André QUINTAINE
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Sueurs froides n°36





Sueurs froides n°35





Sueurs froides n°34





Sueurs froides n°28





Sueurs froides n°22





Sueurs froides n°16





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Sueurs froides n°11





Sueurs froides n°06





Sueurs froides n°01

André Quintaine, le concepteur et rédacteur en chef de 'Sueurs Froides' a bien voulu délaisser temporairement sa charge de Coordination et de Webmestre du site de l'association Sin'Art, pour répondre à nos questions.

Quels étaient vos objectifs à la création de Sueurs froides (version papier)?

A l’époque, il n’y en avait pas. J’étais déjà bien content de sortir un fanzine. Lorsque vous voulez faire quelque chose qui sort un tantinet de l’ordinaire et qui en plus ne rapporte pas d’argent, vous vous heurtez à l’incompréhension générale, voire au mépris. Quand vous êtes jeune, ce n’est pas évident à gérer et on a peur d’être ridicule. Heureusement, j’ai grandi avec Mad Movies et Jean-Pierre Putters, à travers son magazine, m’a non seulement transmis sa passion pour le cinéma Fantastique mais également celle de créer un fanzine. Donc au début, l’idée était de faire un fanzine en espérant que ça intéresse quand même 2 ou 3 personnes.

Quelles étaient les personnes à l'origine de cette revue et leur rôle?

Angélique Boloré, ma chère et tendre, était et est toujours ma conseillère et ma correctrice. Même si je me suis amélioré depuis, je n’étais vraiment pas très fort en orthographe et grâce à elle Sueurs Froides n’était pas truffé de fautes d’orthographe. C’est aussi elle qui m’a incité à persévérer. En fait, sans elle, il n’y aurait pas de Sueurs Froides. Parmi les personnes qui ont également eu leur importance à travers leurs conseils, il y a Hùng N’Guyen dont j’ai suivi les avis lors de la création de la mise en page de chaque numéro. Je n’oublierai pas non plus de citer Patryck Ficini qui, depuis deux ans, inspire la charte éditoriale de Sueurs Froides par sa grande sagesse !

En 2002, vous quittez la version papier pour une version téléchargeable l'année suivante. Pourquoi cette évolution ?

Plusieurs raisons nous ont amené à faire ce choix. Tout d’abord, Internet commençait à ce moment-là sa démocratisation. Quelques lecteurs se sont alors sans doute détournés de Sueurs Froides. A la même période, nous avons également perdu quelques rédacteurs. Néanmoins, ce qui m’a définitivement décidé à arrêter le format papier, c’était les relations avec des boutiques qui prenaient Sueurs Froides en dépôt. Faire la tournée des boutiques pour savoir ce qui était vendu était trop souvent un véritable calvaire tant l’accueil était froid. Ça n’avait vraiment rien d’agréable. En plus, certaines ne payaient pas… Bref, dans ce contexte, on a considéré que l’idée de ne plus avoir à passer par la case « vente » était une véritable aubaine. On a donc opté pour le format pdf. C’était une première puisque, à ma connaissance, aucun autre fanzine n’utilisait ce format. D’autres nous ont emboîté le pas mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui, on a tous laissé tomber le format pdf.

Quels étaient vos collaborateurs et leur rôle dans Sueurs Froides (version pdf) ?

Les quelques années durant lesquelles nous sommes sortis en pdf ont été très riches en terme de recrutement. Sueurs Froides était gratuit et il suffisait d’un clic de souris pour récupérer le fichier sur son disque dur. Etre aussi facilement accessible a augmenté de façon impressionnante le lectorat de Sueurs Froides… et le vivier pour y puiser des rédacteurs. Du coup, l’équipe s’est agrandie, le nombre de pages et les genres brassés par le fanzine également. L’équipe est grosso modo la même aujourd’hui qu’à l’époque du format pdf. Il y a finalement très peu de turnover. C’est d’ailleurs assez étonnant car tout le monde est bénévole et les rédacteurs doivent appliquer une charte éditoriale un peu « castratrice ». Les acteurs de Sueurs Froides se répartissent sur différents postes : rédacteurs, correcteurs, chasseurs d’images et nous avons également un maquettiste qui est arrivé à la fin de la période pdf. Ce dernier est actuellement un peu au chômage technique en attendant les futurs numéros papiers. C’est encore moi qui donne le ton de la ligne éditoriale du fanzine à travers la sélection des films à critiquer et qui assure un travail de veille au niveau de la charte éditoriale. Néanmoins, Sueurs Froides tel que vous pouvez le voir aujourd’hui en allant sur le site, est l’aboutissement d’un véritable travail d’équipe. Chacun apporte sa petite pierre à l’édifice pour qu’au final, le résultat soit un site web respectueux du cinéma de genre tout en le traitant à travers toutes ses variétés.

Depuis mars 2007, Sueurs Froides, n'est plus téléchargeable. Est-ce la fin de cette revue version papier et pdf ?

Nous avons arrêté Sueurs Froides pdf parce qu’établir un numéro devenait intenable. Comme il y avait beaucoup de rédacteurs, il y avait également beaucoup d’articles à mettre en page. Ainsi, la finalisation d’un numéro représentait au bout du compte plus d’un week-end de boulot ! Et toutes ces heures de travail ne se concrétisaient même pas par un bel objet que l’on aurait pu tenir entre ses mains… La différence entre un fanzine papier et un fanzine pdf, c’est un peu comme un vieux film de SF avec des maquettes en papier mâché et son homologue plus récent, avec des effets numériques. Sur le coup, ce dernier brille plus et est plus chouette à regarder. Mais, quand vous êtes vieux, vous êtes content d’avoir une trace matérielle de vos créations, de pouvoir tenir quelque chose entre vos mains… Quoi qu’il en soit, le travail requis pour la création de fichiers pdf ne nous semblait pas « productif » car on avait l’impression de travailler beaucoup pour du vent. Nous avons alors cherché un webmaster pour faire de Sueurs Froides un site « normal » de consultations d’articles. Laurent Dumortier était intéressé et nous lui avons donc confié cette mission. Parallèlement, nous avons décidé que cette « solution de facilité » devait avoir une contrepartie, celle de sortir des numéros papiers.

Quels sont vos objectifs pour l'année 2008 ?

Hé bien, justement de sortir des numéros papiers ! Actuellement, nous avons plusieurs numéros en cours mais le suivi est vraiment compliqué. Il est vrai qu’en ce qui me concerne, je cumule peut-être un peu trop de choses pour pouvoir assurer un suivi efficace à la production de numéros papiers pour Sueurs Froides. L’idée sera donc sans doute de rendre les rédacteurs de plus en plus autonomes afin d’y parvenir. Notre second objectif est d’essayer de travailler avec les autres fanzines et sites internet. Je pense qu’il est dommage que nous oeuvrions chacun de notre côté et que l’on pourrait y gagner à essayer de s’entraider. Le troisième objectif est de mieux affirmer la ligne éditoriale de Sueurs Froides. Expliquer pourquoi on parle de tel film et pas de tel autre, comment nous abordons un film… Nous avons une charte éditoriale et il y a une logique dans notre façon de dresser un sommaire, mais nous ne communiquons pas assez là-dessus.

En plus de l'animation de Sueurs Froides (le site), vous collaborez à l'association Sin'Art. Parlez-nous un peu de cette association

En effet, je coordonne les activités de l’Association Sin’Art… Sin’Art est une structure qui s’est spécialisée dans le cinéma de genre. Sin’Art possède trois activités : Sin’Art Vidéo, Sin’Art Fandom et Sin’Art db.
La première nous permet d’éditer et de distribuer des dvd, essentiellement des films amateurs. La seconde, Sin’Art Fandom, a pour objet l’édition et la distribution de fanzines. Sueurs Froides est d’ailleurs l’un des 6 fanzines qui forment actuellement la famille Sin’Art Fandom, avec Cinétrange, Hysterical, Les Monstres de la Nuit, Maniacs et Entertainment Wickedly. Sin’Art db est sans doute l’activité la plus connue de Sin’Art puisqu’il s’agit d’une base de données qui recense les sorties dvd de films de genre à travers le monde. Le site dispose d’une extension vpc. C’est elle qui finance les fanzines et dvd produits, édités et distribués par Sin’Art, quasiment tous déficitaires financièrement.

Pensez-vous que le fanzinat est une forme de contre-culture ou une obligation économique ?

Le fanzinat offre l’indépendance et la liberté. Dans votre fanzine, vous traitez des thèmes que vous voulez, de la façon que vous voulez, sans avoir à rendre de comptes à qui que ce soit, c’est-à-dire à un patron ou à des clients. On peut penser que faire un fanzine pour dire des choses évidentes et consensuelles n’a pas de sens. Le fanzinat est donc une forme de contre-culture car il offre un espace de parole non contrôlé. D’autant plus incontrôlé qu’il n’est pas régi par la loi du marché, à savoir être économiquement viable et ne pas perdre d’argent. Mais il existe également des fanéditeurs qui voient en leur fanzine une rampe de lancement vers le professionnalisme. Les objectifs peuvent alors s’avérer complètement différents.

Le développement d'Internet est-il un frein, un complément, une opportunité marketing ou la fin des fanzines de cinéma ?

Avant Internet, pour annoncer la sortie d’un fanzine, deux possibilités s’offraient au fanéditeur : les petites annonces dans les revues spécialisées, ou mieux, carrément une notule ! Aujourd’hui, il « suffit » de faire un site pour être référencé sur des moteurs de recherche et être visible. Internet offre donc une véritable vitrine aux fanzines. Non seulement, vous n’êtes plus soumis à la bonne volonté des 2 ou 3 magazines spécialisés de l’Hexagone mais, en plus, votre visibilité peut toucher un public beaucoup plus large. Pourtant, effectivement, on constate que le lectorat des fanzines diminue. Les habitudes de lecture ont changé. Désormais, on recherche plus des informations spécifiques sur une page web qu’on n’achète tout un magazine. Le lecteur veut également pouvoir réagir et le courrier des lecteurs des fanzines manque de réactivité. Néanmoins, un fanzine ne vise pas des sommets en terme quantitatif et je ne peux pas croire qu’avec nos sites web qui génèrent plusieurs milliers de visiteurs par jour, on ne peut pas en trouver une ou deux centaines pour acheter nos zines.

Lisez-vous d'autres revues de cinéma et/ou des fanzines consacrés au Cinéma ?

Je passe beaucoup de mon temps à l’affût de films à voir. J’utilise Internet pour scruter les sorties dvd (je ne vais jamais au cinéma) à ne pas manquer avec des sites internet/base de données comme Devildead, Dvdfr, Sazuma et évidemment Sin’Art db. En complément, je lis l’excellent magazine allemand Deadline dont la ligne éditoriale et l’œil qu’il porte sur l’actualité dvd et cinéma à travers le monde sont très proche des miens. Pour le reste, je lis quasiment tous les fanzines français pour revenir sur des dossiers thématiques ou des interviews : ceux de Sin’Art Fandom, évidemment, mais également Metaluna, Versus, Euro Bis… Finalement, j’utilise Internet pour dresser des listes de films, mais pour véritablement lire des critiques et des articles, je passe par les fanzines. La seule incartade à la règle concerne Sueurs Froides… histoire de voir ce que racontent les rédacteurs ;-)

Propos recueillis par JLuc G, en mars 2008
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