Gisèle BRETEAU SKIRA
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Zeuxis (juin 2007)

Zeuxis (mai 2007)

Zeuxis (avril 2007)

Zeuxis (janvier 2007)

Zeuxis (février 2006)

Zeuxis (février 2005)

Zeuxis (janvier 2004)

Zeuxis (décembre 2002)

Zeuxis (janvier 2001)

Zeuxis (septembre 2000)

Retour sur ZEUXIS qui revues qui a connu 33 parutions... et dont nous attendons le retour pour 2009.

Qui est Gisèle BRETEAU SKIRA?

Aujourd’hui je suis patronne d’une entreprise de presse, directrice de la publication d’un magazine de cinéma ZEUXIS consacré aux relations des arts avec le cinéma, qui malheureusement après 33 numéros parus a dû suspendre les publications mensuelles pour des raisons financières. Je suis donc occupée entre les business plans et la recherche de partenaires pour un tour de table.
Avant Zeuxis, j’étais programmatrice de films au Centre Georges Pompidou depuis l’ouverture du Centre jusqu’à l’an 2000.(ndr: pendant une dizaine d'année)
Avant le Centre Pompidou, j’étais auditeur libre des cours de cinéma d’Henri Langlois au Palais de Chaillot, et encore avant je travaillais dans une Galerie à Madrid, et une autre Galerie à La Haye.

Vous avez aussi créé la Biennale Internationale du Film sur l'Art. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Une grande richesse, un foisonnement d’idées et d’envies, l’impression de pouvoir tout faire, des moments extrêmement drôles, des rencontres exceptionnelles, de l’amitié, un travail énorme et aujourd’hui peut-être un peu de nostalgie de ces années où il y avait de l’argent dans la culture !
Le plus beau souvenir je crois, c’est le bal en noir et blanc (en hommage au cinéma) avec feux d’artifice sur la piazza pour l’inauguration de la première Biennale en 1987 ! C’était complètement fou d’avoir pu réaliser quelque chose de semblable dans le Centre Pompidou, aujourd’hui cela serait impossible.

En 2000 vous vous lancez dans la publication de Zeuxis ? Quelle était votre ambition ?

Je souhaitais donner une résonance médiatique au cinéma dont je m’occupais au Centre Pompidou.
Rarement la presse en faisait écho, excepté à l’occasion des Biennales Internationales du Film sur l’Art avec les thématiques comme Picasso à l’écran, le cri, la nuit, puis le désert qui ont eu de grands papiers dans Le Monde notamment... J’y pensais depuis longtemps, et puis j’adorais aussi réaliser les catalogues, chercher les textes, en commander, leur donner un sens de lecture, les mettre en pages avec les images. Et puis j’aimais aussi fabriquer quelque chose, à partir d’une idée ou d’une intuition, réaliser un bel objet. Et puis enfin et c’est sans doute la raison principale, je voulais faire connaître tous ces films que je voyais et tous les réalisateurs, français et étrangers qui travaillaient dans cette voie du cinéma : un cinéma d’art.
Lancer le magazine Zeuxis était pour moi la même chose, une sorte de continuité du travail effectué au Centre Pompidou. Je souhaitais donner à ce cinéma une assise médiatique, montrer que des films réalisés par Hans Namuth, Christophe Loizillon, les frères Maysles, Alain Cavalier, Peter Schamoni, Claudio Pazienza, ou Jérôme de Missolz pouvaient atteindre le « grand public » au même titre que les films de David Lynch, Agnès Varda, Wenders, ou Agnès Jaoui…
Je souhaitais insuffler une nouvelle manière de regarder le cinéma, le voir de façon transversale, favorisant son apport esthétique et formel, le voir de façon multiple, le juxtaposant toujours à tous ses genres (documentaire, fiction, expérimental), et à ses formats.
Avec Zeuxis je souhaitais ouvrir un nouvel écran de cinéma, celui que les autres magazines et revues n’avaient pas ouvert, créer le magazine de cinéma qui soit le reflet du monde artistique contemporain, et support d’une éducation artistique par le cinéma. Que Zeuxis soit la culture par le cinéma.

Trimestriel puis mensuel, français/anglais puis en français… Des changements nécessaires?

Pourquoi bilingue français/anglais ? tout simplement parce que je pensais que la diffusion serait internationale, tout de suite. Or, je me suis trompée. Il aurait fallu beaucoup plus de capitaux que je n’avais au départ, il aurait fallu une réelle diffusion professionnelle dès le premier numéro, il aurait fallu investir dans la médiatisation du journal dès le début, il aurait fallu une équipe. J’ai donc petit à petit abandonner l’anglais, à mon grand regret. Puis pour « booster » les ventes et les annonceurs, j’ai fait le pari du mensuel ! Stratégie qui a fonctionné un peu, mais quel boulot ! Chaque mois, à peine dix jours pour trouver à la fois les pubs, et les sujets ! J’ai dû suspendre les publications après 33 numéros.

En 2009, vous pensez relancer la publication de Zeuxis ?

Oui, je travaille pour cela. Je crains que l’année et les années à venir ne soient pas propices mais essayons.

Quels sont les actions, fonctions ou articles (pour le cinéma) dont vous êtes la plus fière.

Au Centre Georges Pompidou :
D’avoir reçu Alain Resnais au Centre Georges Pompidou en 1983 pour réaliser un interview.
D’avoir eu la possibilité de lancer un festival de films (Biennale Internationale du Film sur l’art) au Centre G.Pompidou en 1987 et d’y avoir inviter des réalisateurs venus de Slovénie, Slovaquie, d’Ukraine, du Vénézuela, d’Iran, du Japon, de Hongrie…
D’avoir rendu hommage à Hans Namuth, à Henri Storck, à Luciano Emmer, à Henri Alekan, à Antonio Saura en leur présence.
D’avoir pu acquérir pour le centre Pompidou les films de Hans Namuth (Pollock), les films d’Alain Resnais ( les visites aux artistes ), les films sur et avec Picasso ( Védrès, Emmer, Haesaerts), les films d’archive du groupe japonais Gutaï…
D’avoir réalisé des programmations de films mêlant fiction et documentaire à partir de thématiques formelles ou esthétiques comme : la nuit, le cri, le désert.
D’avoir permis une visibilité plus grande à des réalisateurs comme Michel Mitrani, Philip Haas, Alain Fleischer, Heinz-Peter Schwerfel, Christophe Loizillon ou Pierre Coulibeuf.

A la rédaction de Zeuxis :
D’avoir voulu ce magazine et de l’avoir fait !
Et puis je suis heureuse d’avoir rencontré et entendu parmi d’autres Théo Angelopoulos, Mick Davis, Benoît Jacquot, Fanny Ardant, Im Kwon Taek, Andrew Kötting, Salma Hayek, Aki Kaurismäki, Robinson Savary, Martina Gedeck, Rithy Panh, Eugène Green, Gabriel Le Bomin, Reha Erdem, Bela Tarr, et Javier Bardem….
Je suis fière de Zeuxis ! Fière de l’avoir vu en kiosque à côté de Première, Studio, les Cahiers, Positif…

Propos recueillis par JLuc G, en décembre 2008
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