ORESTE Julien

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TORSO met en lumière le travail de réalisateurs pas ou peu connus. A notre tour, nous avons décidé de donner un coup de projecteur sur Julien Oreste, un des rédacteurs de ce fanzine.

Quels étaient vos objectifs à la création de Torso?

L’impulsion a été donnée par Adrien, qui je crois a profité d’un dossier sur MPD psycho, qu’il avait à rédiger pour la fac, pour lancer un peu à l’aveuglette ce qui serait un mélange de fanzine et de revue, s’attachant à chaque fois à un seul metteur en scène, et avec un parti-pris plus analytique qu’évènementiel.
Il m’a demandé de lui faire quelques articles sur certains films de Takashi Miike, ce que j’ai fait. Mon implication a été un peu plus importante par la suite, s’agissant de la direction à donner à une publication assez hybride puisqu’elle utilise un format de fanzine et un ton un peu plus universitaire, concernant des films dont les universitaires ne veulent pas entendre parler. Inversement, on se demandait régulièrement si les spectateurs des films de Miike, Lieberman ou autres, des spectateurs de genre, avaient envie de lire ça sur ces metteurs en scène. Grosso modo, comment faire en sorte d’intéresser qui que ce soit ? Question à laquelle nous ne pouvons toujours pas répondre avec certitude. Je pense que l’objectif principal de TORSO est d’essayer d’éclairer d’une manière nouvelle ou simplement pour la première fois des réalisateurs, méconnus ou non, mais qui en tout cas mériteraient qu’on s’y penche beaucoup plus, selon nous.
Après, le choix des metteurs en scène est plutôt instinctif, Jeff Lieberman est venu un peu sur un coup de tête parce qu’on venait de revoir tous ses films et qu’ils nous avaient refait une très forte impression à peu près en même temps. Et le fait qu’il soit relativement inconnu, et qu’en plus il réalise encore des films, a été l’impulsion suffisante pour nous lancer là-dedans.
Pour Lucky McKee et Chris Sivertson, c’est un cas un peu similaire, ils sont parmi les réalisateurs de genre les plus stimulants du moment, et les gens ne les connaissent pas, les boudent, voire les méprisent.
Le prochain numéro changera un petit peu d’optique, on aimerait bien conserver le ton TORSO, tout en y ajoutant quelques papiers plus courts, plus directs, moins analytiques, et le festival de Gérardmer était une bonne occasion de se diversifier un peu. Le numéro 4 sera donc double, et comprendra une partie sur Stuart Gordon, une autre sur le festival. Pour ce qui est de l’équipe, elle s’agrandit de jour en jour, ce qui est évidemment une bonne chose. D’Adrien, Sarah à moi on a depuis accueilli occasionnellement Fabien, étudiant avec nous, et le quatrième numéro devrait s’additionner des plumes de Pierre Nicolas, Cyril Jiguet et sans doute d’autres encore, venant d’horizons différents. Ca ne peut qu’oxygéner un fanzine.

Vous aviez déjà collaboré à d’autres revues ou fanzines consacrés au Cinéma?

Non, c’est la première fois, avant ça je me contentais d’écrire quelques pages, de temps à autres, sur un film qui m’avait particulièrement marqué. J’ai eu une période un peu compulsive où je faisais une page sur chaque film que je voyais, mais ça n’a pas duré longtemps. Et à côté de ça j’ai écrit quelques critiques ou analyses pour la fac, qui nous a souvent proposé ce genre d’exercices, que ce soit en ateliers d’écriture ou simplement en cours d’analyse filmique.
Le dossier qu’Adrien a fait sur MPD psycho vient en fait d’un cours sur la série télévisée qu’on suivait avec Guy Astic, qui écrit beaucoup sur David Lynch et Stephen King. Moi je lui avais rendu un dossier d’une vingtaine de pages sur les Masters of horror, que je devrais peut-être intégrer, du moins en partie, sur le blog du fanzine. A part ça, en parallèle à TORSO, je travaille actuellement sur un article à propos de The woods pour le webzine universitaire Lignes de fuite. Mais ce n’est pas du tout la même manière de travailler, ce qui me fait dire que ce qu’on fait pour TORSO n’est pas si universitaire que ça. Ca me rassure dans un sens…

Vous rappelez-vous du sujet de votre première critique de cinéma?

Ouh la… en fait j’ai plutôt passé la fin de mon enfance et le début de mon adolescence entre Mad Movies et des magazines comme Première, Studio etc… ce qui fait que j’avais plus tendance à faire des listes de mes films préférés du mois ou de la semaine plutôt que d’en rédiger des critiques.
La première critique que j’ai dû rédiger, remonte sans doute à Fight Club, que je regardais constamment au lycée… si je me souviens bien j’avais même travaillé sur l’adaptation du livre au film, pour un sujet de TPE qu’on n’avait pas pu terminer pour causes de grèves… Bon ceci étant dit, je lis toujours Mad movies…

Dans le numéro 3, vous avez abordé la carrière de Lucky McKee. N’est-ce pas le cinéaste que vous avez choisi pour votre mémoire?

Exactement, d’ailleurs c’est sans doute un numéro un peu opportuniste en ce qui me concerne, j’avais pas mal de matière avant même d’en entreprendre la mutation de certaines de mes pages de mémoire en article pour un fanzine. Au moment où on a dû choisir un sujet de mémoire (c’était avant TORSO), j’avais déjà dans l’idée de travailler sur un metteur en scène jeune, ayant réalisé peu de films, et sur qui personne n’avait jamais rien écrit. De manière purement affective, c’est un certain nombre de réalisateurs de films fantastiques qui me sont immédiatement venus en tête, et Lucky McKee a été un choix assez rapide. Ses films me paraissaient (et me paraissent toujours) très riches, ils offraient de multiples points d’approche possibles, ne serait-ce qu’au niveau de leur utilisation du genre, la place prépondérante que McKee accorde à ses personnages, etc… Je parle des multiples formes de dérèglement dans ses films, la manière dont il détourne et réemploie les genres, sa gestion très intéressante de la subjectivité en particulier et du point de vue en général. J’y travaille encore d’ailleurs, TORSO m’a permis d’un peu clarifier certains points, et de placer McKee au milieu de son contexte, c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on a tenu à faire un numéro à la fois sur lui et sur Chris Sivertson, dont The lost est pour moi l’un des meilleurs films de genre, l’un des meilleurs films tout court d’ailleurs, qu’on ait pu voir ces dernières années. On a voulu profiter de l’écho relatif qu’ont les films de McKee (en tout cas May) pour parler de Sivertson. Ces réalisateurs sont encore trop peu connus et sous-estimés, même si Rian Johnson a eu un succès relatif avec Brick. Nous avons d’ailleurs matière à un potentiel numéro sur lui, qu’on aimerait faire à la sortie de son nouveau film Les frères Bloom.

Quel avenir envisagez-vous dans le cinéma?

Je me sens bien de ce côté-là du cinéma, pour m’être un peu essayé à la réalisation avec quelques amis je crois que la critique me convient mieux. C’est ce que je crois en ce moment en tout cas. Après je ne me ferme pas non plus… vu l’état actuel de la presse, ça ne va pas être gagné de faire en sorte que TORSO devienne une publication que les gens puissent trouver un peu partout, facilement. J’ai l’impression que contrairement aux apparences il y a de plus en plus de magazines, revues et fanzines, mais que paradoxalement les presses ne vendent pratiquement plus rien. Il faut démarcher sur internet, et pour ça il faut être motivé, accepter de se plonger dans tout ce qui se fait, être curieux. Et je ne crois pas qu’énormément de gens soient curieux. Enfin heureusement pour nous et pour d’autres, certains le sont. D’ailleurs, c’est très bien qu’existent des structures comme la vôtre, comme sin’art ou versus, des endroits qui accueillent différents types de publications et permettent de les centraliser un minimum, voire de les aider à se réaliser. Je suis toujours très content et flatté de voir que TORSO est quand même un tout petit peu présent sur le net. Maintenant, est-ce que ça encouragera vraiment les gens à nous lire ? L’avenir nous le dira.

Propos recueillis par JLuc G, en mars 2009
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