LES MONSTRES DE LA NUIT
Entretien avec Eric ESCOFIER
daté du 10-12-2007


n°10 (octobre 2008)

C'est avec passion et naturel qu'Eric Escofier a bien voulu se préter au jeu des questions/réponses.

Quels étaient vos objectifs à la création des Monstres de la nuit?

Mon premier objectif tout d'abord était de reprendre la plume mais à mon compte. Depuis un an j'écrivais pour "FANTASTICORAMA" de Jérome Pottier et "Hammer For Ever" de Didier Lefevre! C'est vrai que c'est grâce à eux que j'ai voulu recréer mon propre zine mais sous une autre forme! Depuis l'arrêt définitif de "TENEBRES" qui avait pris fin en Octobre 1991 avec le N°27, je ne voulais pu écrire car je voyais bien que le fanzine périclitait alors que durant les années 7O il était à son apogée avec plus d'une trentaine de fanéditeurs!!!! Donc en 1999 j'ai crée "LES MONSTRES DE LA NUIT" qui cette fois-ci se présenterait sous la forme d'un collector annuel. Mon deuxième objectif était de faire aimer et découvrir le vieux cinéma à une nouvelle génération.

Quelles étaient les personnes à l'origine de cette revue et leur rôle?
Quelles sont vos collaborateurs actuels et leur rôle dans les Monstres de la nuit?

J'ai créer "TENEBRES" seul! Je n'ai jamais voulu m'associer avec quelqu'un d'autre! De temps en temps un ami m'écrivait un article susceptible de m'intéresser! Je pense à Michel Fenioux et à Gérard Tardos décédés malheureusement tous les deux à la fleur de l'âge, qui ont été les deux seuls rédacteurs.
Pour les "MONSTRES DE LA NUIT" je travaille seul, ce qui me permet de faire des dossiers qui me plaisent et surtout de parler sans commettre des bourdes cinématographiques comme certains dont je ne citerai pas les noms qui avaient la prétention de parler d'un film sans l'avoir jamais vu!!!!

Quels sont vos objectifs pour l'année 2008?

Mes objectifs pour 2008 seront de défendre toujours ce cinéma bis et à le faire aimer à ceux qui le découvrent.

Pensez-vous que le fanzinat est une forme de contre-culture ou une obligation économique?

Je ne pense pas que le fanzinat soit une forme de contre-culture. Je crie tout fort que lorsqu'on veut défendre ce que l'on aime, il faut savoir de quoi on parle. Je pense à des copains comme Norbert Moutier (MonsterBis), au regretté Pierre Charles (Ciné Zine Zone) ou Thierry Olive (Le Styx) qui ont conçus des zines irréprochables, de véritables bibles cinématographiques! Au contraire dans un Zine vous apprendrez encore plus sur un acteur ou un metteur en scène qu'en lisant une revue professionnelle qui ne survolera que l'essentiel! Le fanéditeur va au plus profond de son coeur! Faire un Zine c'est un peu comme créer un être humain de toutes pièces! Ce sont des heures de recherches et d'écriture!

L'édition d'un fanzine est une lourde tâche. Comment vous-y prenez-vous pour gérer la publication et vos activités professionnelles?

Oui je serai un menteur en vous disant qu'il est facile d'éditer un fanzine! Comme je le disais à précédemment, ce sont des heures de travail. Il faut visionner les films dont on parle, en faire la critique, rechercher les éventuelles photos et pavés de presse! Avant il fallait se déplacer à la bibliothèque municipale et consulter des centaines de livres! Maintenant grâce à Internet on tape un nom et vous avez tout sous les yeux! Là on s'aperçoit que l'ordinateur est un excellent outil de travail et de nombreuses heures économisées! Ceci-dit pour "LES MONSTRES DE LA NUIT", je met 9 mois pour le faire: Heureusement que je ne sort qu'un numéro par an! Quand je pense qu'avant avec "TENEBRES", 3 N° paraissaient dans l'année! Mais j'avais beaucoup plus de temps....A l'époque j'étais musicien professionnel donc j'avais la journée devant moi. Aujourd'hui le travail étant très dur, je fais en plus un petit boulot à côté. Et puis il ya mes collections d'affiches, mes expositions et les achats sur E Bay.... Tout celà me prend du temps....

Le développement d'Internet est il un frein, un complément, une opportunité markéting, ou la fin des fanzines de cinéma?

Je ne pense pas qu'Internet soit un outil qui puisse faire du mal au fanzinat! Bien au contraire, si l'on sait s'en servir intelligemment comme je l'ai dit au dessus, il est un agréable outil de travail. Bien sûr il y a des fanéditeurs qui éditent leurs propres zines sur des sites! Mais je pense que pour le collectionneur, l'amoureux du cinéma, c'est d'avoir entre ses mains le papier et en savourer les pages! Le virtuel c'est autre chose. Je ne critique pas, car j'écris depuis des années pour SUEURS FROIDES qui paraît maintenant sur Internet. Donc il y en a pour tout le monde!

A combien d'exemplaire sortez-vous Monstres de la nuit? Celui pour lequel vous avez reçu le plus de plébiscite de vos lecteurs? Combien avez-vous d'abonnés?

Je n'ai pas le chiffre exact du tirage des MONSTRES DE LA NUIT vu que une très grand partie de l'impression est faite par SIN ART, vu que c'est eux qui s'occupe de la vente de mon Zine. Moi je n'ai que les abonnés qui se montent à une cinquantaine, ce qui est pas mal de nos jours. Enfin sachez que pour "TENEBRES" j'en comptais 15O... J'ai été étonné par le nombres d'exemplaires vendus du N°7 dont le dossier était consacré au personnage mexicain : SANTO! J'avais sorti ce numéro en hommage au décès de mon ami Pierre Charles qui adorait ce vengeur masqué et j'ai été étonné de voir que beaucoup de jeunes gens s'intéressaient à ce mythe qui était totalement oublié de nos jours...

Lisez-vous d'autres revues de cinéma et/ou des fanzines consacrés au cinéma?

A part quelques zines comme "Le Charognard", ou "Euro Bis", je ne lit aucune revue cinématographique! Etant un grand collectionneur, j'achète beaucoup de vieilles revues américaines comme "FAMOUS MONSTERS OF FILMLAND", "CASTLE OF FRANKENSTEIN" "SCARRY MONSTERS" ou anglaises : "HOUSE OF HAMMER", "DARK TERROR". Si vous me parler de "MAD MOVIES" ou de "L'ECRAN FANTASTIQUE" je ne les achète pas bien que pour l'Ecran Fantastique, je le remercie de faire de la publicité pour le fanzinat.

Enfin je dirai un mot pour terminer : ne croyez pas que faire un zine c'est facile, c'est des heures et des heures de travail, c'est de l'apostolat. Il faut avoir les tripes de le faire. Il faut aimer ce que l'on défend et s'armer de patience tout en faisant face aux sarcasmes et à la mauvaise critique. Ne pas avoir peur d'investir (synopsis, affichettes, photos...) se priver pour autre chose... Etre surtout patient, car j'ai connu des fanéditeurs tirer un ou deux numéros et puis bonsoir. Moi j'ai eu la chance durant les années 7O d'avoir été plébiscité par d'autres revues profesionnelles et surtout d'avoir bossé pour l'Ecran Fantastique et puis avant tous les fanéditeurs s'entraidaient. On se faisait de la publicité mutuellement. C'était le bon temps. Aujourd'hui c'est chacun pour soi et puis le romantisme a disparu... Alors je souhaite de tout coeur bonne chance à celui qui veut tenter l'aventure dans le fanzinat!

Propos recueillis par JLuc G, en décembre 2007
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Eric ESCOFIER


Depuis sa naissance, en octobre 1956, à Nice, Eric Escofier est baigné dans le cinéma, grâce à des parents cinéphiles. Dans sa jeunesse, il fréquente assidument les cinémas de quartier, et commence à prendre des notes, à rencontrer des projectionnistes...
En 1976, il crée "L'Association du Cinéma Fantastique et de la Science Fiction de Nice" qui regroupait quelques fanatiques niçois. Il commence aussi à organiser des "nuitées de l'épouvante".
Il fait ses premières armes dans le fanzinat en publiant "Univers parllèles", qui ne connaitra que 4 numéros. A la fin des années 70, il monte à Paris et rencontre, entre autre, Jean-Pierre Putters (Mad Movie) et Alain Schlockoff (L'Ecran Fantastique). Ce dernier lui permet de rentrer dans l'équipe rédactionnelle du magazine.
En 1978, il créé le "1er Festival du film fantastique" à la maison des jeunes de Pasteur et le "Festival du film fantastique" au cinéma "l'Edouard VII", à Nice.
Il retente l'expérience du fanzinat en créant Tenebres, en 1979, qui disparaitra en 1992, après 27 parutions.
Les activités ne manquent pas, dans les années 80-90: organisation de festivals, colloques, et autres expositions qui lui permettent de déclarer son amour pour le cinéma fantantisque.
Parrallément à ces manifestations, il continue d'écrire comme rédacteur, aux fanzines: "Fantasticorama" et "Hammer for ever" et créé "Les monstres de la nuit", en 1998.
Depuis 2000, il organise des expositions d'affiche, écrit dans la revue Sueur froide et donne des conférences.

Ce passionné de cinéma à également réalisé des films amateurs Super 8, entre 1997 et 1985:
  • Détruisez Frankenstein;
  • L'empreinte de la momie;
  • La vengeance du mort-vivant
Il a créé son site personnel: http://monstresdelanuit.tripod.com.
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