GRENIER Lionel
( 11/06/1982 - )

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Octobre 2008 (n°7)



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Octobre 2008 (n°7)

J'ai aidé l'Avignonais Lionel GRENIER à compléter sa liste d'articles consacrée au réalisateur Lucio FULCI, pour son site.
Sa présence dans le fanzine SEP7IEME DIMENSION m'a donné envie de faire plus ample connaissance avec lui.

Avant vos études de cinéma à Nice (2000-2003), aviez-vous déjà écrit dans des fanzines ? Et pendant vos études ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, je n'ai pas écrit sur le cinéma durant cette période.
En fait, ce qui m'intéressait, c'était de " créer ", tourner des films. Le fanzina était quelque chose d'abstrait pour moi puisque vivant à Avignon, il était difficile d'en acheter (internet n'était pas aussi développé). Cependant, mes études m'ont permis de mettre des mots sur ce que je ressentais en voyant un film. Ainsi, j'ai pu mieux comprendre ma cinéphilie. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à écrire sur Carax... pour un devoir scolaire en fait. Mais déjà à l'époque, j'avais cette envie de faire partager un certain cinéma. C'est pour cela que je faisais parti du ciné-club de l'école. Une de mes fiertés, c'est d'avoir projeté Les Quatre de l'Apocalypse de Lucio Fulci.

En 2006 vous éditez un ouvrage sur le cinéaste Léos Carax intitulé De BOY MEETS GIRL à POLA X : Une introduction à l'univers caraxien. Quels souvenirs en gardez-vous ?

C'est mon conte de fée à moi ! Le livre m'a pris quatre ans de ma vie.
Ca a été difficile parce que je n'avais pas l'intention d'écrire sur le cinéma à long terme. Je trouvais ça trop immense pour moi... Aussi cul-cul que cela puisse paraître, j'ai écrit ce livre pour moi. Ca me donnait une excuse pour voir et revoir les films de Leos Carax ! Pola X est un film tellement vrai, intense. Et puis ma copine m'a plus ou moins poussé à me faire éditer. Comme elle a souvent raison, je l'ai donc écouté. Grâce à internet, un rédacteur de Cinétudes (Guillaume Bryon) l'a lu et en a fait une bonne critique sur le site de Stefan Rousseau. C'est comme ça que j'ai intégré l'équipe. Puis, durant l'été 2008, j'ai eu énormément de demandes (jusqu'au Japon) et quelques librairies comme Ciné-Reflet me l'ont acheté. Il est aujourd'hui épuisé. A part peut être dans ces librairies...
Mais je travaille actuellement sur une nouvelle édition... Donc la belle aventure continue !

Depuis deux ans, vous faites vos armes, dans la critique, sur le webzine Cinétudes . Pour vous, le développement d'Internet est il un frein, un complément, une opportunité markéting, ou la fin des fanzines de cinéma?

Tout d'abord, je tiens à dire que je ne me considère pas comme un critique. Faire une critique, c'est dire ce qu'on pense d'un film. C'est quelque chose de très narcissique où au final, on parle plus de soi que de l'œuvre. Une fois qu'on a écrit " Besson, c'est de la merde ", qu'est-ce qu'on a dit ? Ce qui m'importe, c'est de voir les différents éléments qui construisent un film. De quoi parle-t-il ? Comment le cinéaste s'y prend pour raconter ce qu'il désire raconter ? Tout ce genre de choses. Bien entendu, il faut toujours se situer par rapport au sujet traité, sinon le lecteur croit qu'on lui cache quelque chose. Par exemple, j'ai écrit une étude sur Rocky 4 qui est un film que je n'aime pas beaucoup mais que je trouve intéressant parce que caractéristique d'une époque. Et je me suis aperçu que le film avait été caricaturé, à l'image des ses personnages. Au bout du compte, même si j'émets des réserves sur Rocky 4, j'ai beaucoup de retours chaleureux des fans de Stallone. Et cet échange est facilité grâce à internet. Maintenant, est-ce qu'internet est un allié ou un ennemi des fanzines ? Je n'ai pas de réponses arrêtées sur le sujet. En tout cas, je pense que ça a sûrement fait le ménage. Dans les années soixante-dix, il existait beaucoup de titres mais au final, peu étaient vraiment intéressants. Beaucoup ne faisaient que des comptes rendus de festivals et ne proposaient pas de visions. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Alain Petit ! Avec internet, l'information est accessible à tous et gratuitement. Du coup, les fanzines qui restent sont ceux qui défendent un certain cinéma avec une manière qui leur est propre. A tort ou à raison, ils proposent quelque chose d'autre.

A propos de fanzine, comment êtes vous arrivé à collaborer dans SEP7IEME DIMENSION ?

Je faisais de la radio dans une émission de cinéma et Damien Garrel (le présentateur) a donné mon nom à Eddy Gomis. Nous sommes entrés en contact et avons discuté des attentes de chacun. Eddy a de l'ambition pour son projet et j'aime ça !
L'émission radio s'arrêtait et je venais de quitter le bureau des Nuits des CinéFils et Filles parce que je ne m'y épanouissais plus. Le départ d'Anaïs Truant, la présidente d'alors, n'a fait qu'accélérer ma décision.
Intégrer SEP7IEME DIMENSION a été pour moi un bol d'air frais salvateur.

Vous avez bossé dans la radio, la TV… comment abordez vous ces différents médias ? Que faisiez-vous ?

On va dire que pour la télé, ça s'est fait sous forme d'un long stage durant lequel j'ai eu la change de ne pas servir le café. On m'a intégré dans la rédaction de Bord Cadre, l'émission cinéma de CanalSatellite. J'ai beaucoup appris aux côtés de Christine Masson, Pierre Zeni et Gildas le Gac dont j'étais l'assistant. Préparer l'émission était un vrai bonheur. Humainement, j'ai également beaucoup appris, notamment sur le fait de travailler collectif. Cela s'est malheureusement arrêté mais je garde beaucoup de sympathie pour Gildas qui est un personnage passionné.
La radio, c'est plus un accident. Damien me connaissait via les Nuits des CinéFils et Filles et appréciait, je crois, mon site sur Lucio Fulci. Comme je suis quelqu'un d'assez ouvert dans mes goûts, j'ai rejoint l'aventure Movie Maniacs. Ce n'est pas le medium que je préfère. Je n'y ai jamais trouvé mes marques. Ceci dit, j'ai quand même pu interviewer Lloyd Kaufman ou Alain Petit et j'ai apprécié travaillé avec Damien (qui écrit aussi pour SEP7IEME DIMENSION) et Stéphane Pousse.

Quel sont vos projets dans le monde du cinéma, pour 2009 ?

Par lequel commencer ?! (rires).
Il y a tout d'abord SEP7IEME DIMENSION qui est une aventure à laquelle je crois. Ensuite, je prépare la réédition du livre sur Carax. J'ai écrit sur Lucio Fulci pour un livre collectif dirigé par Julien Sévéon.
Pour luciofulci.fr, j'espère pouvoir proposer des entretiens exclusifs de collaborateurs, proches ou spécialistes du Maestro. La première sera une interview de Fabio Frizzi.
J'ai également réalisé trois entretiens pour Cinétudes qui devraient voir le jour sous peu. Et j'espère pouvoir débuter très prochainement l'écriture d'un livre sur un cinéaste américain.
Je croise les doigts...

Mais avec tout cela, vous n'avez plus envie de "créer" des films?

L'envie était partie pour diverses raisons mais elle revient, ça c'est certain. Maintenant, est-ce que le talent est là ? Je ne sais pas. J'ai vécu diverses expériences catastrophiques en tant qu'apprenti-réalisateur. Un film, ça ne se fait pas seul et je n'aime pas trop devoir des choses. Et puis, quand on admire des cinéastes comme Argento, Fulci, Welles, Pialat, Blier ou Carax, il est difficile de se prétendre aussi intéressant qu'eux. Reste que récemment, j'ai été cadreur pour une multivision (film projeté sur 6 écrans) réalisée par Anaïs Truant et Colette Siri. Mon rôle de petit technicien m'a enchanté ! Le résultat est plus que correct et les deux réalisatrices ont su tirer le meilleur de chacun en instaurant une ambiance de tournage chaleureuse. Et Snuff Films, le film de Nicolas Bressier (900 € de budget !) a montré qu'on pouvait faire un vrai long métrage sans argent. Il suffit d'avoir la motivation, l'équipe et le talent...

Propos recueillis par JLuc G, en décembre 2008
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Si vous voulez continuer avec cet auteur prometteur et entreprenant, vous pouvez lire l'entretien qu'il nous a accordé en 2010.