Mickaël GUEYDON

Miroir noir n°1



Miroir noir n°1



Miroir noir n°1



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Miroir noir n°1



Miroir noir n°1



Miroir noir n°1



Miroir noir n°1



Miroir noir n°1

Quelles études avez-vous suivies ? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

Etudes de lettres. Mais qui n'ont pas répondu à mes goûts, trop orientées littérature classique. Je n'ai découvert un type de cinéma qui m'intéressait que relativement tard.

En février 2010, vous concevez le n°1 de Miroir noir. Pourquoi cette compilation d'articles rares. ?

D'abord, il ne s'agit pas d'articles rares (d'autres le seront peut-être par la suite comme par exemple des traductions d'articles japonais). Vous faites sans doute allusion au fait de mettre par écrits des entretiens que l'on trouve dans les bonus DVD. Certains éditeurs DVD proposent des documents d'une richesse incroyable et le fait de les transposer sur un format papier en donne une autre approche du fait que l'on peut s'arrêter sur les paroles sans avoir à appuyer sur pause. Il ne s'agit bien évidemment pas de privilégier le format papier au détriment de l'image, ce sont des médias différents qui ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients.
Compiler des articles, oui, ma voix quelque soit sa valeur n'est pas la seule, tout ce qui vaut d'être connu doit être dit et redit. On peut toujours dire que cela est subjectif, mais quand même. Telle phrase parlait, je veux dire qu'elle exprimait une émotion, un état vrai pour la plupart des gens et aujourd'hui elle résonne encore en nous. Il y a des phrases puits, ou des phrases gouffres si vous voulez qui seront toujours une vérité à l'homme parce qu'elles ont su capter quelque chose d'éternel et d'essentiel. En ce qui concerne les articles c'est la même chose, peu importe la date, ils énoncent une vérité sur l'homme qui ne se périme pas et cette vérité même si j'ai du mal avec ce mot, disons cette image se transmet tel un talisman, compilation d'articles rares dans ce sens.

La littérature, le cinéma et la musique forment un trio artistique passionnant. mais vous ne cherchez pas particulièrement à les lier (livres adaptés au cinéma, musiques de films. par exemple). Comment choisissez-vous les thématiques abordées dans ce fanzine ?

Première chose : je ne cherche pas à lier ce qui est lié par nature. Lier psychédélisme, surréalisme et cinéma bis me parait aller de soi et peut-être que cela forme un sens et un tout uniquement pour moi mais je crois que regarder des films gothiques des années 70 et ignorer les romans noirs, par exemple Le Château d'Otrante de Walpole ou Les Elixirs du Diable d'Hoffmann ou encore ignorer les écrits de Francis Lacassin, ce serait passer à côté de quelque chose. Je ne dis pas qu'on ne peut pas aimer les films de Jess Franco sans connaître Clovis Trouille mais il y a des passerelles, des rapports à établir et pour moi le surréalisme et le psychédélisme sont des axes par lesquels il faut passer afin de mieux apprécier certains films parce que ceux-ci mettent en lumière une machinerie de l'inconscient qui agit comme une thérapeutique pour l'âme et qui continue d'agir longtemps à notre insu contrairement à beaucoup de films dit d'auteur qui se gargarisent de bonne morale ou de références. Chacun bien évidemment peut associer telle musique à tel film ou tel livre à tel tableau selon sa culture et ses goûts. En tout cas pour moi le psychédélisme est lié à l'oubli, au fait de sortir de soi et le cinéma que je trouve bon - le cinéma bis pour aller vite- est celui qui me fait sortir de moi, il est celui qui change ma perception du monde, qui modifie mes appuis. Trop de critiques s'accrochent à la toute puissance de la raison, au déjà-vu, à la démonstration, ils s'imaginent bêtement qu'un esprit libre ne peut que se perdre mais c'est oublier que tout chemin de hasard débouche sur des coffres enfouis sous les ronces. Alors définir ce lien c'est montrer le lieu ou l'esprit n'a que faire des conventions et d'une morale puritaine ou gravée dans le marbre qui n'est qu'une impasse et une imposture, c'est montrer ce qui ne se lie à rien d'attaché et d'emprisonné. Et cela peut revêtir les formes les plus diverses : je parle de cinéma bis , de surréalisme et de psychédélisme mais ce ne sont que des étiquettes, il y a bien d'autres territoires où la liberté créatrice apparut et apparait. Il n'y a pas d'art pur et le cinéma bis est lié à tout ce qui se veut libre et pour tout dire flottant. A nous de poser quelques balises

Avez-vous eu des collaborateurs pour réaliser ce numéro?

Non, aucun. Mais j'espère qu'il y en aura pour les suivants.

Vous citez dans la préface de nombreux fanzines. Vous appréciez ce type de littérature?

Oui, il y a quelque chose d'électrisant et de soulevant que je ne trouve nulle part ailleurs, sans doute parce que s'y exprime ce qui n'est contraint par aucune ligne éditoriale, je veux dire qu'un fanzine ouvre et déplie toujours le flamboiement d'une pensée, d'un point de vue. Que l'on soit d'accord ou non avec cette pensée peu importe. De toute façon même si le terme de cinéma bis peut prêter à confusion, ce qui était bis hier ne le sera peut-être pas demain, mais le fanzinat est par définition bis, c'est-à-dire en marge et la marge est le prétexte à tous les excès ce qui suffit à défendre ces productions. L'excès, ce qui va trop loin montre le chemin et il faut savoir oublier nos propres expériences, les leçons apprises pour se confronter à ce qui nous dépasse ou nous interroge afin de voir toujours plus nette l'image du monde.

Le développement d'Internet est il un frein, un complément, une opportunité markéting, ou la fin des fanzines de cinéma?

Internet est un média et comme tous les médias, il a ses avantages et ses inconvénients.
En tout cas, il ne signe pas la mort du fanzinat. Le fanzine a ceci d'unique qu'il peut tout se permettre et à l'heure où l'on veut brimer la connaissance, je pense à la loi Adopi, il propage ou du moins peut propager un vent suffisamment frais et fort qui ne s'embarrasse pas de contraintes telles que le plagia, le vulgaire, l'incompréhensible ou le bizarre. Internet et le fanzinat sont deux moyens d'expressions intéressants et différents. Et chacun, à mon avis, se nourrissent l'un de l'autre.

Vous collaborez à des sites Web? Miroir noir donnera t-il lieu à un site ?

Je ne collabore pas avec des sites web.
Un site Miroir Noir ? Un ami est penché sur la question. J'attends.

Vous avez d'autres projets cinématographiques pour 2010 ?

Non, à moins que le hasard, cette loi qui voyage incognito ne m'oriente ailleurs que sur le n°2 .

Propos recueillis par JLuc G, en mars 2010
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