SCHLOCKOFF Alain
( 1948 - )

Ecran fantastique n°300



Ecran fantastique n°200



Ecran fantastique n°100



Ecran fantastique n°1



Vendredi 13 n°1



Toxic n°12



Toxic n°6



Toxic n°1



Fantastyka n-24



Fantastyka n-12



Fantastyka n-1

J'ai voulu donner une suite à l'entretien qu'Alain schlockoff m'avait accordé en janvier et revenir sur quelques points.

J’aimerai revenir sur l’aventure de TOXIC. La première période s’étale de 1989 à 1991. Pourquoi avoir conçu ce magazine. Comment a-t-il était perçu par le public ?

Au départ, j’avais créé pour des éditeurs le magazine Vendredi 13, consacré au gore. C’était la première fois que je traitais de ce domaine. Ce fut une bonne expérience et surtout, je me suis rendu compte de l’existence d’un vaste public pour le genre (le n°1 fut vendu à 50.000 exemplaires), principalement composé de très jeunes lecteurs (des classes entières de lycéens achetaient la publication). Cela m’a donné envie de réitérer. Lorsque nous avons créé notre propre maison d’édition, l’idée de poursuivre dans le gore, parallèlement à L’Ecran Fantastique, s’est imposée à nous. D’où la parution de Toxic, pour lequel j’ai pris la précaution cette fois de déposer le titre à mon nom. Toxic a été très bien perçu par ses lecteurs, avec un indice de satisfaction de 8O%, ce qui est assez rare dans le domaine de la presse. C’est d’ailleurs cet enthousiasme du jeune lectorat qui m’a incité à poursuivre cette publication au fil des années.

Pourquoi l’avoir stoppé après 7 numéros ?

On ne l’a pas vraiment arrêté. C’est l’éditeur (qui avait changé entre-temps) qui a fait un dépôt de bilan. J’explique d’ailleurs cette période mouvementée dans le n°300 de L’Ecran Fantastique, dans un article retraçant les 40 ans du journal. Donc, comme toujours, il a fallu sauver en priorité L’Ecran Fantastique, qui est vraiment la revue à laquelle je tiens le plus.

Treize ans plus tard, vous lui offrez une seconde jeunesse. Le public était prêt ou vous êtes plutôt entêté ?

Disons que je suis en effet plutôt du genre entêté, la pérennité de L’Ecran Fantastique le prouve, je pense, malgré toutes nos difficultés internes. C’est moi qui ai proposé à un nouvel éditeur de faire reparaître Toxic. Quand Toxic s’est arrêté une seconde fois, juste après (quelques mois après), la grande vague de l’horreur a soudain déferlé sur nos écrans, et j’avoue avoir été frustré de ne plus avoir Toxic sous la main pour traiter de tous ces films passionnants. Quant au public, il a toujours été présent, lui (voir en particulier, aux USA, le succès de Fangoria et l’échec de Starlog).
Maintenant, pourquoi Toxic s’est-il arrêté une seconde fois ? Parce que l’éditeur n’y croyait plus, ou plutôt, pas l’éditeur, mais ses adjoints. Il s’est arrêté, la seconde fois, au moment où les indispensables recettes publicitaires commençaient à entrer, ce qui aurait permis au journal non seulement d’avoir un équilibre financier mais même d’être bénéficiaire. A l’époque, j’avais un autre éditeur sous la main, pour reprendre Toxic, mais je n’ai pas voulu le faire pour des raisons trop complexes à expliquer ici. Je le regrette. Il faut dire aussi qu’il m’est arrivé le même fois de produire 1 Ecran Fantastique, 1 Hors Série de l’EF, 1 numéro de Fantastyka et 1 numéro de Toxic. C’était un travail exténuant. Mais bon, on continue dans cette voie aujourd’hui, avec l’EF, ses hors séries, son livre annuel et ses éditions anglaises, donc, tout est toujours possible. Mais c’est bien d’avoir un éditeur motivé, comme celui que nous avons la chance d’avoir aujourd’hui pour l’EF. Lequel, d’ailleurs, m’a reparlé de Fantastyka, autre revue à laquelle je tiens particulièrement.

Christophe Bier avec son éphémère revue CINEROTICA s’est plaint des diffuseurs et de la ‘frilosité’ de certain kiosquier. TOXIC a-t-il subit le même sort ?

Je ne connais pas Cinerotica, bien que le titre soit explicite ! (lol).
Non, les ventes de Toxic ont toujours été à peu près identiques, et l’on n’a pas eu, à ma connaissance, ce genre de problème. Il faut croire que l’horreur passait mieux que le X. Ce sont des problèmes internes, liés à la bonne (ou mauvaise) santé des éditeurs et à leur volonté de défendre (ou pas) leurs production.

L’ECRAN FANTASTIQUE devient une publication internationale, grâce à sa version anglaise. Comment s’organise les deux éditions ? Ce sont les mêmes sommaires et les mêmes rédacteurs ?

Après divers essais infructueux (faire produire le mag à l’étranger), on fait tout ici, à Paris. Sauf l’impression du journal, faite en Grande-Bretagne. C’est la même maquettiste et à 8O% la même équipe. Les sommaires ne sont pas tout à fait identiques, du fait du décalage des sorties de films. Par ailleurs, 2O% du rédactionnel est fait par une équipe américaine dirigée par Staci Layne Wilson, notre correspondante à Los Angeles. Parmi les signataires, il y a des cinéastes, des acteurs, des écrivains, etc., qui rédigent des rubriques d’une page. La version anglaise fait une centaine de pages, mais on n’a pas conservé les suppléments comme La Crypte ou EFX, ni les rubriques comme Sur nos écrans, le DVD et d’autres.

Vous offrez une ‘TV Fantastique’ sur votre site. Comment cela fonctionne t’il ? Pourquoi cette création ?

Au départ, dans notre esprit, il s’agissait d’une véritable chaine télé (projet toujours en cours). Pas d’une chaine sur le net. On s’en occupe très peu (quelques reportages pour l’EF ont été filmés et diffusés sur cette chaine), c’est géré entièrement par le responsable de cette chaine, qui propose des courts-métrages, des feuilletons, etc.

Le rôle d’internet et de ses blogs a-t-il un effet sur l’esprit de la critique ? Le développement d’internet est il un frein, un complément, une opportunité marketing ou la fin des revues papiers ?

Non, il n’y a pas d’effet direct sur l’esprit de la critique. Sauf, comme je l’explique dans le n°3OO de l’Ecran Fantastique, qu’on s’efforce, dans le mag, de réactiver l’appareil critique (un peu mis en veilleuse précédemment au profit des reportages, interviews, etc). Je ne peux pas répondre en 10 lignes sur l’effet internet concernant la presse, car c’est assez complexe.
Dans certains cas, en effet, internet a tué des publications. Dans d’autres cas, la pub ayant quitté les mags papiers au profit du net, la conséquence a été terrible pour certains titres. Plus généralement, je dirais que c’est un problème de génération et de nouveau lectorat. Les jeunes ont l’habitude de consommer gratuitement des sites du genre (qui n’existaient pas il y a qq. années, du moins en France, ou qui n’étaient pas très efficaces ni très complets). Le lectorat plus âgé reste, lui, fidèle à la presse écrite (nos questionnaires successifs le montrent).
Pour parler de mon expérience personnelle, j’ai travaillé pendant trois ans pour la maison d’édition dont la revue-phare était Ciné live (de même que j’avais assisté, naguère, à la naissance de Première, dans les mêmes bureaux où je travaillais). Eh bien, Cinélive a été en perte de vitesse, et a fini par être racheté. Mais il semble que la fusion Ciné-live/Studio porte ses fruits, et que le résultat soit un succès. Quant à L’Ecran Fantastique, sans internet, on n’existerait sans doute plus aujourd’hui. Donc, pour nous, internet a été la pire et la meilleure des choses – et finalement, la meilleure. Nous avons ainsi un double lectorat. J’ajoute que grâce à internet, les réalisateurs, producteurs, distributeurs etc du monde entier nous contactent directement, et c’est très agréable d’avoir des relations avec les créateurs. Relations qu’on répercute sur l’édition papier. Sous cette forme, c’est quelque chose de nouveau. Je suppose aussi que c’est l’impact de L’Ecran Fantastique à l’étranger qui, entre autres, nous permet d’avoir des éditions en Angleterre et une distribution aux USA (de la version anglaise, bien sûr). En ce qui nous concerne, nous devons nous réinventer en permanence. Mais après tout, on l’a toujours fait, même sans internet, et c’est plutôt stimulant, cela nous oblige à casser nos habitudes, à nous remettre en question.

Toujours pas de retour de Fantastyka?

Pas encore. Attendons la stabilisation de la version étrangère, la gestion des hors séries et numéros annuels (qui fonctionnent bien, surtout le récent HS « Terminator Renaissance ») et aussi les projets que nous avons dans le domaine de l’édition « livres ».
Mais j’avoue que l’idée d’une renaissance de Fantastyka nous séduit toujours autant.

Propos recueillis par JLuc G, en juillet 2009
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Alain Schlockoff nous avait accordé un autre entretien en janvier 2009: