Alain BIELIK

SFX n°139



SFX n°129



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SFX n°104



SFX n°82



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SFX n°1

Alain Bielik est plutôt un homme discret. Néanmoins, il a bien voulu répondre à quelques une de nos questions.

Quelles études avez-vous suivies? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

Mes études ont été sans rapport avec le cinéma, ni avec le journalisme.
Lorsque j’ai démarré dans la vie active, j’exerçais une tout autre activité, puis ma passion du cinéma et des effets spéciaux a pris le dessus, et j’ai tout abandonné pour fonder la revue.

En décembre 91, vous créez S.F.X Magazine. Pourquoi une revue entièrement consacrée aux effets spéciaux ?

Parce qu’une telle revue n’existait pas en France, tout simplement.
Depuis toujours, j’éprouvais une grande frustration devant la rareté des articles sur les effets spéciaux dans la presse française. Lorsqu’il y avait des interviews, il n’y avait pas les photos qui allaient avec. On parlait de créatures, de maquillages, de vaisseaux spatiaux, mais pour illustrer ça, les magazines proposaient le plus souvent des photos des acteurs… Dans le même temps, j’ai découvert que les magazines américains, eux, publiaient des photos sensationnelles. Alors, je me suis dit que je n’étais pas le seul à être passionné par les effets spéciaux – après tout, ces films-là représentaient les plus grands succès de l’histoire du cinéma. Je me suis également dit que puisque les photos des effets spéciaux existaient, il suffisait de trouver un moyen de les obtenir. Et en combinant des interviews des grandes pointures du métier avec les photos de leur travail côté coulisses, je pouvais créer un magazine sans équivalent en France – et qui pouvait trouver son public.
La suite des événements a montré que je n’avais pas tout à fait tort.

Les années 95 semblent ‘charnières’ dans l’histoire de la revue. C’est à cette période que vous vous entourez de collaborateurs fidèles? Quels souvenirs en gardez-vous ?

C’est vrai que nous avons constitué une superbe équipe, et j’ai d’ailleurs gardé des liens étroits avec tous ces collaborateurs. Ce qui est intéressant, c’est qu’à l’époque, aucun d’entre eux n’avait jamais vraiment travaillé dans un magazine d’envergure nationale. L’un d’entre eux était même simple étudiant au départ : il m’avait contacté pour me demander de relire son mémoire de fin d’études sur les effets spéciaux ! Le texte était tellement réussi que je lui ai proposé de rejoindre notre équipe. Par la suite, tous ont fait une jolie carrière, et ça me fait très plaisir de penser que S.F.X a pu, quelque part, leur servir de tremplin. Même si je suis persuadé qu’ils avaient le talent nécessaire pour percer sans la revue.

De 95 à 99, l’actualité vous permet de passer à une périodicité mensuelle. Cette période devait être très tendue ?

C’était plutôt une décision économique de l’éditeur qu’un véritable choix rédactionnel. En vérité, un magazine comme le nôtre n’est pas très adapté à une périodicité mensuelle. Le problème, c’est la saisonnalité des films à effets spéciaux. À l’époque encore plus qu’aujourd’hui, ces films sortaient du mois de mai au mois d’août, puis en novembre et décembre. Mais de février à avril, et en septembre et octobre, il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent. Ça nous obligeait à mettre des films sans grand intérêt en couverture, hélas… Le vrai souci, c’était donc le contenu des mois « creux », plus que la logistique d’un mensuel. Dans l’idéal, il faudrait que S.F.X soit mensuel d’avril à août, puis bimestriel le reste du temps, sauf en novembre et décembre, mais c’est très compliqué à gérer sur le plan économique.

En 2000, c’est un changement radical. Nouvelle équipe rédactionnelle, nouvelle maquette et nouvel éditeur. Comment avez-vous vécu cette évolution ?

Je n’ai pas eu grand-chose à y voir, puisqu’à l’époque, j’ai pris du recul par rapport au magazine. Ça faisait neuf ans que j’y consacrais 100% de mon temps et j’ai eu des opportunités pour faire autre chose. J’ai donc démissionné de mon poste de rédacteur en chef. Une autre équipe a pris le relais pour le contenu rédactionnel, la maquette, etc. Par contre, je n’ai pas complètement rompu les ponts : j’ai continué à rédiger des articles sur les effets spéciaux. Tout simplement parce que j’aimais ça et que ça me permettait de garder le contact avec les sociétés d’effets spéciaux. Cette activité de rédacteur me prenait infiniment moins de temps que la supervision du magazine. Cela dit, certains choix éditoriaux m’ont surpris, et j’ai souvent été en désaccord avec ce qui se faisait, notamment la volonté de tirer le magazine vers un public plus généraliste, ce qui était selon moi une erreur. On avait notre lectorat, il ne fallait pas le faire fuir en publiant des portraits d’acteurs façon Ciné-Live… Mais bon, je n’avais pas grand-chose à dire : j’étais parti de mon plein gré, tant pis pour moi !

Maintenant, comment voyez-vous votre ‘bébé’ ? Quelles sont vos activités ?

Aujourd’hui, nous avons renoué avec le ton des années 90 et un sommaire entièrement consacré aux effets spéciaux et aux coulisses des tournages (décor, cascades, photographie, etc.). En 2006, après un dernier gros projet personnel (voir ci-dessous), j’ai retrouvé mon poste de rédacteur en chef et je n’ai eu de cesse de proposer à nos lecteurs des articles et des photos inédites. Dans chaque numéro, nous publions des photos en exclusivité mondiale. Et c’est une immense satisfaction que d’offrir à nos lecteurs ces images qui nous font réellement rêver. Et puis, il y aussi le fait que notre magazine existe depuis 18 ans à présent ! Quand on voit le nombre de revues de cinéma qui ont surgi et disparu dans ce laps de temps, c’est un beau motif de fierté.

À part S.F.X, quelles sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier ?

Je travaille beaucoup pour les médias américains, surtout Internet, et ça me permet d’aborder certains sujets sous un autre angle, comme par exemple de réaliser des portraits de techniciens français, ou bien de présenter l’état de l’industrie des effets spéciaux dans notre pays. Parallèlement, j’ai eu l’honneur d’organiser la plus grande exposition consacrée aux effets spéciaux en France. Ça s’est passé en 2005 au Musée de la Miniature de Lyon, et il y avait des pièces exceptionnelles : maquillages, masques, marionnettes, maquettes, etc. Cela a représenté un travail énorme, mais quel bonheur de voir toutes ces merveilles dans leur vitrine à l’arrivée… J’espère bien avoir un jour l’occasion de renouveler cette expérience. Parce que parler des effets spéciaux, c’est bien, mais les voir et les toucher, c’est quand même autre chose…

Propos recueillis par JLuc G, en juillet 2009
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