 2/3 ancien et 1/3 nouveauté. Nous ne souhaitons pas rentrer en concurrence avec des revues comme L'Écran Fantastique ou Mad Movies, qui traitent beaucoup mieux que nous de l'actualité. Nous n'y résisterions pas ! Ces magazines sont à Paris, ont accès à toutes les avant-premières et ont une force de frappe qui n'a rien à voir avec la notre... J'aime les dossiers thématiques tels qu'on les lisait dans Fantastyka (ceux de Pierre Gires, notamment). Il reste tant de points à aborder ! Je voudrais parler des Zorro européens, des super-héros italiens, des Robin des bois, des films de jungle, de la Shaw Brothers... Plein de choses, donc !

Vous êtes le scénariste de 2 films : " Le sang du châtiment " (2005) et " Dying God " (2008) de votre ami Fabrice Lambot. Racontez-nous cette aventure.

Depuis plusieurs années, je fais en parallèle des scénarios de BD (Mégasauria et Galaxy Green pour Strange, Neige Rouge...). Je traduis aussi des comics en français et suis un gros lecteur, passionné de Dumas, Jules Verne... Quand Fabrice a écrit Insanity, son premier court, il m'a pris comme lecteur. J'en ai été touché. Et même si je n'ai rien eu à redire sur cette histoire "au cordeau", nous avons à partir de là pris l'habitude d'échanger nos idées d'histoires. Jeunes et inconscients, nous avons ensuite co-écrit un script pour un long métrage de Fantômas ! Rien n'en sortira probablement jamais, vu les problèmes de droits liés au personnage, mais nous avons pu mettre au point une technique de travail... qui a abouti à un second projet, intitulé Le Pénitent, que Fabrice et moi rêvons de tourner un jour... Notre méthode de travail est souvent la même : Fabrice voit des images et j'apporte structure et personnages. À cela s'ajoute l'indispensable collaboration graphique du Dr. Freakman X (affiches, designs, storyboards)... Quand Fabrice a trouvé les capitaux pour faire Le sang du châtiment, j'étais donc son partenaire logique... Depuis, nous avons travaillé sur une petite dizaine de projets qui, espérons-le, s'incarneront un jour sur les écrans... Fabrice et moi aimons les mêmes choses (livres, films, BD...) et nos familles sont assez proches. Bref, c'est un plaisir de travailler avec ses amis !

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier ?

D'un point de vue scénaristique, concernant Dying God, je suis content de certains enchaînements dans l'histoire, d'idées farfelues... comme l'attaque des nonnes par le Kurupi, le fait que Fallon soit stérile (comparé au monstre hyper fertile)... Mais notre plus belle histoire reste à tourner... et s'appelle Le Pénitent.
Une autre grande fierté a été pour moi (et certainement aussi pour Fabrice Maintoux) d'aider notre ami Jean Rollin sur le tournage de La nuit des horloges. Pour nous remercier, Jean nous a fait figurer dans son film, affublés de masques d'oiseaux ! J'ai donc mon nom sur IMDb !
Concernant la revue Métaluna, le dossier sur les Tarzan européens est un Graal personnel. C'est ma contribution à l'œuvre de Burroughs que j'admire tant, mon hommage sincère et respectueux au travail admirable de Francis Lacassin (qui nous a malheureusement quitté en août) sur le roi de la jungle. J'ai mis près de vingt ans à réunir tous ces films...
L'article sur les films russes de la course à l'espace dans Métaluna 4 (en collaboration avec Didier Dupuy et Luc Amimer), qui fait lui-même suite à un dossier sur Planeta bur paru dans Atomovision 5 est une autre de mes fiertés. J'ai l'impression d'avoir bouclé la boucle dix ans plus tard ! Mais j'aime à penser que le meilleur dossier reste toujours à écrire...

Propos recueillis par JLuc G, en novembre 2008
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