LEDIEN Stephane

Février 09 (n°15)



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C'est un pari audacieux de sortir du monde du Fanzinat pour une publication en kiosque. Stephane Ledien et son équipe ont tenté cette téméraire aventure avec VERSUS.
Il nous la raconte.

Début 2002 paraissait le premier numéro du fanzine VERSUS. Comment s'est organisée sa conception? Avec qui?

Plutôt que de fanzine, nous avons toujours parlé de revue alternative, car un fanzine s'attache généralement à un genre, une personnalité ou un univers en particulier, et repose sur des procédés de fabrication très artisanale (photocopies, même " de luxe "). Dès le début, j'ai eu une volonté de standards d'impression professionnelle : offset, brochage, couverture quadri… La même exigence pointait côté rédactionnel : nous voulions - et avons réussi à - être très analytiques, avec un regard rétrospectif, ce retour que les magazines et revues officiels cultivent de moins en moins, par manque de temps, par souci de coller à l'actu et à la brieveté critique. L'équipe d'origine a disparu, excepté Alexandre (Paquis) et moi-même. Elle était alors très amateur dans le style, pas forcément très rigoureuse, à un ou deux profils près. Nous étions tous des internautes squattant les forums de ciné type Mad Movies. Mais l'équipe d'aujourd'hui est composée de gens qui écrivent aussi ailleurs, ou cultivent l'exercice " versusien " comme une activité militante, une passion intellectuelle, réellement engagée. C'est un projet associatif pointu, avec une rigueur qui a atteint son apogée depuis quelques numéros déjà. La professionnalisation est là, quoique tout ceci se fasse bénévolement. Et la reconnaissance de notre qualité va de pair avec cette professionnalisation.

Aviez-vous déjà collaboré à d'autres revues ou fanzines consacrés au Cinéma?

J'avais pour ma part écrit une critique (la seule) pour le site de Mad Movies (pour " Time and Tide " de Tsui Hark), et avais pigé en presse écrite étudiante rubrique cinéma, mais c'était lointain, isolé, anecdotique. Ceci étant dit, je pratiquais la critique depuis des années déjà, parce que j'avais été lecteur de scénarii et l'exercice des fiches de lecture avait contribué à nourrir mon goût pour l'analyse cinématographique. Quant au reste de l'équipe, actuel ou d'origine, c'était et c'est sensiblement la même chose ; nous étions, et sommes encore tous des militants de l'analyse ciné, surfant sur les forums à l'époque, écrivant beaucoup aujourd'hui, même pour nous-mêmes parfois (sans publication précise).

Vous rappelez-vous du sujet de votre première critique de cinéma ?

Difficile… Je crois que l'une des premières critiques " officielles " que j'ai écrites était celle du film " Little Odessa " de James Gray, vu en projection-presse au " Club 13 " il me semble. C'était son premier film, tout le monde le découvrait et je ne crois pas d'ailleurs qu'il ait fait si " grand bruit " que ça à l'époque. Mais je peux me tromper. Sinon, juste pour le souvenir " d'enfance ", j'avais fondé quand j'étais encore à l'école primaire une gazette écrite à la main et photocopiée, genre, en 5 ou 6 exemplaires (vendue à titre symbolique à mon entourage) ; j'y avais écrit, avec deux autres copains, une critique des " Goonies " de Richard Donner. Mais ça n'était pas très professionnel, tout ça ! ;-)

Votre dernier numéro (le quinzième) vient de paraître. Vous aviez, avec le n° précédent (VERSUS n° 14), adopté une distribution en kiosques. C'est un cap?

Un cap, oui. Que dis-je c'est un cap, c'est un pic, c'est un roc ! Non je plaisante. En fait cela correspond à la volonté d'être mieux diffusé, un peu partout. Car l'autodiffusion est ingrate et forcément éclatée géographiquement, en plus d'être peu performante… Vous travaillez au mieux avec une 50aine, allez, une 60aine de libraires. En kiosques, c'est près de 2000 points de vente, donc la possibilité de toucher plus de lecteurs. Mais il ne faut pas se leurrer : c'est quitte ou double et, en l'occurrence, ce fut plutôt quitte. Pour le n° 15 nous restons en kiosques, mais avec un tirage moindre, sans doute plus réaliste, mais bien sûr bien plus élevé que pour les 13 1ers numéros. L'idée est de rester en kiosques, mais avec un tirage confidentiel (de toute façon, à moins de 10 000 ex, vous restez FORCÉMENT confidentiel). La réalité c'est que la presse cinéma n'intéresse plus grand-monde et à part les titres " commerciaux " qui lavent plus blanc ou les manuels poussiéreux qui font fuir les cinéphiles, il n'y a plus grand-chose, à une ou deux exceptions près. Sans compter les titres qui disparaissent faute de moyens. " Split Screen ", " Cinérotica ", par exemple. Donc pour en revenir à ce cap : nous le maintiendrons tant que nous pourrons. Mais financièrement c'est difficile ; et s'il faut pour tenir revenir à une diffusion dans quelques librairies seulement et via des abonnements, nous le ferons. Objectif : résister. Mais l'argent est le nerf de la guerre et les structures officielles de diffusion ou de promotion du titre ne ratent aucune occasion pour vous en prendre, même quand vous n'en gagnez pas !

Qui sont les collaborateurs de VERSUS? Comment travaillez vous ensemble ?

La liste des rédacteurs et contributeurs est longue mais disponible sur notre site www.versusmag.fr, ou dans l'ours de chaque numéro. ;-) Grosso modo, nous nous réunissons dès que possible ou nous nous croisons, pour les franciliens (une partie seulement, donc) lors des projections-presse. Nous tenons par ailleurs des comités de rédaction via un forum internet privé. Eric (Nuevo, Rédacteur en chef adjoint et SR) et moi-même conduisons les dossiers mais le noyau dur propose aussi les grandes lignes ; Fabien (Le Duigou) et Nicolas (Zugasti) sont forces de proposition et s'inscrivent dans ce mouvement de direction des idées au sein de la revue. D'autres rédacteurs, comme Hendy (Bicaise), Julien (Taillard) ou… Julien (Hairault) - ! - apportent la touche finale à ces grandes lignes. Dans l'absolu, chacun est Rédacteur en chef à lui tout seul. Au final, la revue est dirigée et conçue de façon de plus en plus collégiale. C'est la clé du succès je pense, y compris en terme de " politique interne " pour l'éditorial. Mais il faut des guides, des décideurs " définitifs ", que Valérie (Toussaint, mon associée) et moi-même représentons à titre administratif, stratégique, logistique.

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes le plus fier.

Je réponds en tant que versusien au service de la revue et de l'association, car rien n'est plus important comme article ou action critique qu'un texte extrait de Versus, quel qu'il soit. Qu'il s'agisse d'un article signé de ma main ou de tout autre papier signé par un rédacteur ou contributeur d'aujourd'hui. Ce que j'espère, surtout, c'est que Versus est fière de chacun de nous ; nous sommes tous fiers d'elle et ferons tout pour qu'elle le soit en tout cas. C'est cela la véritable passion et rigueur versusiennes : que la revue en tant qu'entité commune supplante tous les ressentis, velléités et objectifs rédactionnels particuliers. Pas de culte du Chef, juste un culte pour la revue.
" Viva la revue libre, Viva la Revolución des esprits " ;-)

Propos recueillis par JLuc G, en février 2009
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