SUMMER Eric
(pseudo de Jean-Marc RESSEGUIER)

Travelling n°14



Travelling n°12



Travelling n°10



Travelling n°08



Travelling n°04



Travelling n°03



Travelling HS n°02



Travelling HS n°01

C'est lors de mon passage à Brest que j'avais découvert Travelling. 25 ans après, c'est avec énormément de plaisir que j'ai pu m'entretenir avec son rédacteur en chef, Eric summer.

Quelles études avez-vous suivies ? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

J'ai effectué une Maîtrise en Droit et un DEA de Droit Privé Fondamental. Je pratiquais depuis tout jeune le cinéma en amateur : je sonorisais mes films super 8 et, dès que j'ai eu une caméra, j'ai tourné des fictions que j'écrivais. Je les montais, les sonorisais. Toutes les voix étaient post-synchronisées. Bref, une passion totale qui m'a amené tout naturellement à la réalisation professionnelle.

En avril 1983, parait à Brest le n°1 du fanzine, TRAVELLING. Racontez-nous la genèse de ce numéro.

A l'époque, je travaillais sur une radio libre de Brest où j'animais quotidiennement une émission sur le cinéma qui s'appelait «Travelling». C'était un gros succès. On organisait parallèlement beaucoup d'événements-cinéma et on faisait venir à Brest beaucoup d'acteurs connus, de metteurs en scène. L'idée du fanzine est venue tout naturellement comme un prolongement de cette émission.

Et en décembre 83, vous passez au format 'professionnel' avec comme sous-titre "Un ton différent dans le monde du cinéma". Le début d'une belle aventure ?

Disons plutôt d'une aventure très «rock'n'roll» ! Lancer une revue professionnelle sans appuis, sans moyens financiers, c'est très difficile. Les ventes étaient pourtant là mais les problèmes de trésorerie se sont rapidement développés car les délais de paiement de nos ventes par les NMPP étaient bien supérieurs aux délais de règlements imposés par notre imprimeur. On a donc beaucoup investi à titre personnel pour que le magazine continue. Ce qui était bien, c'était l'atmosphère, l'excitation, le sentiment de faire avec nos collaborateurs un journal différent, plus original que pas mal d'autres et non dépourvu d'humour et de second degré.

Fin 86, votre future femme, Guenièvre Milliner (qui signait ses articles Coin-Coin) devient la directrice de la publication. C'est pour mieux vous consacrer à la direction de rédaction du magazine ?

Le journal prenait de l'ampleur, il avait un vrai potentiel. À un moment, on s'est réparti les tâches en fonction de nos aptitudes. Elle était meilleure gestionnaire que moi et je me sentais davantage à ma place avec la direction de rédaction. On était sur le point de devenir gros. La publicité commençait à arriver. Et on s'est fait complètement escroquer par la régie qui s'occupait des annonceurs : on n'a jamais vu la couleur de l'argent qui aurait dû en résulter. On a dû mettre la clé sous la porte.

Et le partage de votre passion sur les ondes de radio, c'était différent ?

Ça, c'était une grande et belle aventure. Une expérience fantastique. On a très activement contribué à la vie culturelle brestoise et beaucoup s'en souviennent encore presque 30 ans plus tard. Quand il m'arrive aujourd'hui de faire à l'occasion une interview radio, je ressens ce frisson que vous procure le plaisir de faire partager une passion à des auditeurs.

C'est une originalité de feu TRAVELLING d'avoir conçu un panorama des émissions de radio consacrées au cinéma.

On venait de la radio. On tenait donc à faire participer ceux qui, comme nous, nourrissaient la même passion pour le 7 ème Art. On se sentait comme une grande famille !

Vous avez écrit pour d'autres revues ou fanzines de cinéma ?

Jamais. Travelling s'est arrêté et je suis passé à autre chose. Sans regrets. Chaque expérience vous fait avancer, grandir, murir.

Vous avez toujours des activités dans le 7ème art ?

Aujourd'hui, je réalise beaucoup de séries télé et de téléfilms, j'écris des scénarios, je suis en pré-production avec Eric Warin d'un long métrage d'animation pour le cinéma qui sortira d'ici 2-3 ans («La Véritable Histoire des Petits Rats de l'Opéra») et je touche à la BD («Angeline»).

Quelles sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier.

Disons que j'aime ce que je fais, plus spécifiquement l'écriture. Le projet d'animation s'annonce comme quelque chose de différent de ce qu'on voit aujourd'hui et c'est une aventure profondément excitante. J'adore la BD et j'ai, c'est vrai, une certaine fierté à avoir développé Angeline qui, pour moi, est un hommage à Robert Rodriguez, cinéaste que j'adore. Mais j'ai bien sûr encore plein de projets à venir, de choses à prouver. J'ai la chance de vivre au Canada depuis 10 ans et c'est un endroit propice à l'émulation. Sinon, ce dont je suis le plus fier : Robin, Beverly et Tennessee, les 3 enfants que nous avons eus avec Coin-Coin !

Propos recueillis par JLuc G, en mai 2011
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